Se taire. Taire mes peines pour ne pas la brusquer. Voilà quelques temps que je fais cela. Quelques temps que je me tiens à cette promesse d'attendre pour ne pas tenter plus expressément de la revoir. Je m'y tiens pour elle, pour ne pas qu'elle ait à se décider hâtivement, pour qu'elle prenne le temps de savoir ce qu'elle veut. Je le fais pour moi, pour ne pas la perdre, pour garder le contact avec la plus belle rencontre qui me soit arriver depuis longtemps.

Lorsque nous parlons ensemble de ces retrouvailles, j'évoque mes peurs, mes espoirs mais rarement mes peines. Elle n'a pas à y être mêler car elle n'en est pas responsable. C'est l'effet de bord de nos peurs, de la recherche d'un accord entre nos envies. Hier après notre discussion, quand je me suis retrouvé seul, toutes ces peines sont remontés à la surface. J'ai pleuré, longtemps. Cette douleur n'est que passagère, je sais que nous nous retrouverons et pourtant elle est déjà si forte que j'ai eu à la fin de mes sanglots une pensée pour cet ami qui lui est définitivement éloigné de son amour, comme ma douleur est bien faible comparée à la sienne.

Je sais qu'elle apprendra cela ici. Je souhaite que tu ne m'en veuilles pas et que tu n'en m'en tiennes pas rigueur. Cela finit toujours par passer. L'espoir est un moteur suffisant pour me remonter à la surface.