Le rapport à l'intime
Par Nicolas le mardi 12 juin 2007, 12:45 - Personnel - Lien permanent
Comment ai-je pu décider de céder à la tentation d'aborder mon intimité sur un blog, moi qui me l'étais refusé pendant si longtemps ? J'avais peur que la relecture des derniers premiers billets de ce blog fasse apparaitre une gêne. Finalement, non, exposer une telle partie de sa vie n'est pas plus impudique que de donner son avis, que d'émettre une idée.
J'ai l'impression que les problèmes personnels sont finalement plus universels que les idées. La douleur de la séparation est pus facilement partagée qu'une vision du monde ou de la société. Si l'écriture ici est pour l'instant plus égocentrique, elle ne me dévoile pas plus que quand je parle du monde qui m'entoure, bien au contraire. Mon "je" est d'abord construit sur mon rapport aux autres.
Commentaires
« La douleur de la séparation est plus facilement partagée qu'une vision du monde ou de la société. »
Je ne suis pas sûr, pour ce qui me concerne et ce qui m'a concerné par le passé, qu'il soit vraiment plus facile de partager (j'entends partager vraiment, ce qui suppose la compassion) la douleur, ce genre de douleur-là, que des idées. La douleur est peut-être ce qui est le plus difficile à partager. Pas une raison pour se taire, cependant : si ce n'est pas un partage, ça peut être un don, aux lecteurs connus ou inconnus.
Et oui, je me souviens aussi de ceci :
« ...sachez que les mots ont un pouvoir, une inimaginable puissance, et si nos modestes mots peuvent seulement faire réfléchir ou encore rêver un inconnu, ne serait-ce qu’un instant, un seul inconnu aux antipodes, ils méritaient d’être publiés... »
http://embruns.net/logbook/2003/12/...
J'ai peut être été ambigu. Je ne parlais pas de partager la douleur que je ressens. Il est peut être plus claire de le formuler ainsi : on peut plus facilement reconnaitre les symptômes d'une de ses douleurs (présente ou passée) dans la douleur d'un autre. Je pense même que cela est vrai pour beaucoup de ressentis. Je fais donc la comparaison avec les idées, où les convergences sont parfois plus difficiles à trouver.
En partageant mes sentiments plutôt que mes idées, j'ai finalement l'impression de moins me livrer à un lecteur qui me découvrirait.
C'est terrible, je trouve, d'avoir l'idée que dévoiler ses sentiments fait moins se livrer. Mais je comprend que ces écrits renvoient plus le lecteur à ses propres sentiments, et donc moins à ses reflexions et ses idées qui ne sont peut être pas les mêmes que celles de l'auteur.
Mouche : En même temps, comme le lectorat de ce blog est constitué de gens qui me connaissent, je me livre plus à eux qu'avant, c'est évident.
Oui, c'est d'ailleurs très paradoxal, car tu annonce au départ qu'il te faut un espace avec un nouvel anonymat.
Il est vrai qu'aujourd'hui je ne sais pas si en ouvrant un nouveau weblog, séparé des autres, je trouverais l'auditoire qui motive la publication.
Ou peut être que je n'ai pas l'énergie de tenter.
Oui, j'aurais du parler d'une visibilité réduite. Quant à la motivation, plus encore que pour l'autre blog, elle vient de ma volonté d'écrire, même si les quelques lecteurs conviés ici le sont avec plaisir.