Le déversoir personnel

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mardi 4 décembre 2007

Le corps et l'esprit

Je suis rentré assez tard hier soir. Impossible de trouver le sommeil immédiatement. Bien qu’épuisé par le voyage, il me fallait un peu de temps pour évacuer l'excitation du trajet. Sur la route du retour, Amanda Palmer, la chanteuse des Dresden Dolls débitait en boucle les paroles de Girl Anachronism avec une énergie communicative. La tête encore à Kiev, je retrouvais en plus quelques repères, j’étais bien.

Je crois que ce voyage est le plus dépaysant qu'il m'est été donné d'effectuer. L’absence quasi totale de l'alphabet occidental, la difficulté pour communiquer dès que l'on sort du centre ville y est pour beaucoup. Entre modernité et image d’Épinal des années 50, entre mode de vie occidental et l’architecture traditionnelle slave et soviétique, ces dix jours laissent des souvenirs délicieux. Il y a bien longtemps que je ne me suis pas autant déconnecté de mon quotidien, et ce malgré mes obligations professionnelles.

Voilà, je suis de retour, je vais bien ou du moins j'ai réussi à me convaincre. Quelle différence ?

mercredi 21 novembre 2007

Киев

Un nouveau silence va s'instaurer ici. Le temps pour moi d'aller voir si la fraicheur automnale ukrainienne a la réputation qu'elle mérite. Dix jours de dépaysements, dix jours pour tenter de trouver le temps pour visiter Kiev et de se faire des engelures. J'en ai envie, j'ai envie de nouveau envie de profiter de tout, je vais mieux, définitivement.

samedi 17 novembre 2007

Conserver l'intensité

Je suis heureux d'avoir garder une trace de tout cela, les bons moments, les mauvais, les traces sporadiques de lucidité. C'est le commentaire de Matoo qui m'y a fait songer. La clairvoyance dont il parle n'est pas toujours aussi présente. Je crois que l’avoir écrit m'aide à m’y accrocher, comme les textes de notre rencontre m’avaient aidé à traverser les premiers cahots et comme ceux de mes crises de désespoir m'aident à me rappeler à quel point cela était intense. Il y a des moments où le discernement me quitte, où j’ai besoin d'une aide extérieure pour me recadrer ; mes écrits jouent ce rôle.

Je savais en commençant que j'avais un besoin d'écriture, je sais un peu mieux pourquoi maintenant.

jeudi 15 novembre 2007

Le masochisme de la déception amoureuse

En discutant avec une amie, j’ai fini par avouer que, lorsque j’arrive à prendre suffisamment de recul sur ce qui m’est arrivé ces derniers mois, je prends cela comme une chance.

Cela peut sembler paradoxal à la vue des textes douloureux qui sont nés de cette relation, mais je suis content d'avoir vécu quelque chose d'aussi fort. Je ne suis pas de ceux qui jalonnent leur vie de points de passage, qui souhaitent absolument vivre certaines expériences, mais je dois avouer être heureux d’avoir connu une telle passion, même si elle fut éphémère, même si elle fut légèrement destructrice. Si un jour je dois faire le point de ce que j'ai vécu, je crois que je serai content d’y retrouver cette période, je le vois comme une expérience, comment un moment désagréable mais intéressant à vivre.

On ne s'en rend peut être pas bien compte en lisant cela, mais c'est signe que je vais mieux, vraiment.

mardi 13 novembre 2007

Valeur refuge

Des jours que je finis ma journée de travail en en commençant une autre chez moi. C'est mon refuge. Les périodes où j'ai été le plus actifs professionnellement ont toujours été celles où j'avais le besoin et la volonté de me vider l'esprit. Travailler tant que je ne sens pas la fatigue venir, réfléchir aux problèmes issus de ce travail avant de dormir pour ne pas penser à d'autres problèmes.

Ce rythme m'aspire, ne laissant que peu de place à l'écriture. Il y a moins à dire car je pense moins à ce qui a nourri tant de notes ici. Formuler les choses justement prend du temps, nécessite une analyse de soi que je me refuse à faire en ce moment. Il y aurait tant à dire, si je soufflais sur ces braises.

lundi 12 novembre 2007

Intermède musical (10)

J'ai retrouvé ce disque d’Autour de Lucie dans un carton qui n’avait pas encore quitté le débarras où il était entreposé lors du déménagement, le carton était entrouvert, le plastique du disque couvert de poussière commençait à faire disparaitre la pochette.. Des sons me sont revenus en tête, des mélodies minimalistes, une voix douce, des textes posés, un ensemble tellement beau qu'il met mal à l'aise. Au milieu des pépites, il en est une qui touche au cœur. Je suis un balancier.

Je suis un balancier, une barre entre les doigts,
Un coup la tête haute, une autre fois le front bas,
Toujours à la limite, quand je perds l'équilibre,
On croit que je tombe, mais je ne tombe pas.

Je ne sais plus très bien ce qui m'entraine, ce qui me retiens,
Qui m'aime me suive, de bas en haut,
De haut en bas, et je me balance, c'est comme ça.

Pourtant j'avais des vertiges, quand j'avais le vide sous moi,
Je n'en menais pas large, on ne ménageait pas. […]

Autour de LucieJe suis un balancier

jeudi 8 novembre 2007

L'officialisation

J'avais décidé seul de mettre fin à mes espoirs. Notre histoire ne s'est jamais véritablement terminée, elle s’est étiolée. Elle a commencé il y a six mois ; hier, le cadavre est revenu à la vie. Un message, réponse à mes vaines tentatives de contact de ces dernières semaines. Une explication du silence : c’est plus simple ainsi.

C'était hier et j'en rage encore. Je pensais mérité un minimum de considération. Je nous en veux. Je lui en veux d’être lâche, je m’en veux d’avoir été si mal pour ça. Il ne reste de tout ça qu'une formidable période, avec des hauts et des bas parmi les plus intenses de ma vie sentimentale.

Le final n'est pas à la hauteur, je m’en doutais, mais je le surestimais encore.

lundi 29 octobre 2007

Le mal de vivre

Cela aurait pu être un intermède musical. Alors que je cherchais les mots pour parler de mon état d'esprit, c'est ceux de Barbara qui me sont venus en tête.

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
[…]
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre

Il y avait avant une raison précise, un contexte qui justifiait les douleurs. Aujourd'hui il n'y a rien, juste l'impression vague de ne pas être à ma place, sans savoir où elle se trouve véritablement. Je suis malade, j'ai à peine vu le jour aujourd'hui, cela doit certainement jouer sur mon moral. Oh il ne s'agit de rien de bien grave, juste un mal être passager, un mal être que la solitude accentue.

C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient

Et alors que mes yeux me brulent, alors que la fatigue et la fièvre se mêlent pour me pousser à dormir, je ne peux m'y résoudre, tourmenter par je ne sais qu'elle malaise incompréhensible. J'aurais besoin de quelqu'un dans ces moments là, et c'est son image qui me vient.

Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus

— Barbara, Le mal de vivre

Il est temps d'éteindre les lumières et de sangloter dans le noir, la nuit va passer, tout cela sera peut-être oublié demain.

dimanche 28 octobre 2007

La médiocrité du quotidien

Le calme est revenu, la passion est retombée. S’il est vrai que la vie sans espérer ce qui ne venait pas est moins douloureuse, c’est également plus fade. Les joies, les peines, tout ce qui me retournait l'estomac ou me transportait de bonheur, tout cela est parti avec mes espoirs. Oh ! Bien sûr, je vais mieux. Je vais mieux mais je peine à me sentir vivant. J’avais un but, nous me l'avons ôté. J’ai l'impression depuis que tout ce qui fait ma vie n’est qu'un divertissement me servant à oublier ce que j'ai raté. Je crois que je continuerai à le ressentir comme cela jusqu'à ce que le vide soit de nouveau rempli par un nouvel espoir. En attendant, j’erre.

lundi 22 octobre 2007

La distance

La distance a souvent joué le rôle du lampiste quand il a fallu expliquer les difficultés de ma relation avec Isabelle. Avec le recul, j'ai l'impression qu'elle n'a fait qu'exacerber ce qui était présent. Ses doutes, mon envie, mes sentiments. Passer du temps sans se voir, c'est avancer chacun dans sa direction, sans moyen de se synchroniser. Nous n'avons pas pris la même direction, nous nous somme éloignés. J'ai si longtemps cru que je prenais le bon chemin, si longtemps espérer qu'à un moment donné ma route recroise la sienne.

Bien sûr, plus près, nous aurions plus nous concerter plus facilement pour savoir où aller, mais plus que les kilomètres qui nous séparaient, c'est notre façon de les appréhender qui a conduit à cet échec.

Me revoilà à évoquer cette relation, incapable de tourner définitivement cette page tant que je n'aurai pas d'idée précise de ce que je pourrai écrire ensuite. Il y a une différence de taille, il n'y a plus de douleur dans mes mots. C'est mieux, même si je suis nostalgique de la passion qui m'habitait, aussi destructrice qu'elle ait été.

jeudi 18 octobre 2007

Le vide

Trouver l’envie, le temps d’écrire ici, malgré qu'il me semble que rien ne mérite de l’être. Peut être faut-il juste garder ces petites choses. Dans le combat ordinaire de Manu Larcenet (qui est magnifique d'ailleurs), le père du personnage principal tenait un carnet rempli de choses anodines. Peut-être que dans ces moments de creux je devrais en faire autant. Parler du plaisir du premier feu de cheminée d'octobre, des flammes qui viennent lécher les vitres, de la douce chaleur qui se propage.

Le mélange d’insouciance joyeuse, de moment neutre et de solitude pesante est toujours là, les vieux démons reviennent me hanter parfois. Rien de neuf vraiment, si ce n'est ce feu de bois.

lundi 15 octobre 2007

Laché

Il y a ces voix que j'aimerais entendre, ces conversations que j'aimerais avoir et qui ne viennent pas. L'absence qui dure et qui est difficile à vivre. Ce n'est pas qu'il y a encore un espoir, non. C'est simplement que l'on aurait envie de garder quelque chose, que tout ce temps n'a pas été passé pour nourrir du vide.

Le monde change autour de moi, plus vite que je ne pouvais le penser et je perds pieds. J'ai eu pendant longtemps comme unique question : « où en est-elle ? » Aujourd'hui je me demande simplement « où en suis-je ? » Étrangement c'est moins pesant, mais cela continue de me rattraper quelque fois.

mardi 9 octobre 2007

Ça tombe comme à Gravelotte

Lorsque je n'écris pas pendant plusieurs jours ici, plusieurs explications sont possibles. Je peux avoir trop de choses à dire et rien ne sort, ou alors je n'ai pas envie de parler, ou encore j'ai l'impression de me répéter ou enfin je pense à autre chose. C'est cette dernière explication qui est arrivé ces derniers temps. Du temps passé à s'occuper de moi, à panser mes blessures et à enfin me décider à repartir du bon pied.

J'ai fêté officieusement cela en recevant des amis dimanche, un bon repas et une dégustation de digestif très agréable. Whisky, armagnac, mirabelle et des amis avec qui partager tout cela... La vie est belle, c'est un évidence, il est temps d'oublier les tortures passées.

Ah oui, j'oubliais, le titre est un blague à caractère privé (oui, maintenant je traduis les anglicismes usuels).

mardi 2 octobre 2007

Obscure clarté

La dernière fois, en relisant les textes plus anciens, je me suis rendu compte du nombre de non-dits qui émaillaient mes textes. Mes souvenirs suffiront à reconstituer le puzzle pendant longtemps, mais je me rends compte dans ces moments là à quel points j’œuvre avant tout pour moi en écrivant ici. Malgré les lecteurs, ces notes sont personnelles.

lundi 1 octobre 2007

La prévention des risques

J’ai parfois l’impression que ma vie est une réplique médiocre de l'actualité. Je nage en plein principe de précaution. Pour éviter que l'on se fasse du mal, il vaut mieux ne rien essayer. Oui, évitons la douleur, évitons les crises, évitons tout cela. Évidemment on évite aussi la joie, le bonheur et quelques plaisirs, mais il est tellement bon de ne pas prendre de risques.

Je suis devenu l'organisme génétiquement modifié de José Bové, le rottweiller à Michèle Alliot Marie. Celui dont on ne saura jamais s’il avait pu bien se comporter faute de lui laisser sa chance. Il y a des soirs comme celui ci où je vomis mes espoirs passés.

vendredi 28 septembre 2007

L’amortissement

Je suis moins prolixe ces derniers jours. Certainement car ce que j’aurais à écrire ne serait que la réplique moins enflammée de ce qui a déjà été écrit. Le détachement dont je parlais il y a quelques temps continue de faire son œuvre. Les hauts et les bas de mon humeur suivent les oscillations d'un ressort à la recherche de son équilibre. Lentement, l’amortissement rend les variations moins perceptibles, moins douloureuses.

mercredi 26 septembre 2007

La bousculade

Il y a parfois des sujets qui me brulent tellement les lèvres que je n'ose pas les aborder. Plus que d'affronter les réponses, c'est la peur de gêner, de provoquer un blocage en abordant un sujet à éviter. À éviter de bousculer les autres, ces questions sans réponses me hantent et m'obsèdent. Le temps passant, je me dis qu'il n'y a pas de raison que je me fasse souffrir à attendre silencieusement des réponses que l'on ne sait peut être même pas que j'attends. Après tout, il est temps que je m'octroie le droit de partager ce qui me ronge.

lundi 24 septembre 2007

Silence

Il y a des silences qui font mal. Vous avez beau en connaitre les raisons, ils n’en restent pas moins incompréhensibles. J'ai perdu la mauvaise habitude que j'avais de donner un sens à ces absences. Je me contente simplement d'être déçu. C’est peut être pire qu'avant finalement. Pire car cela montre que le renoncement a fini par gagner. J’ai beau le savoir, j'ai beau le sentir depuis longtemps, cela fait encore mal. L’avantage est que ce n'est plus la douleur aigüe des jours de doute, c'est la douleur sourde de ce qui ressemble à une fin…

samedi 22 septembre 2007

Intermède littéraire (1)

[…] il aimait alors imaginer la femme qu’il avait laisser. C’était l’heure, en effet, où il pouvait se saisir d'elle. À quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l’on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure là et cela est rassurant puisque le grand désir d’un cœur inquiet est de posséder interminablement l’être qu’il aime ou de pouvoir plonger cet être, quand le temps de l'’absence est venu, dans un sommeil sans rêves, qui ne puisse prendre fin qu’au jour de la réunion.

— Albert Camus, La peste

vendredi 21 septembre 2007

Intermède musical (9)

Je n’arrive pas à trouver les mots qui permettent d’expliquer pourquoi cette chanson est d’actualité, peut être parce que ces mots seraient une redite des paroles.


— Jacques Brel, Mathilde

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