Le déversoir personnel

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dimanche 14 décembre 2008

Solitude éphémère

Elle est partie pour les fêtes. Le temps de retrouver mes insomnies, de me rappeler que je ne suis définitivement pas fait pour la solitude, même passagère.

mardi 5 août 2008

La survie du déversoir

Il est vrai que depuis que j’ai décidé de garder pour moi ce que j’étais en train de construire, je suis moins prolixe. Parfois, comme aujourd’hui, il m’arrive de regarder les visites de ce blog. Régulièrement, les moteurs de recherche envoient quelques âmes égarées en ces lieux. La plupart des mots-clés laissent ressentir des doutes, une certaine détresse. Ils me laissent penser qu’échouer ici n’est pas si malvenu pour ces visiteurs. Si certaines histoires personnelles peuvent trouver une résonance dans mes mots alors tout ce qui a été écrit ici doit perdurer.

samedi 12 juillet 2008

Intermède musical (15)

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici. Tout va donc bien et pour la peine, je vous mets quelques paroles de circonstances, qui se devaient d'être ici quand je les ai entendu ce soir :

Mama told me when I was young
Come sit beside me, my only son
And listen closely to what I say.
And if you do this
It will help you some sunny day.
Take your time... dont live too fast,
Troubles will come and they will pass.
Go find a woman and youll find love,
And dont forget son,
There is someone up above.

[...]

Boy, dont you worry... youll find yourself.
Follow you heart and nothing else.
And you can do this if you try.
All I want for you my son,
Is to be satisfied.

Lynyrd Skynyrd, Simple man —

Et en cadeau, la reprise par deftones, qui tourne en boucle au moment où j'écris tout cela.

dimanche 9 mars 2008

Rééducation

J’ai l’impression d’être un malade en cours de rémission. Je retrouve des plaisirs que j’avais oublié et surtout je réapprends l’insouciance. Je garde un frein, hérité de mes souvenirs difficiles, mais je retrouve un peu de confiance. Rien n’est sûr et pourtant l’ensemble est plus stable que tout ce que j’ai pu essayer de bâtir depuis longtemps. Rien n’est sûr, j’essaie de ne pas l’oublier mais je veux le mettre de coté. Je suis vivant, je suis bien, faites que ça dure.

Je relis ça avec l’impression que mes mots sont désordonnés. Le désordre doit être livré avec le bonheur chez moi.

mercredi 27 février 2008

Les leçons du passé

Il y a des situations qui rappellent des souvenirs. Je jauge les différences : elle tellement plus claire, moi changé par mon passé. Les cicatrices de ma rencontre avec Isabelle ont durci le cuir. Je me désenchante plus vite, je décroche plus vite. Je ne sais pas si c’est mieux ou moins bien, je sais simplement que ce qu’elle m’a fait vivre, je me suis interdit de le revivre, par instinct de survie. La douleur ne se mêle plus au doute.

mardi 5 février 2008

Garder pour soi

Il m'est arrivé d’écrire pour essayer de faire le tri dans mes idées, pour y voir plus clair, pour mieux comprendre ce que je ressentais. Je l’ai parfois fait également pour essayer d'exorciser mes peines, mes doutes, ma douleur. Je l’ai enfin fait pour me convaincre de me raccrocher à certains moment, par peur de voir de bons souvenirs m’échapper.

Il y aurait tant à écrire sur ce début de février. Pourtant, je ne vais pas le faire. Il y a des choses si fragile qu’y poser des mots risque de les briser. Il y a des choses que je ne ressens pas le besoin d’écrire. Pas pour l'instant, peut-être jamais.

Je pensais mourir d’envie d’écrire tout cela. Non, je ne veux finalement que le garder pour moi, le garder pour nous.

vendredi 1 février 2008

Les chemins de traverse

Je ressors d'une lecture chez Karl sur la découverte de son espace, la tête pleine d'images et de souvenirs. À Nancy, la ville de ma jeunesse, je revois le quartier arabe, les jours d'été, à deux pas du centre ville et pourtant déjà oublié par la foule urbaine. Je me souviens de ces ruelles de la vieille ville qui rappellent le sud, même les jours de grisaille. Ces lieux, à deux pas des artères principales, semblent déconnectées du reste de la ville.

Des fragments de mes voyages reviennent aussi au hasard. Mes meilleurs souvenirs n'ont jamais été la visite d'un symbole incontournable des villes que j'ai visité mais plutôt ces rencontres pittoresques, ces lieux inattendus ou ces curiosités découvertes par hasard au détour d'une rue. Je prends toujours un plaisir particulier à me déplacer à pieds, sans carte, dans les villes que je découvre. Malgré la découverte, cela donne l'impression étrange d'appartenir à la ville, de se rapprocher d'elle.

jeudi 31 janvier 2008

Point final

J’avais commencé à écrire ici en parlant de cette histoire. Ce week-end, elle viendra rechercher ses dernières affaires ici. Ce matin, j'ai réécouté « à prendre » de Christophe Miossec en me levant. Les paroles du déménagement m'ont rappeler un souvenir lointain :

On a réuni tant d'affaires pour se faire exister
Pour se donner l'air d'en prendre pour perpétuité
En encombrant l'atmosphère en vivant en apnée

[…]

On a accumulé un enfer dont il faut se séparer
C'est aujourd'hui que l'on se délaisse
C'est aujourd'hui que l'on se chasse
Pour une nouvelle adresse
Pour une nouvelle impasse
Pour ailleurs aller poser nos fesses
Pour ailleurs aller reprendre une place

Tout cela est tellement vrai. Ce week-end, elle sera chez moi, à déménager, seule. Je serai ailleurs.

lundi 28 janvier 2008

Extrait de bureau (1)

Philippe et Patrik, à la pause café, après le repas de midi :

_ C'est un puits de 30 mètres, tu vois pas le fond, tu te laisses glisser et en bas ils te rattrapent.
_ Et t'as pas peur de faire des trucs comme ça ?
_ Non, c'est des professionnels hein, ils savent ce qu'ils font.
_ Oui. Challenger aussi, c'était des professionnels.

samedi 26 janvier 2008

Les petits rien

On ne peut pas dire que ça va bien mais après tout, ça ne va pas vraiment mal non plus. Un moment en équilibre, instable, où l'on se demande de quel coté on va pouvoir tomber. J'ai relu Parapluie de Johann Sfar et c'est toujours bien. Massive Attack et Portishead en duo en musique de fond, c'est vraiment pas mal. Je me suis servi un verre de Fleurie 2004 et c'est pas mal non plus.

Quand on a du mal à décrocher de grands bonheurs, on peut toujours se raccrocher aux petits, ceux là ne sont jamais déçus.

jeudi 24 janvier 2008

Défaut d'estime

Elle m’a fait douter, douter de mes convictions, douter de mes qualités, douter de moi, tout simplement. Je crois que c'est l'héritage de ces mois d'attentes : une remise en cause de mes qualités dans mon rapport aux autres. Quand je me froisse avec quelqu’un, quand j’espère des nouvelles et qu’elles ne viennent pas, je me mets d’abord en cause, en ayant du mal à retrouver une approche rationnelle.

Je n’arrive pas à faire le partage de la responsabilité de l’échec. Ce qui ne marche pas est ma faute.

lundi 21 janvier 2008

Intermède musical (14)

Avant de trouver le sommeil, je repense à sa tristesse. Il va lui falloir souffrir pour apprendre à oublier, attendre que le temps lisse la douleur. Je ne peux rien faire. Je repense à son désespoir, à sa tristesse. Les mots de The blower’s Daughter de Damien Rice me viennent à l'esprit. Si proche de notre conversation de ce soir, si proche et si loin de moi…

I can't take my eyes off of you
did i say that i loathe you?
did i say that i want to
leave it all behind?
I can't take my mind off of you
my mind
’til i find somebody new

Damien Rice – The Blower's Daugther

dimanche 20 janvier 2008

L’empathie

Il y a des conversations qui vous replongent dans votre passé. Le souvenir est encore proche. Quand on me parle de la douleur d'une séparation, les cicatrices de ce passé proche me démangent. Le plus terrible c’est de savoir à quel point ces moments sont difficiles et de ne pouvoir rien faire ; le seul remède valable est le temps qui passe. Spectateur impuissant, je partage une part de la douleur, sans pour autant soulager l’autre.

samedi 19 janvier 2008

L’insouciance

Il y a cette projection dans l'avenir, incessante. Une construction bancale faite de morceaux d'espoirs mal agencés et liés maladroitement entre eux. Une réalisation instable, dont on pourrait penser qu'elle ne tiendra pas mais en laquelle j'ai une entière confiance. Oh, bien sûr, pour la forme il m'arrive de remettre en cause la solidité de l'ensemble ! Mais je le fais sans crainte, comme si ces doutes n'étaient pas fondés, comme si l'architecture de l'édifice garantissait sa bonne tenue.

Avoir confiance en l'avenir, voilà longtemps que cela ne m'était pas arrivé avec autant de force. Faites que ça tienne !

jeudi 17 janvier 2008

Ceux qui me tirent

Selon les jours, je me sens plus ou moins à l’abandon. Les moments très noirs de la séparation sont passés, il s'agit plus de jours où j'accuse le coup d'une mauvaise journée. Aujourd'hui, j'ai la vague impression que l’on s’est échiné à me tirer vers le haut. Dans de circonstances multiples, de façons diverses, il y a eu quelqu’un pour repêcher ce qui aurait pu être un jour médiocre. Avec de tels personnes, il est impossible d'avoir la tête sous l’eau pour des raisons si peu importantes.

mercredi 16 janvier 2008

Intermède musical (13)

Je me souviens quand j'ai repris goût à la musique des Pixies. C’était pendant ma thèse. Je ne me souviens plus pourquoi je me suis mis à ressortir ces disques, juste que je n'arrivais plus à m'en décrocher. Au milieu de tous les titres, Hey! Revenait en boucle. J'étais capable de l'écouter des dizaines de fois sans m'en lasser. La ballade de la basse de Kim Deal, la voix au bord de la rupture de Frank Black. La guitare donnant l'impression de souffrir à la suite des paroles. Les paroles… Je la réécoute régulièrement depuis, une sorte de retour aux sources. Quelques mots, en début de chanson retiennent mon attention, un peu plus que d'habitude :

Hey
Been trying to meet you
Hey
Must be a devil between us

Le goût de l’interdit

Je suis un enfant. J’ai cette envie de gamin qui me pousse à braver les interdits, à ne pas écouter ce qu'on me dit. Être là où l'on ne m'attend pas, forcer le destin, cracher au ciel. Malheureusement, je ne suis plus un enfant, je réfléchis maintenant aux conséquences de mes actes. Je n’arrive pas à me décider, je tergiverse et je n'oserai certainement pas.

L'âge perverti les rêves des enfants.

dimanche 13 janvier 2008

Intermède littéraire (2)

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

– Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »

Charles Baudelaire

Silence, on espère.

jeudi 10 janvier 2008

L'inventaire du célibataire

Parler, douter, jouer, se prendre au jeu, être dépassé, se convaincre, croire, espérer, tenter, avoir peur, se perdre, attendre, rencontrer, se tromper, repartir. L'inventaire à la Prévert de ces derniers temps. Ne pas oublier qu'un jour la fin devrait changer. Il n'y a que ça pour ne pas sombrer.

jeudi 3 janvier 2008

Après les fêtes

L'agitation s'est tue, les agapes ont pris fin. Retour au calme, à la solitude, l’atterrissage est brutal. Un moteur a du lâché quand on a inversé la poussée, on a fini hors de la piste. Sortez les toboggans, il est temps d’évacuer.

Personne ne sort. Pourtant, je sens que l'on se presse contre les sorties de secours. Reste à savoir ce qui lâchera en premier, l'avion ou la porte. En attendant, je remercie les secours, grâce à eux, des passagers ne sont pas encore touchés par la panique. Merci Coco.

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