Il y a un an environ que rien n'était venu troublé le calme de ces lieux. Un an que je conservais égoïstement en silence tout le bonheur qu'elle m'avait apporté. Par choix, parce qu'elle ne souhaitait pas le partager, parce que nous le voulions pour nous. Il m'a toujours semblé plus simple de partager mes peines que mes joies, cela me convenait donc plutôt bien. Il a fallu que je remette tout cela en cause pour revenir en parler.

Un an environ à oublier que l'amour pouvait être autre chose que source de plaisir et de joie, à oublier que l'on peut en souffrir. Un bonheur complet, total, de ceux que l'on n'ose évoquer sous peine de passer pour un affabulateur, de ceux que l'on accompagne généralement d'une pointe d'ironie quand on les évoque, juste pour conjurer le sort et ne pas passer pour un doux rêveur.

J'ai fini par faire ce qu'il fallait pour y mettre fin, sans réussir à comprendre pourquoi j'agissais ainsi. J'ai tenté en vain de recoller les morceaux, de sauver ce qui pouvait encore l'être. C'est malheureusement le genre d'entreprise que la volonté seule n'arrive pas à achever.

Le déversoir est rouvert, les insomnies sont revenues.