La séparation ouvre des plaies nombreuses et douloureuses. Jusqu'à récemment, les miennes étaient les seules à bénéficier de mon attention. Depuis peu, je me préoccupe également des siennes, persuadé que nos rétablissements sont liés. Si la cause du mal est la même, nos plaies sont différentes, notre thérapie également. Alors que j'ai besoin de sa présence pour m'en occuper, elle a besoin de solitude pour panser les siennes.

Trouver un point d'entente pour concilier les deux soins a été douloureux. J'ai souffert de ne pas pouvoir la retrouver, elle a souffert de ne pas pouvoir m'offrir plus. Nous avons convenu de garder notre complicité, notre partage à distance, sans aller plus loin le temps que ses blessures soient moins douloureuses. Je sais que ma guérison s'en trouvera ralentie, je sais également que sans l'espoir de l'avoir près de moi pour finir de me soigner, je risque une infection bien plus grande. Mes sentiments se révèlent dans la peur et la douleur, mais l'espoir qui subsiste rend l'ensemble plus supportable.