Le déversoir personnel

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mardi 4 mai 2010

Marcher sur mes traces

J'ai relu plusieurs fois ces notes, je n'avais pas eu autant d'empathie que ce soir pour ce moi passé depuis longtemps. Il m'a fait pleuré, ce jeune imbécile qui espérait trouver l'amour. Il me ressemble tellement. C'était il y a trois ans. Je n'arrive plus à m'attacher de la même façon mais j'ai conservé la même radicalité. Celui qui frôlait l'autodestruction est toujours là, il a attendu les heures sombres pour refaire surface.

Nicolas, je te présente Nicolas. Vous allez encore passer quelques années ensemble. Essaie de ne pas trop faire attention à lui, il risquerait de te faire du mal. Par contre, tu peux le laisser écouter ses sentiments, il ne se trompe que rarement, c'est quand il finit par se taire complètement que tu fais le con.

Entier

Je n'ai jamais su faire les choses à moitié avec mes sentiments. Je ne me livre pas ou je me donne entièrement, exagérément, au delà des limites de l'acceptable. Je me suis brulé les ailes quelques fois, j'en souffre régulièrement, parfois le temps d'une passade, parfois de long mois.

Je ne veux pas le changer malgré tout le mal qui en résulte, c'est une part de moi. Celle qui fait que les sentiments emportent tout le reste., que dans ces moments là, seul leur évolution rythment ma vie. Je tente tout au plus de la maitriser, de réduire son emprise. C'est ce qui me permet de stopper les larmes quand je doute, de reprendre mon souffle quand j'angoisse. Il ne faut pas m'en vouloir, j'ai découvert l'amour à 29 ans, je n'avais plus assez d'innocence pour faire face à un sentiment si intense. Depuis, même ce qui m'y fait penser me fait chavirer.

samedi 31 octobre 2009

Ailleurs

Il m'arrive parfois de penser à elle de longs instants, d'essayer de deviner ce qu'elle fait, de me dire que quoi que ce soit, je serais mieux avec elle que là. Que bordel, les moments qu'on a partagé valent mieux que tous les autres. Aujourd'hui, sur la route, j'y ai pensé. En écrivant, aussi. Je n'aurais pas du démarrer la lecture de Ghost Days de Syd Matters, c'est doux et tranchant comme le verre. Me resservir un verre, reprendre l'écriture, faire passer son image en arrière plan. Putain que c'est pesant certains soirs.

samedi 24 octobre 2009

Vertige

Imaginez une conversation qui vous révèle une parfaite entente avec quelqu'un. Je ne parle pas de cette impression trop commune de connaître quelqu'un depuis longtemps au bout de quelques mots échangés, non. Il s'agit plutôt d'une progression constante et rapide, comme si vous profitiez malgré tout de toutes les étapes qui vous rapproche de quelqu'un. Comme si l'appréhension de l'autre se faisait aussi rapidement que naturellement. Le plaisir de découvrir au fil de la conversation ce que vous pouvez ou non vous permettre de dire, découvrir avec plaisir que cela correspond à vos propres limites. Sentir que ce que vous partagez est plus fort que tout ce que vous aviez pu rencontrer auparavant.

Ajoutez à cette complicité naturelle une beauté sans faille, de celles qui sont sublimées par l'innocence de leur propriétaire. Comment résister à tout cela si c'est accompagné de qualités humaines certaines, comme cette gentillesse qui pousse à faire plaisir gratuitement, à avoir peur de faire mal et de décevoir ou encore cette sincérité sans faille ?

J'ai connu tout cela et je devrais maintenant y renoncer ? Certes, on pourrait me dire que cela serait plus raisonnable. On pourrait oui, tenter d'opposer la raison aux sentiments. Je n'ai jamais été doué pour cela. Du bout des doigts, j'ai effleuré le bonheur. Juste assez pour y goûter et pour m'accoutumer à cette drogue dure.

Je suis monté si vite et si haut qu'il me sera dur de redescendre. Je suis sujet au vertige, il me faut du temps pour accepter de descendre et prendre le risque de tomber.

vendredi 23 octobre 2009

Intermède musical (16)

Au détour de mon écoute régulière de la tournée des grands espaces (se peut-il que qu'après la mort de Bashung, des gens soient encore passés à coté de ce joyau ?) je retombe sur "Mes Bras". Un extrait sorti du contexte comme d'habitude, si proche des pensées qui me hantent régulièrement.

Je me tue à te dire Qu'on ne va pas mourir

Sauve toi Sauve moi et tu sauras où l'acheter le courage

Alain Bashung - Mes Bras

Déchargement d’âme

Réussir à me relire et à replonger dans les idées noires, voilà longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Les évènements de ces derniers jours ont remué le fond de mes pensées, le tout est redevenu trouble, tout ce que j’imaginais avoir laissé définitivement au fond remonte à la surface.

Sans contrôle sur les évènements, les mauvaises habitudes du passé reviennent. Peu importe le sens de rotation, dans les deux hémisphères, le siphon vous tire vers le bas. Réfugié artistique, j’abuse de musiques, je reviens écrire en ces lieux, tout pour m’accrocher et ne pas sombrer.

Il en faudra du temps pour imaginer autre chose que ce qui n’a pas été fait. Il en faudra des désillusions pour renoncer. Candidats à l'impossible, votre passeport est validé, vous pouvez embarquer. Il en va des histoires impossibles comme des charges héroïques ; même si elles ne peuvent s'achever par un succès, il n’est pas imaginable d’y renoncer. La même phrase type applicable à tant de situations. Le vague espoir que la campagne finisse par un succès. Plutôt périr que de sacrifier ses sentiments.

Pardonnez l’obscurité de mes propos, il fallait que tout cela finisse ailleurs qu’en moi. Piochez-y ce que voudrez, le partager me fait plaisir.

jeudi 22 octobre 2009

Animal social

Hier, très bonne soirée concert, dans ce petit bar de Metz. L’ambiance est bonne, la musique également. Tous les éléments sont là pour que je passe une soirée réussie.

Pourtant, mon cerveau ne cesse de me rappeler que ces moments là, je veux les partager. Égoïstement, j’ai besoin d'une autre. Il m’est impossible de profiter pleinement de ces moments seul. Pris dans mes contradictions, je sortais peu en étant en couple, je dévore la vie seul. Cela rend le plaisir encore un peu plus amer. J’ai envie de laisser tout cela de coté, de me laisser porter par la musique. Impossible, son absence me revient en flash. J’aimerais tant, exactement là, pouvoir échanger avec elle, même d'un simple regard complice.

La solitude me pèse jusque dans les moments de plaisir.

dimanche 18 octobre 2009

Sans surprise

Tous les jours de semaine, ma grand-mère, après le journal de treize heures de TF1, s'installe dans son canapé usé pour regarder les feux de l'amour. Elle le faisait déjà quand, petit, je passais certaines journées de vacances chez elle. La seule chose qui a changé dans son rituel, c'est que mon grand-père n'est plus là pour siffloter dans son dos pour l'empêcher de suivre tranquillement le passionnant feuilleton.

Tous les soirs du week-end, après avoir fini une activité sociale quelconque, je me retrouve tranquillement dans mon lit, accompagné de mon spleen. Le temps passe, les raisons changent, l'horaire, l'évolution des choses restent les-mêmes. Je m'y habitue, je sais maintenant que tout prendra fin lentement avec ce sommeil si difficile à obtenir. Je sais que la musique qui me tire des souvenirs est un mal nécessaire. Je sais que ce cycle finira par prendre fin, un jour.

jeudi 8 octobre 2009

Détourner la douleur

Voilà une semaine que je suis en congés, une semaine que je m'active comme je l'avais rarement fait par le passé pendant mes périodes de repos. Tout plutôt que de rester immobile. Peu importe si je dois tourner en rond, peu importe si j'erre sans but, tant que je bouge j'évite de couler.

Les congés ont pris fin, le tumulte de ces derniers jours a laissé place au calme de ce qui devrait être un repos réparateur. Le résultat est catastrophique, une sensation de vide et un désert affectif gigantesques. La sensation physique d'avoir réussi la greffe d'un trou noir en lieu et place de mon estomac.

La solitude n'est jamais plus pesante que quand les enchantements qui la rendait supportable prennent fin. La morphine ne fait plus effet, il est tant de céder sous la douleur.

samedi 19 septembre 2009

Réouverture

Il y a un an environ que rien n'était venu troublé le calme de ces lieux. Un an que je conservais égoïstement en silence tout le bonheur qu'elle m'avait apporté. Par choix, parce qu'elle ne souhaitait pas le partager, parce que nous le voulions pour nous. Il m'a toujours semblé plus simple de partager mes peines que mes joies, cela me convenait donc plutôt bien. Il a fallu que je remette tout cela en cause pour revenir en parler.

Un an environ à oublier que l'amour pouvait être autre chose que source de plaisir et de joie, à oublier que l'on peut en souffrir. Un bonheur complet, total, de ceux que l'on n'ose évoquer sous peine de passer pour un affabulateur, de ceux que l'on accompagne généralement d'une pointe d'ironie quand on les évoque, juste pour conjurer le sort et ne pas passer pour un doux rêveur.

J'ai fini par faire ce qu'il fallait pour y mettre fin, sans réussir à comprendre pourquoi j'agissais ainsi. J'ai tenté en vain de recoller les morceaux, de sauver ce qui pouvait encore l'être. C'est malheureusement le genre d'entreprise que la volonté seule n'arrive pas à achever.

Le déversoir est rouvert, les insomnies sont revenues.

dimanche 14 décembre 2008

Solitude éphémère

Elle est partie pour les fêtes. Le temps de retrouver mes insomnies, de me rappeler que je ne suis définitivement pas fait pour la solitude, même passagère.

mardi 5 août 2008

La survie du déversoir

Il est vrai que depuis que j’ai décidé de garder pour moi ce que j’étais en train de construire, je suis moins prolixe. Parfois, comme aujourd’hui, il m’arrive de regarder les visites de ce blog. Régulièrement, les moteurs de recherche envoient quelques âmes égarées en ces lieux. La plupart des mots-clés laissent ressentir des doutes, une certaine détresse. Ils me laissent penser qu’échouer ici n’est pas si malvenu pour ces visiteurs. Si certaines histoires personnelles peuvent trouver une résonance dans mes mots alors tout ce qui a été écrit ici doit perdurer.

samedi 12 juillet 2008

Intermède musical (15)

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici. Tout va donc bien et pour la peine, je vous mets quelques paroles de circonstances, qui se devaient d'être ici quand je les ai entendu ce soir :

Mama told me when I was young
Come sit beside me, my only son
And listen closely to what I say.
And if you do this
It will help you some sunny day.
Take your time... dont live too fast,
Troubles will come and they will pass.
Go find a woman and youll find love,
And dont forget son,
There is someone up above.

[...]

Boy, dont you worry... youll find yourself.
Follow you heart and nothing else.
And you can do this if you try.
All I want for you my son,
Is to be satisfied.

Lynyrd Skynyrd, Simple man —

Et en cadeau, la reprise par deftones, qui tourne en boucle au moment où j'écris tout cela.

dimanche 9 mars 2008

Rééducation

J’ai l’impression d’être un malade en cours de rémission. Je retrouve des plaisirs que j’avais oublié et surtout je réapprends l’insouciance. Je garde un frein, hérité de mes souvenirs difficiles, mais je retrouve un peu de confiance. Rien n’est sûr et pourtant l’ensemble est plus stable que tout ce que j’ai pu essayer de bâtir depuis longtemps. Rien n’est sûr, j’essaie de ne pas l’oublier mais je veux le mettre de coté. Je suis vivant, je suis bien, faites que ça dure.

Je relis ça avec l’impression que mes mots sont désordonnés. Le désordre doit être livré avec le bonheur chez moi.

mercredi 27 février 2008

Les leçons du passé

Il y a des situations qui rappellent des souvenirs. Je jauge les différences : elle tellement plus claire, moi changé par mon passé. Les cicatrices de ma rencontre avec Isabelle ont durci le cuir. Je me désenchante plus vite, je décroche plus vite. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien, je sais simplement que ce qu’elle m’a fait vivre, je me suis interdit de le revivre, par instinct de survie. La douleur ne se mêle plus au doute.

mardi 5 février 2008

Garder pour soi

Il m'est arrivé d’écrire pour essayer de faire le tri dans mes idées, pour y voir plus clair, pour mieux comprendre ce que je ressentais. Je l’ai parfois fait également pour essayer d'exorciser mes peines, mes doutes, ma douleur. Je l’ai enfin fait pour me convaincre de me raccrocher à certains moment, par peur de voir de bons souvenirs m’échapper.

Il y aurait tant à écrire sur ce début de février. Pourtant, je ne vais pas le faire. Il y a des choses si fragile qu’y poser des mots risque de les briser. Il y a des choses que je ne ressens pas le besoin d’écrire. Pas pour l'instant, peut-être jamais.

Je pensais mourir d’envie d’écrire tout cela. Non, je ne veux finalement que le garder pour moi, le garder pour nous.

vendredi 1 février 2008

Les chemins de traverse

Je ressors d'une lecture chez Karl sur la découverte de son espace, la tête pleine d'images et de souvenirs. À Nancy, la ville de ma jeunesse, je revois le quartier arabe, les jours d'été, à deux pas du centre ville et pourtant déjà oublié par la foule urbaine. Je me souviens de ces ruelles de la vieille ville qui rappellent le sud, même les jours de grisaille. Ces lieux, à deux pas des artères principales, semblent déconnectées du reste de la ville.

Des fragments de mes voyages reviennent aussi au hasard. Mes meilleurs souvenirs n'ont jamais été la visite d'un symbole incontournable des villes que j'ai visité mais plutôt ces rencontres pittoresques, ces lieux inattendus ou ces curiosités découvertes par hasard au détour d'une rue. Je prends toujours un plaisir particulier à me déplacer à pieds, sans carte, dans les villes que je découvre. Malgré la découverte, cela donne l'impression étrange d'appartenir à la ville, de se rapprocher d'elle.

jeudi 31 janvier 2008

Point final

J’avais commencé à écrire ici en parlant de cette histoire. Ce week-end, elle viendra rechercher ses dernières affaires ici. Ce matin, j'ai réécouté « à prendre » de Christophe Miossec en me levant. Les paroles du déménagement m'ont rappeler un souvenir lointain :

On a réuni tant d'affaires pour se faire exister
Pour se donner l'air d'en prendre pour perpétuité
En encombrant l'atmosphère en vivant en apnée

[…]

On a accumulé un enfer dont il faut se séparer
C'est aujourd'hui que l'on se délaisse
C'est aujourd'hui que l'on se chasse
Pour une nouvelle adresse
Pour une nouvelle impasse
Pour ailleurs aller poser nos fesses
Pour ailleurs aller reprendre une place

Tout cela est tellement vrai. Ce week-end, elle sera chez moi, à déménager, seule. Je serai ailleurs.

lundi 28 janvier 2008

Extrait de bureau (1)

Philippe et Patrik, à la pause café, après le repas de midi :

_ C'est un puits de 30 mètres, tu vois pas le fond, tu te laisses glisser et en bas ils te rattrapent.
_ Et t'as pas peur de faire des trucs comme ça ?
_ Non, c'est des professionnels hein, ils savent ce qu'ils font.
_ Oui. Challenger aussi, c'était des professionnels.

samedi 26 janvier 2008

Les petits rien

On ne peut pas dire que ça va bien mais après tout, ça ne va pas vraiment mal non plus. Un moment en équilibre, instable, où l'on se demande de quel coté on va pouvoir tomber. J'ai relu Parapluie de Johann Sfar et c'est toujours bien. Massive Attack et Portishead en duo en musique de fond, c'est vraiment pas mal. Je me suis servi un verre de Fleurie 2004 et c'est pas mal non plus.

Quand on a du mal à décrocher de grands bonheurs, on peut toujours se raccrocher aux petits, ceux là ne sont jamais déçus.

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