Le déversoir personnel

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samedi 29 décembre 2007

Retour en provence

C’était il y a quatre mois, à quelques jour près. Me revoilà dans le sud. Le trajet a été chargé de souvenirs. Les panneaux indicateurs, la musique, les lieux, tout est là pour me rappeler les pires instants de ce qu’Isabelle m’a permis de m’offrir (j’ai failli écrire, qu'elle m'a offert mais j’ai été grandement responsable de ces moments de perdition.) Ces jours entiers où j’affrontais seul le déclin de notre relation, avec un mélange de peur et de rage au ventre, à m’en rendre malade, à m’enfermer pour attendre que les sanglots passent.

Malgré tout cela, je vais incroyablement bien. J’y pense encore, ces mots en sont d'ailleurs une preuve mais je ne souffre plus, je suis prêt pour autre chose. C'est assez agréable et étonnant d'ailleurs d'arriver à repenser à tout cela avec nostalgie, rien de plus, en enfermant ces évènements dans le passé. Je craignais un désagréable retour en arrière, c’est plutôt la confirmation d'un changement d’ère.

jeudi 20 décembre 2007

Intermède musical (12)

Tool est certainement le groupe de metal progressif que j'apprécie le plus. Des compositions soigné, une musique finalement assez accessible pour ce style de musique, et un talent hors-norme, autant pour la composition et l'interprétation que pour l'écriture. Des textes intelligents, touchants. En écho à un texte récent sur les erreurs de jugement qui a fait réagir Pascale, j'ai réécouté Schism avec un intérêt tout particulier. Rythmes changeants, ligne de voix saccadée mais globalement douce, très grande maitrise technique, ce morceau est très représentatif de l'œuvre de Tool.

I know the pieces fit cuz I watched them tumble down
no fault, none to blame it doesn't mean I don't desire to
point the finger, blame the other, watch the temple topple over.
To bring the pieces back together, rediscover communication.

ToolSchism

P.S. : Cadeau de Noël, voilà le morceau :

La gratuité du don

Je me suis retrouvé improvisé confident. À tenter de trouver les mots qui réconfortent, me replongeant dans les leçons des évènements passés. Bien sûr, son histoire est différente, elles le sont toutes. Bien sûr il y a des points communs, il y en a toujours. Nous parlons, j'essaie de rassurer. Je ne saurais dire si j'ai laissé ou non mon objectivité de coté, je n'ai pensé qu'à réduire le mal. Je le connais, je me souviens encore qu'il faut tout faire pour ne pas trop le ressentir, pour trouver les aspects positifs, même si l'on n'arrive pas à s'y accrocher. J'ai eu la vague impression d'être bénéfique à quelqu'un, c'est agréable.

Elle m'a remercié. Je crois deviner que c'est l'usage, de remercier celui qui vous soutient. Je ne crois pourtant pas que je méritais ces remerciements ou alors elle en méritait autant. Aider, c'est prendre le beau rôle, c'est se sentir responsable des améliorations sans avoir à subir le poids du mal qui reste, c'est avoir l'impression qu'on fait quelque chose de bien.

En pensant à tout cela ça, je me suis rappelé mes connaissance bigotes. Les grenouilles de bénitiers que je côtoyais malgré moi. J'ai repensé au don de soi, version catholique, celui qui, pour se rapprocher du souhait divin, doit s'accompagner du renoncement à soi-même. Je me suis demandé si ceux qui essayaient de s'y plier se rendaient compte que les raisons même de ce don rendent le renoncement impossible. Si le don de soi est effectué pour répondre à une idéologie, à une religion, il n'est pas plus pur que si on le fait pour son estime personnel, égoïstement.

lundi 17 décembre 2007

Pourquoi dormir ?

Il faudra se coucher après avoir fini d’écrire. Ce n'est pas que j’en ai envie, non, c'est surtout parce que je tombe de fatigue. Pourtant, il est des journées qu'on aimerait prolonger. Il y a des choses simples, des discussions agréables, dont on a peur que la nuit viennent troubler le souvenir.

L’impression étrange que les choses évoluent de façon positives, que je prends plaisir là où je n’en prenais pas autant avant ou pas du tout avant, que les choses se passent un peu mieux que d'autres jours. Je crois tout simplement que je suis arrivé à être heureux. Je vais prolonger cela de quelques minutes, le temps qu'il me faudra pour dormir.

vendredi 14 décembre 2007

Intermède musical (11)

I hope you're feeling happy now
I see you feel no pain at all it seems
I wonder what you're doin' now
I wonder if you think of me at all
do you still play the same moves now
or are those special moods
for someone else
I hope you're feeling happy now

Skunk AnansieHedonism

C'est le premier couplet de cette chanson, dont je recommande la version acoustique. Il ne faut pas prendre cette référence comme une énième page de regrets. La page est presque complètement tourné. Je me demande juste vraiment ce qu’elle pense maintenant. Je me le serai demandé tout au long de notre relation, je continue après.

mercredi 12 décembre 2007

Hommage à un membre de ma tribu

J’avais déjà parlé de l'ambiance que je crois avoir réussi à créer ici. Un cocon rassurant, où chaque lecteur régulier fait parti d'un cercle restreint de personne que j'apprécie, même si je n’ai jamais croisé certains d'entres eux. J'avais parlé de tribu numérique, reprenant maladroitement un terme galvaudé par son utilisation excessive quand on parle des sites « sociaux».

Si j’en reparle ce soir, c’est que demain, celle que je considère depuis longtemps comme ma blogueuse préférée fête ses cinq ans de blogging. Cela fait presque cinq ans que je la lis, cinq ans qu'elle laisse ceux qui veulent regarder par la serrure. C'est tout bête mais le texte de son anniversaire m’a touché, parce que je crois que tout ceux qui ont vécu le début des blogs peuvent s’y retrouver.

Alors voilà, ceci est ma façon de rendre hommage à ces cinq années. Merci pour tout mademoiselle Milky. Merci pour toutes les émotions que tu as partagées. Merci pour tous les sourires que tu as provoqués chez moi. Merci enfin d'avoir eu parfois, peut-être malgré toi, des mots réconfortants lors de nos trop rares échanges. Tu souhaites continuer au moins cinq ans, je ne peux que l’espérer aussi fort que toi, pour d’autres raisons, égoïstement.

L’erreur

Il arrive souvent que l'on entende quelqu'un dire qu'il s'est trompé sur une autre personne. J'avoue moi même avoir cette tentation parfois. Et pourtant… Pourtant, je ne crois pas, sauf cas exceptionnel, en cette idée. Je ne crois pas que l'on puisse avoir un faux jugement sur une personne. Je pense au contraire qu'une personne peut avoir plusieurs facettes et que l'on peut être surpris de celles que l'on découvre avec le temps. On pourrait me rétorquer que je joue sur le mots, mais je pense que la différence est plus profonde. Avec ma vision des choses, la personne que l'on a connu, appréciée ou aimée est toujours présente, même si la réalité déçoit. On sait que ce qui a changé, ce sont les circonstances, pas la personne. Je trouve cette idée beaucoup moins traumatisante qu'une simple erreur de jugement. C'est peut-être également pour cela que je m'y rattache. Il est tellement plus simple de camoufler ses erreurs dans la philanthropie.

mardi 11 décembre 2007

Réinventons moi une vie sociale

Passer une soirée avec un couple normal. Entendre des enfants se chamailler, geindre pour des conflits futiles. Se gausser de la prestation de l’olympique de Marseille en buvant une mirabelle de pays. Il y a des visites qui vous font penser que vous ne voyez pas certains amis assez souvent. Il y a des moments qui vous font oublier le reste. Loin de tout mes tracas quotidiens, de véritables vacances le temps d’une soirée.

mardi 4 décembre 2007

Le corps et l'esprit

Je suis rentré assez tard hier soir. Impossible de trouver le sommeil immédiatement. Bien qu’épuisé par le voyage, il me fallait un peu de temps pour évacuer l'excitation du trajet. Sur la route du retour, Amanda Palmer, la chanteuse des Dresden Dolls débitait en boucle les paroles de Girl Anachronism avec une énergie communicative. La tête encore à Kiev, je retrouvais en plus quelques repères, j’étais bien.

Je crois que ce voyage est le plus dépaysant qu'il m'est été donné d'effectuer. L’absence quasi totale de l'alphabet occidental, la difficulté pour communiquer dès que l'on sort du centre ville y est pour beaucoup. Entre modernité et image d’Épinal des années 50, entre mode de vie occidental et l’architecture traditionnelle slave et soviétique, ces dix jours laissent des souvenirs délicieux. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas autant déconnecté de mon quotidien, et ce malgré mes obligations professionnelles.

Voilà, je suis de retour, je vais bien ou du moins j'ai réussi à me convaincre. Quelle différence ?

mercredi 21 novembre 2007

Киев

Un nouveau silence va s'instaurer ici. Le temps pour moi d'aller voir si la fraicheur automnale ukrainienne a la réputation qu'elle mérite. Dix jours de dépaysements, dix jours pour tenter de trouver le temps pour visiter Kiev et de se faire des engelures. J'en ai envie, j'ai envie de nouveau envie de profiter de tout, je vais mieux, définitivement.

samedi 17 novembre 2007

Conserver l'intensité

Je suis heureux d'avoir garder une trace de tout cela, les bons moments, les mauvais, les traces sporadiques de lucidité. C'est le commentaire de Matoo qui m'y a fait songer. La clairvoyance dont il parle n'est pas toujours aussi présente. Je crois que l’avoir écrit m'aide à m’y accrocher, comme les textes de notre rencontre m’avaient aidé à traverser les premiers cahots et comme ceux de mes crises de désespoir m'aident à me rappeler à quel point cela était intense. Il y a des moments où le discernement me quitte, où j’ai besoin d'une aide extérieure pour me recadrer ; mes écrits jouent ce rôle.

Je savais en commençant que j'avais un besoin d'écriture, je sais un peu mieux pourquoi maintenant.

jeudi 15 novembre 2007

Le masochisme de la déception amoureuse

En discutant avec une amie, j’ai fini par avouer que, lorsque j’arrive à prendre suffisamment de recul sur ce qui m’est arrivé ces derniers mois, je prends cela comme une chance.

Cela peut sembler paradoxal à la vue des textes douloureux qui sont nait de cette relation, mais je suis content d'avoir vécu quelque chose d'aussi fort. Je ne suis pas de ceux qui jalonnent leur vie de points de passage, qui souhaitent absolument vivre certaines expériences, mais je dois avouer être heureux d’avoir connu une telle passion, même si elle fut éphémère, même si elle fut légèrement destructrice. Si un jour je dois faire le point de ce que j'ai vécu, je crois que je serai content d’y retrouver cette période, je le vois comme une expérience, comment un moment désagréable mais intéressant à vivre.

On ne s'en rend peut être pas bien compte en lisant cela, mais c'est signe que je vais mieux, vraiment.

mardi 13 novembre 2007

Valeur refuge

Des jours que je finis ma journée de travail en en commençant une autre chez moi. C'est mon refuge. Les périodes où j'ai été le plus actifs professionnellement ont toujours été celles où j'avais le besoin et la volonté de me vider l'esprit. Travailler tant que je ne sens pas la fatigue venir, réfléchir aux problèmes issus de ce travail avant de dormir pour ne pas penser à d'autres problèmes.

Ce rythme m'aspire, ne laissant que peu de place à l'écriture. Il y a moins à dire car je pense moins à ce qui a nourri tant de notes ici. Formuler les choses justement prend du temps, nécessite une analyse de soi que je me refuse à faire en ce moment. Il y aurait tant à dire, si je soufflais sur ces braises.

lundi 12 novembre 2007

Intermède musical (10)

J'ai retrouvé ce disque d’Autour de Lucie dans un carton qui n’avait pas encore quitté le débarras où il était entreposé lors du déménagement, le carton était entrouvert, le plastique du disque couvert de poussière commençait à faire disparaitre la pochette.. Des sons me sont revenus en tête, des mélodies minimalistes, une voix douce, des textes posés, un ensemble tellement beau qu'il met mal à l'aise. Au milieu des pépites, il en est une qui touche au cœur. Je suis un balancier.

Je suis un balancier, une barre entre les doigts,
Un coup la tête haute, une autre fois le front bas,
Toujours à la limite, quand je perds l'équilibre,
On croit que je tombe, mais je ne tombe pas.

Je ne sais plus très bien ce qui m'entraine, ce qui me retiens,
Qui m'aime me suive, de bas en haut,
De haut en bas, et je me balance, c'est comme ça.

Pourtant j'avais des vertiges, quand j'avais le vide sous moi,
Je n'en menais pas large, on ne ménageait pas. […]

Autour de LucieJe suis un balancier

jeudi 8 novembre 2007

L'officialisation

J'avais décidé seul de mettre fin à mes espoirs. Notre histoire ne s'est jamais véritablement terminée, elle s’est étiolée. Elle a commencé il y a six mois ; hier, le cadavre est revenu à la vie. Un message, réponse à mes vaines tentatives de contact de ces dernières semaines. Une explication du silence : c’est plus simple ainsi.

C'était hier et j'en rage encore. Je pensais mérité un minimum de considération. Je nous en veux. Je lui en veux d’être lâche, je m’en veux d’avoir été si mal pour ça. Il ne reste de tout ça qu'une formidable période, avec des hauts et des bas parmi les plus intenses de ma vie sentimentale.

Le final n'est pas à la hauteur, je m’en doutais, mais je le surestimais encore.

lundi 29 octobre 2007

Le mal de vivre

Cela aurait pu être un intermède musical. Alors que je cherchais les mots pour parler de mon état d'esprit, c'est ceux de Barbara qui me sont venus en tête.

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
[…]
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre

Il y avait avant une raison précise, un contexte qui justifiait les douleurs. Aujourd'hui il n'y a rien, juste l'impression vague de ne pas être à ma place, sans savoir où elle se trouve véritablement. Je suis malade, j'ai à peine vu le jour aujourd'hui, cela doit certainement jouer sur mon moral. Oh il ne s'agit de rien de bien grave, juste un mal être passager, un mal être que la solitude accentue.

C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient

Et alors que mes yeux me brulent, alors que la fatigue et la fièvre se mêlent pour me pousser à dormir, je ne peux m'y résoudre, tourmenter par je ne sais qu'elle malaise incompréhensible. J'aurais besoin de quelqu'un dans ces moments là, et c'est son image qui me vient.

Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus

— Barbara, Le mal de vivre

Il est temps d'éteindre les lumières et de sangloter dans le noir, la nuit va passer, tout cela sera peut-être oublié demain.

dimanche 28 octobre 2007

La médiocrité du quotidien

Le calme est revenu, la passion est retombée. S’il est vrai que la vie sans espérer ce qui ne venait pas est moins douloureuse, c’est également plus fade. Les joies, les peines, tout ce qui me retournait l'estomac ou me transportait de bonheur, tout cela est parti avec mes espoirs. Oh ! Bien sûr, je vais mieux. Je vais mieux mais je peine à me sentir vivant. J’avais un but, nous me l'avons ôté. J’ai l'impression depuis que tout ce qui fait ma vie n’est qu'un divertissement me servant à oublier ce que j'ai raté. Je crois que je continuerai à le ressentir comme cela jusqu'à ce que le vide soit de nouveau rempli par un nouvel espoir. En attendant, j’erre.

lundi 22 octobre 2007

La distance

La distance a souvent joué le rôle du lampiste quand il a fallu expliquer les difficultés de ma relation avec Isabelle. Avec le recul, j'ai l'impression qu'elle n'a fait qu'exacerber ce qui était présent. Ses doutes, mon envie, mes sentiments. Passer du temps sans se voir, c'est avancer chacun dans sa direction, sans moyen de se synchroniser. Nous n'avons pas pris la même direction, nous nous somme éloignés. J'ai si longtemps cru que je prenais le bon chemin, si longtemps espérer qu'à un moment donné ma route recroise la sienne.

Bien sûr, plus près, nous aurions plus nous concerter plus facilement pour savoir où aller, mais plus que les kilomètres qui nous séparaient, c'est notre façon de les appréhender qui a conduit à cet échec.

Me revoilà à évoquer cette relation, incapable de tourner définitivement cette page tant que je n'aurai pas d'idée précise de ce que je pourrai écrire ensuite. Il y a une différence de taille, il n'y a plus de douleur dans mes mots. C'est mieux, même si je suis nostalgique de la passion qui m'habitait, aussi destructrice qu'elle ait été.

jeudi 18 octobre 2007

Le vide

Trouver l’envie, le temps d’écrire ici, malgré qu'il me semble que rien ne mérite de l’être. Peut être faut-il juste garder ces petites choses. Dans le combat ordinaire de Manu Larcenet (qui est magnifique d'ailleurs), le père du personnage principal tenait un carnet rempli de choses anodines. Peut-être que dans ces moments de creux je devrais en faire autant. Parler du plaisir du premier feu de cheminée d'octobre, des flammes qui viennent lécher les vitres, de la douce chaleur qui se propage.

Le mélange d’insouciance joyeuse, de moment neutre et de solitude pesante est toujours là, les vieux démons reviennent me hanter parfois. Rien de neuf vraiment, si ce n'est ce feu de bois.

lundi 15 octobre 2007

Laché

Il y a ces voix que j'aimerais entendre, ces conversations que j'aimerais avoir et qui ne viennent pas. L'absence qui dure et qui est difficile à vivre. Ce n'est pas qu'il y a encore un espoir, non. C'est simplement que l'on aurait envie de garder quelque chose, que tout ce temps n'a pas été passé pour nourrir du vide.

Le monde change autour de moi, plus vite que je ne pouvais le penser et je perds pieds. J'ai eu pendant longtemps comme unique question : « où en est-elle ? » Aujourd'hui je me demande simplement « où en suis-je ? » Étrangement c'est moins pesant, mais cela continue de me rattraper quelque fois.

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