Je suis allongé sur le lit. Le jour transperce les lames du volet. La passion des premiers instants à laisser la place à un moment plus calme. Elle est là, contre moi. Sa tête repose sur mon ventre.

Je ne sais plus de quoi on parlait à ce moment là ; cela n'a guère d'importance. Par contre je me souviens de sa voix, que je n'avais alors pas fini d'adopter. Cette voix douce et espiègle, presque enfantine, si touchante. Le poids de sa tête sur mon ventre, ma main dans ses cheveux, le calme à peine troublé par notre conversation, nos corps nus. Si simple, si beau.

Souvent après cet instant, après être reparti, je lui ai dit que ce qui me manquait le plus, c'était de sentir sa tête sur mon ventre. À chaque fois, cette image me revenait. Cette image et les mots d'Abd Al Malik dans m'effacer :

Même si c'la m'essouffle, même si c'la ne dure qu'une seconde,
Ma vie j'la donnerais pour pouvoir vivre cette seconde,
Caresser au moins de l'œil cette seconde, entr'apercevoir les ailes de cette seconde.