Imaginez une conversation qui vous révèle une parfaite entente avec quelqu'un. Je ne parle pas de cette impression trop commune de connaître quelqu'un depuis longtemps au bout de quelques mots échangés, non. Il s'agit plutôt d'une progression constante et rapide, comme si vous profitiez malgré tout de toutes les étapes qui vous rapproche de quelqu'un. Comme si l'appréhension de l'autre se faisait aussi rapidement que naturellement. Le plaisir de découvrir au fil de la conversation ce que vous pouvez ou non vous permettre de dire, découvrir avec plaisir que cela correspond à vos propres limites. Sentir que ce que vous partagez est plus fort que tout ce que vous aviez pu rencontrer auparavant.

Ajoutez à cette complicité naturelle une beauté sans faille, de celles qui sont sublimées par l'innocence de leur propriétaire. Comment résister à tout cela si c'est accompagné de qualités humaines certaines, comme cette gentillesse qui pousse à faire plaisir gratuitement, à avoir peur de faire mal et de décevoir ou encore cette sincérité sans faille ?

J'ai connu tout cela et je devrais maintenant y renoncer ? Certes, on pourrait me dire que cela serait plus raisonnable. On pourrait oui, tenter d'opposer la raison aux sentiments. Je n'ai jamais été doué pour cela. Du bout des doigts, j'ai effleuré le bonheur. Juste assez pour y goûter et pour m'accoutumer à cette drogue dure.

Je suis monté si vite et si haut qu'il me sera dur de redescendre. Je suis sujet au vertige, il me faut du temps pour accepter de descendre et prendre le risque de tomber.