Le déversoir personnel

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Personnel

Cette catégorie regroupe des morceaux de mon histoire personnelle, des réflexions sur leur mise en forme, des œuvres qui les accompagnent.

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jeudi 24 janvier 2008

Défaut d'estime

Elle m’a fait douter, douter de mes convictions, douter de mes qualités, douter de moi, tout simplement. Je crois que c'est l'héritage de ces mois d'attentes : une remise en cause de mes qualités dans mon rapport aux autres. Quand je me froisse avec quelqu’un, quand j’espère des nouvelles et qu’elles ne viennent pas, je me mets d’abord en cause, en ayant du mal à retrouver une approche rationnelle.

Je n’arrive pas à faire le partage de la responsabilité de l’échec. Ce qui ne marche pas est ma faute.

lundi 21 janvier 2008

Intermède musical (14)

Avant de trouver le sommeil, je repense à sa tristesse. Il va lui falloir souffrir pour apprendre à oublier, attendre que le temps lisse la douleur. Je ne peux rien faire. Je repense à son désespoir, à sa tristesse. Les mots de The blower’s Daughter de Damien Rice me viennent à l'esprit. Si proche de notre conversation de ce soir, si proche et si loin de moi…

I can't take my eyes off of you
did i say that i loathe you?
did i say that i want to
leave it all behind?
I can't take my mind off of you
my mind
’til i find somebody new

Damien Rice – The Blower's Daugther

dimanche 20 janvier 2008

L’empathie

Il y a des conversations qui vous replongent dans votre passé. Le souvenir est encore proche. Quand on me parle de la douleur d'une séparation, les cicatrices de ce passé proche me démangent. Le plus terrible c’est de savoir à quel point ces moments sont difficiles et de ne pouvoir rien faire ; le seul remède valable est le temps qui passe. Spectateur impuissant, je partage une part de la douleur, sans pour autant soulager l’autre.

samedi 19 janvier 2008

L’insouciance

Il y a cette projection dans l'avenir, incessante. Une construction bancale faite de morceaux d'espoirs mal agencés et liés maladroitement entre eux. Une réalisation instable, dont on pourrait penser qu'elle ne tiendra pas mais en laquelle j'ai une entière confiance. Oh, bien sûr, pour la forme il m'arrive de remettre en cause la solidité de l'ensemble ! Mais je le fais sans crainte, comme si ces doutes n'étaient pas fondés, comme si l'architecture de l'édifice garantissait sa bonne tenue.

Avoir confiance en l'avenir, voilà longtemps que cela ne m'était pas arrivé avec autant de force. Faites que ça tienne !

jeudi 17 janvier 2008

Ceux qui me tirent

Selon les jours, je me sens plus ou moins à l’abandon. Les moments très noirs de la séparation sont passés, il s'agit plus de jours où j'accuse le coup d'une mauvaise journée. Aujourd'hui, j'ai la vague impression que l’on s’est échiné à me tirer vers le haut. Dans de circonstances multiples, de façons diverses, il y a eu quelqu’un pour repêcher ce qui aurait pu être un jour médiocre. Avec de tels personnes, il est impossible d'avoir la tête sous l’eau pour des raisons si peu importantes.

mercredi 16 janvier 2008

Intermède musical (13)

Je me souviens quand j'ai repris goût à la musique des Pixies. C’était pendant ma thèse. Je ne me souviens plus pourquoi je me suis mis à ressortir ces disques, juste que je n'arrivais plus à m'en décrocher. Au milieu de tous les titres, Hey! Revenait en boucle. J'étais capable de l'écouter des dizaines de fois sans m'en lasser. La ballade de la basse de Kim Deal, la voix au bord de la rupture de Frank Black. La guitare donnant l'impression de souffrir à la suite des paroles. Les paroles… Je la réécoute régulièrement depuis, une sorte de retour aux sources. Quelques mots, en début de chanson retiennent mon attention, un peu plus que d'habitude :

Hey
Been trying to meet you
Hey
Must be a devil between us

Le goût de l’interdit

Je suis un enfant. J’ai cette envie de gamin qui me pousse à braver les interdits, à ne pas écouter ce qu'on me dit. Être là où l'on ne m'attend pas, forcer le destin, cracher au ciel. Malheureusement, je ne suis plus un enfant, je réfléchis maintenant aux conséquences de mes actes. Je n’arrive pas à me décider, je tergiverse et je n'oserai certainement pas.

L'âge perverti les rêves des enfants.

dimanche 13 janvier 2008

Intermède littéraire (2)

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

– Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »

Charles Baudelaire

Silence, on espère.

jeudi 10 janvier 2008

L'inventaire du célibataire

Parler, douter, jouer, se prendre au jeu, être dépassé, se convaincre, croire, espérer, tenter, avoir peur, se perdre, attendre, rencontrer, se tromper, repartir. L'inventaire à la Prévert de ces derniers temps. Ne pas oublier qu'un jour la fin devrait changer. Il n'y a que ça pour ne pas sombrer.

jeudi 3 janvier 2008

Après les fêtes

L'agitation s'est tue, les agapes ont pris fin. Retour au calme, à la solitude, l’atterrissage est brutal. Un moteur a du lâché quand on a inversé la poussée, on a fini hors de la piste. Sortez les toboggans, il est temps d’évacuer.

Personne ne sort. Pourtant, je sens que l'on se presse contre les sorties de secours. Reste à savoir ce qui lâchera en premier, l'avion ou la porte. En attendant, je remercie les secours, grâce à eux, des passagers ne sont pas encore touchés par la panique. Merci Coco.

mercredi 2 janvier 2008

La tradition (2008)

Chers lecteurs, chers amis,

Je ne suis déjà pas spécialement doué pour les vœux quand ils sont personnels mais trouver quelques choses de pertinent à dire à tout un groupe est au delà de mes capacités. Simplement, en plus de vous souhaiter une bonne et heureuse année pour vous et vos proches, je tenais à vous remercier. Alors à vous tous qui passez ici, à vous qui m'avez soutenu dans les moments noirs, à tous ceux parmi vous qui m'ont permis de tenir, qui m'ont encouragé, qui m'ont poussé à continuer à écrire ici, merci.

samedi 29 décembre 2007

Retour en provence

C’était il y a quatre mois, à quelques jour près. Me revoilà dans le sud. Le trajet a été chargé de souvenirs. Les panneaux indicateurs, la musique, les lieux, tout est là pour me rappeler les pires instants de ce qu’Isabelle m’a permis de m’offrir (j’ai failli écrire, qu'elle m'a offert mais j’ai été grandement responsable de ces moments de perdition.) Ces jours entiers où j’affrontais seul le déclin de notre relation, avec un mélange de peur et de rage au ventre, à m’en rendre malade, à m’enfermer pour attendre que les sanglots passent.

Malgré tout cela, je vais incroyablement bien. J’y pense encore, ces mots en sont d'ailleurs une preuve mais je ne souffre plus, je suis prêt pour autre chose. C'est assez agréable et étonnant d'ailleurs d'arriver à repenser à tout cela avec nostalgie, rien de plus, en enfermant ces évènements dans le passé. Je craignais un désagréable retour en arrière, c’est plutôt la confirmation d'un changement d’ère.

jeudi 20 décembre 2007

Intermède musical (12)

Tool est certainement le groupe de metal progressif que j'apprécie le plus. Des compositions soigné, une musique finalement assez accessible pour ce style de musique, et un talent hors-norme, autant pour la composition et l'interprétation que pour l'écriture. Des textes intelligents, touchants. En écho à un texte récent sur les erreurs de jugement qui a fait réagir Pascale, j'ai réécouté Schism avec un intérêt tout particulier. Rythmes changeants, ligne de voix saccadée mais globalement douce, très grande maitrise technique, ce morceau est très représentatif de l'œuvre de Tool.

I know the pieces fit cuz I watched them tumble down
no fault, none to blame it doesn't mean I don't desire to
point the finger, blame the other, watch the temple topple over.
To bring the pieces back together, rediscover communication.

ToolSchism

P.S. : Cadeau de Noël, voilà le morceau :

La gratuité du don

Je me suis retrouvé improvisé confident. À tenter de trouver les mots qui réconfortent, me replongeant dans les leçons des évènements passés. Bien sûr, son histoire est différente, elles le sont toutes. Bien sûr il y a des points communs, il y en a toujours. Nous parlons, j'essaie de rassurer. Je ne saurais dire si j'ai laissé ou non mon objectivité de coté, je n'ai pensé qu'à réduire le mal. Je le connais, je me souviens encore qu'il faut tout faire pour ne pas trop le ressentir, pour trouver les aspects positifs, même si l'on n'arrive pas à s'y accrocher. J'ai eu la vague impression d'être bénéfique à quelqu'un, c'est agréable.

Elle m'a remercié. Je crois deviner que c'est l'usage, de remercier celui qui vous soutient. Je ne crois pourtant pas que je méritais ces remerciements ou alors elle en méritait autant. Aider, c'est prendre le beau rôle, c'est se sentir responsable des améliorations sans avoir à subir le poids du mal qui reste, c'est avoir l'impression qu'on fait quelque chose de bien.

En pensant à tout cela ça, je me suis rappelé mes connaissance bigotes. Les grenouilles de bénitiers que je côtoyais malgré moi. J'ai repensé au don de soi, version catholique, celui qui, pour se rapprocher du souhait divin, doit s'accompagner du renoncement à soi-même. Je me suis demandé si ceux qui essayaient de s'y plier se rendaient compte que les raisons même de ce don rendent le renoncement impossible. Si le don de soi est effectué pour répondre à une idéologie, à une religion, il n'est pas plus pur que si on le fait pour son estime personnel, égoïstement.

lundi 17 décembre 2007

Pourquoi dormir ?

Il faudra se coucher après avoir fini d’écrire. Ce n'est pas que j’en ai envie, non, c'est surtout parce que je tombe de fatigue. Pourtant, il est des journées qu'on aimerait prolonger. Il y a des choses simples, des discussions agréables, dont on a peur que la nuit viennent troubler le souvenir.

L’impression étrange que les choses évoluent de façon positives, que je prends plaisir là où je n’en prenais pas autant avant ou pas du tout avant, que les choses se passent un peu mieux que d'autres jours. Je crois tout simplement que je suis arrivé à être heureux. Je vais prolonger cela de quelques minutes, le temps qu'il me faudra pour dormir.

vendredi 14 décembre 2007

Intermède musical (11)

I hope you're feeling happy now
I see you feel no pain at all it seems
I wonder what you're doin' now
I wonder if you think of me at all
do you still play the same moves now
or are those special moods
for someone else
I hope you're feeling happy now

Skunk AnansieHedonism

C'est le premier couplet de cette chanson, dont je recommande la version acoustique. Il ne faut pas prendre cette référence comme une énième page de regrets. La page est presque complètement tourné. Je me demande juste vraiment ce qu’elle pense maintenant. Je me le serai demandé tout au long de notre relation, je continue après.

mercredi 12 décembre 2007

Hommage à un membre de ma tribu

J’avais déjà parlé de l'ambiance que je crois avoir réussi à créer ici. Un cocon rassurant, où chaque lecteur régulier fait parti d'un cercle restreint de personne que j'apprécie, même si je n’ai jamais croisé certains d'entres eux. J'avais parlé de tribu numérique, reprenant maladroitement un terme galvaudé par son utilisation excessive quand on parle des sites « sociaux».

Si j’en reparle ce soir, c’est que demain, celle que je considère depuis longtemps comme ma blogueuse préférée fête ses cinq ans de blogging. Cela fait presque cinq ans que je la lis, cinq ans qu'elle laisse ceux qui veulent regarder par la serrure. C'est tout bête mais le texte de son anniversaire m’a touché, parce que je crois que tout ceux qui ont vécu le début des blogs peuvent s’y retrouver.

Alors voilà, ceci est ma façon de rendre hommage à ces cinq années. Merci pour tout mademoiselle Milky. Merci pour toutes les émotions que tu as partagées. Merci pour tous les sourires que tu as provoqués chez moi. Merci enfin d'avoir eu parfois, peut-être malgré toi, des mots réconfortants lors de nos trop rares échanges. Tu souhaites continuer au moins cinq ans, je ne peux que l’espérer aussi fort que toi, pour d’autres raisons, égoïstement.

L’erreur

Il arrive souvent que l'on entende quelqu'un dire qu'il s'est trompé sur une autre personne. J'avoue moi même avoir cette tentation parfois. Et pourtant… Pourtant, je ne crois pas, sauf cas exceptionnel, en cette idée. Je ne crois pas que l'on puisse avoir un faux jugement sur une personne. Je pense au contraire qu'une personne peut avoir plusieurs facettes et que l'on peut être surpris de celles que l'on découvre avec le temps. On pourrait me rétorquer que je joue sur le mots, mais je pense que la différence est plus profonde. Avec ma vision des choses, la personne que l'on a connu, appréciée ou aimée est toujours présente, même si la réalité déçoit. On sait que ce qui a changé, ce sont les circonstances, pas la personne. Je trouve cette idée beaucoup moins traumatisante qu'une simple erreur de jugement. C'est peut-être également pour cela que je m'y rattache. Il est tellement plus simple de camoufler ses erreurs dans la philanthropie.

mardi 11 décembre 2007

Réinventons moi une vie sociale

Passer une soirée avec un couple normal. Entendre des enfants se chamailler, geindre pour des conflits futiles. Se gausser de la prestation de l’olympique de Marseille en buvant une mirabelle de pays. Il y a des visites qui vous font penser que vous ne voyez pas certains amis assez souvent. Il y a des moments qui vous font oublier le reste. Loin de tout mes tracas quotidiens, de véritables vacances le temps d’une soirée.

mardi 4 décembre 2007

Le corps et l'esprit

Je suis rentré assez tard hier soir. Impossible de trouver le sommeil immédiatement. Bien qu’épuisé par le voyage, il me fallait un peu de temps pour évacuer l'excitation du trajet. Sur la route du retour, Amanda Palmer, la chanteuse des Dresden Dolls débitait en boucle les paroles de Girl Anachronism avec une énergie communicative. La tête encore à Kiev, je retrouvais en plus quelques repères, j’étais bien.

Je crois que ce voyage est le plus dépaysant qu'il m'est été donné d'effectuer. L’absence quasi totale de l'alphabet occidental, la difficulté pour communiquer dès que l'on sort du centre ville y est pour beaucoup. Entre modernité et image d’Épinal des années 50, entre mode de vie occidental et l’architecture traditionnelle slave et soviétique, ces dix jours laissent des souvenirs délicieux. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas autant déconnecté de mon quotidien, et ce malgré mes obligations professionnelles.

Voilà, je suis de retour, je vais bien ou du moins j'ai réussi à me convaincre. Quelle différence ?

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