Le déversoir personnel

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mardi 5 février 2008

Garder pour soi

Il m'est arrivé d’écrire pour essayer de faire le tri dans mes idées, pour y voir plus clair, pour mieux comprendre ce que je ressentais. Je l’ai parfois fait également pour essayer d'exorciser mes peines, mes doutes, ma douleur. Je l’ai enfin fait pour me convaincre de me raccrocher à certains moment, par peur de voir de bons souvenirs m’échapper.

Il y aurait tant à écrire sur ce début de février. Pourtant, je ne vais pas le faire. Il y a des choses si fragile qu’y poser des mots risque de les briser. Il y a des choses que je ne ressens pas le besoin d’écrire. Pas pour l'instant, peut-être jamais.

Je pensais mourir d’envie d’écrire tout cela. Non, je ne veux finalement que le garder pour moi, le garder pour nous.

dimanche 13 janvier 2008

Intermède littéraire (2)

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

– Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »

Charles Baudelaire

Silence, on espère.

mercredi 12 décembre 2007

Hommage à un membre de ma tribu

J’avais déjà parlé de l'ambiance que je crois avoir réussi à créer ici. Un cocon rassurant, où chaque lecteur régulier fait parti d'un cercle restreint de personne que j'apprécie, même si je n’ai jamais croisé certains d'entres eux. J'avais parlé de tribu numérique, reprenant maladroitement un terme galvaudé par son utilisation excessive quand on parle des sites « sociaux».

Si j’en reparle ce soir, c’est que demain, celle que je considère depuis longtemps comme ma blogueuse préférée fête ses cinq ans de blogging. Cela fait presque cinq ans que je la lis, cinq ans qu'elle laisse ceux qui veulent regarder par la serrure. C'est tout bête mais le texte de son anniversaire m’a touché, parce que je crois que tout ceux qui ont vécu le début des blogs peuvent s’y retrouver.

Alors voilà, ceci est ma façon de rendre hommage à ces cinq années. Merci pour tout mademoiselle Milky. Merci pour toutes les émotions que tu as partagées. Merci pour tous les sourires que tu as provoqués chez moi. Merci enfin d'avoir eu parfois, peut-être malgré toi, des mots réconfortants lors de nos trop rares échanges. Tu souhaites continuer au moins cinq ans, je ne peux que l’espérer aussi fort que toi, pour d’autres raisons, égoïstement.

samedi 17 novembre 2007

Conserver l'intensité

Je suis heureux d'avoir garder une trace de tout cela, les bons moments, les mauvais, les traces sporadiques de lucidité. C'est le commentaire de Matoo qui m'y a fait songer. La clairvoyance dont il parle n'est pas toujours aussi présente. Je crois que l’avoir écrit m'aide à m’y accrocher, comme les textes de notre rencontre m’avaient aidé à traverser les premiers cahots et comme ceux de mes crises de désespoir m'aident à me rappeler à quel point cela était intense. Il y a des moments où le discernement me quitte, où j’ai besoin d'une aide extérieure pour me recadrer ; mes écrits jouent ce rôle.

Je savais en commençant que j'avais un besoin d'écriture, je sais un peu mieux pourquoi maintenant.

mardi 13 novembre 2007

Valeur refuge

Des jours que je finis ma journée de travail en en commençant une autre chez moi. C'est mon refuge. Les périodes où j'ai été le plus actifs professionnellement ont toujours été celles où j'avais le besoin et la volonté de me vider l'esprit. Travailler tant que je ne sens pas la fatigue venir, réfléchir aux problèmes issus de ce travail avant de dormir pour ne pas penser à d'autres problèmes.

Ce rythme m'aspire, ne laissant que peu de place à l'écriture. Il y a moins à dire car je pense moins à ce qui a nourri tant de notes ici. Formuler les choses justement prend du temps, nécessite une analyse de soi que je me refuse à faire en ce moment. Il y aurait tant à dire, si je soufflais sur ces braises.

mardi 2 octobre 2007

Obscure clarté

La dernière fois, en relisant les textes plus anciens, je me suis rendu compte du nombre de non-dits qui émaillaient mes textes. Mes souvenirs suffiront à reconstituer le puzzle pendant longtemps, mais je me rends compte dans ces moments là à quel points j’œuvre avant tout pour moi en écrivant ici. Malgré les lecteurs, ces notes sont personnelles.

mercredi 19 septembre 2007

Le choix des mots

Ça fait plusieurs mois que je me bats ici pour trouver le mot juste pour chacun de mes textes. Des mois et je n'ai toujours pas appris à faire de même dans ma relation avec les autres. Je doutais de la qualité de cet anniversaire, je sais maintenant que cette journée est la pire depuis longtemps.

Je ne sais pas si j'arriverai à réparer mon erreur de ce soir, je sais juste qu'elle me pèse comme jamais. La trentième année commence de la pire des manières. Je crois qu'il va vraiment falloir que je mobilise toute mon énergie pour arranger les choses.

P.S. : il est minuit passé, « It's a motherfucker » tourne en boucle. Rechute.

dimanche 9 septembre 2007

Nouveau besoin de recul ?

J'hésite… J'hésite à laisser passer quelques jours avant d'écrire à nouveau ici. Mes émotions ont tellement fluctué ces derniers jours que j'ai peur de me tromper en parlant de l'évolution de mon état d'esprit. Alors que j'ai l'impression qu'une tendance de fond nouvelle se dessine, il se pourrait qu'il s'agisse d'une nouvelle tergiversation.

Dans le doute, abstiens-toi ou alors parle d'autre chose. Je vais y songer. Je vais aussi essayer de régler ces insomnies, cela devient difficile à vivre.

mardi 28 août 2007

Perdu

Il a toujours été difficile pour moi de recommencer à écrire après une interruption. C'est encore une fois le cas mais les raisons sont différentes. En général, il s'agit d'un manque de motivation, d'une habitude qui s'est perdue. Aujourd'hui, c'est plus simplement la perte de repères qui explique mes difficultés. Ces deux semaines de vacances m'ont laissé tellement perdu que je ne peux exprimer autre chose que mes doutes.

La moindre réflexion personnelle s'enlise. Je n'ai même pas le courage de faire le point sur ce que je ressens. Se laisser aller permet de se protéger. Mettre en hibernation tout ces sentiments, le temps d'attendre qu'elle vienne me réveiller… reste à savoir si le sommeil ne sera pas trop long, si les sentiments pourront se réveiller.

samedi 28 juillet 2007

Rechercher la forme

Depuis que j'écris ici, je suis de plus en plus soucieux du style de mes textes, contredisant ainsi ce que j'affirmais dans une de mes premières publications. J'ai commencé par juger que j'abusais des paraboles. Depuis, d'autres exigences sont apparues. Je m'efforce lors de la rédaction d'épurer mes phrases, de ne pas me lancer dans de longues tirades. Je choisis mes mots en ayant le soucis des nuances au lieu de me contenter de celui qui me vient à l'esprit. J'essaie d'être moins elliptique que ce que mon habitude me dicte.

Il est encore trop tôt pour juger de la qualité du résultat. Je sais toutefois que je prends un plaisir nouveau à travailler les textes qui doivent être publier ici. J'ai l'impression dans ces moments là de toucher à une contraposée de l'affirmation de Nicolas Boileau, ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément : c'est en recherchant les bons mots et un énoncé clair que j'arrive à clarifier mes pensées.

jeudi 12 juillet 2007

La schizophrénie des émotions

Je voulais plus tôt dans la journée faire le point sur mes sentiments du moments. J'ai du reprendre plusieurs fois mon texte, corriger des passages entiers, finir par tout supprimer et tout recommencer, le tout plusieurs fois, avant de me résoudre à ne pas pouvoir exprimer clairement les choses. Je n'arrive pas à mettre en accord mes pensées et mes émotions. Je crois que ces deux partie ont cessés de communiquer depuis quelques temps. Si bien que lorsque je tente de décrire ce qui me préoccupe, les mots ne correspondent pas selon les cas à ce que je ressens ou à ce que je pense, comme si deux versions contradictoires vivaient en moi.

Au milieu de cette lutte au sein de mon esprit, une seule certitude émerge, l'isolement du à ce décalage horaire me pèse. Je pense d'ailleurs que cet isolement, qui laisse une trop grande place à l'introspection, est la cause principale du tumulte qui m'habite. Il faut que je me décide à accepter de laisser passer le temps et à oublier quelques instants les doutes qui m'assaillent.

J'allais publié ce texte quand les paroles de l'imprudence d'Alain Bashung sont venues à mes oreilles, comme l'écho du conseil que je me prodiguais :

Tu perds ton temps
À te percer à jour
Devant l'obstacle
Tu verras
On se révèle

[…]

À l'avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider

mercredi 11 juillet 2007

Les aventures de Salt Lake City (1)

Quand je pense que dimanche matin, je prenais tranquillement des notes de voyages sur mon carnet à spirale, au milieu de l'agitation ambiante. J'ai continué jusque dimanche. Dans l'avion pour Atlanta, j'étais trop fatigué pour y penser et l'endroit ne s'y prête guère à cause du bruit et de l'étroitesse des places. Après, j'ai eu d'autres raisons de ne pas prendre mon carnet et pourtant, il y avait des notes à prendre. C'est que le voyage a été et est encore mouvementé.

Première étape, le décollage de Paris. La vérification des bagages prends plus de temps que prévu, l'avion a une heure de retard. J'ai une heure trente de battement entre l'arrivée normale et ma correspondance, au moment où on décolle, je sais déjà que je devrai changer de correspondance.

Deuxième étape, l'arrivée à Atlanta. Le vol a été très fatiguant, il est deux heures du matin en France. Arrivé à l'immigration, je tends l'ensemble des documents, passe mais deux index sur la machine à empreintes, évite de sourire à la caméra.L'employé est presque aimable, plus que le souvenir du précédent, dix ans plus tôt. Il me tend mon passeport et ma carte de douane, je prends machinalement mes papiers et continue. Je récupère ma valise sans problème, heureuse surprise, je ne pensais pas qu'il suivrait si facilement après mon débarquement pour sur-vente à Paris. Je passe la douane sans problème. Les choses se sont compliqués quand j'ai voulu sortir mon billet pour aller vers le comptoir de Delta Airlines pour l'échange. Depuis la porte de l'immigration je ne tenais plus que mon passeport et la carte de douane. L'homme avait oublié mes billets (dont il n'avait pas besoin) sur son comptoir.

jeudi 5 juillet 2007

La source du plaisir

Au début de ce carnet, j'estimais avoir envie et prendre plaisir à écrire. Si le besoin a été déclenché uniquement par les évènements actuels, le plaisir, lui, a une autre source. Cela a commencé au début de notre relation. Après de longues discussions, j'avais envie de lui faire partager ce que je ressentais. Moi qui m'enferme d'habitude dans le silence, elle me donnait envie de changer, de m'ouvrir à elle. J'avais besoin de pouvoir prendre le temps de trouver les mots pour lui parler, de ne pas craindre une réaction immédiate ; une seule solution, la lettre.

Par facilité, j'ai choisi le format électronique pour correspondre avec elle, je le regrette presque. Le papier, l'encre, l'écriture, tout cela aurait du faire parti du message. J'ai été impatient mais cela était plus simple. De plus, je ne me sentais pas la capacité de pouvoir faire compliqué à cette époque. Toujours est-il que ces moments passer à trouver les mots pour lui décrire mes sentiments m'ont permis de renouer avec le plaisir d'écrire. Je lui dois cela, ce retour du goût des mots. Cela fait parti de l'influence positive qu'elle a sur moi sans même s'en apercevoir.

S'évader

Dimanche, je partirai pour une semaine aux États-Unis. Bien que le voyage ne me réjouisse guère, il se pourrait qu'il me fasse du bien. Découvrir de nouveaux lieux, faire des rencontres, tout cela va permettre d'oublier les réflexions incessantes et inutiles qui m'habitent.

Lors de mes précédents voyages, il m'est arrivé d'écrire. En Inde notamment, où j'avais eu envie de capturer quelques rencontres. Là aussi, j'ai fini par tout détruire. Ces écrits sont ceux que je regrette le plus, peut-être parce qu'ils sont ceux dont je me souviens le plus clairement. De ces rencontres, il me reste le souvenir mais comment m'assurer que celui ci n'a pas évolué avec le temps. L'écrit a cette force de capturer l'instant, de ne pas laisser un moment devenir un souvenir. C'est pour cela que je continue à écrire ici, même quand je me dis que je tourne en rond. La répétition des situations, de tous les sentiments qui m'assaillent, tout cela doit être là. C'est aussi pour cela que, cette fois, les mots qui seront dans mon carnet finiront certainement ici.

samedi 30 juin 2007

L'acceptation

Depuis quelques temps, j'arrive à me relire sans être gêné par mes mots. Je crois que doucement, je commence à assumer mes textes. Longtemps, j'ai détruit mes écrits personnels car je trouvais prétentieux de vouloir écrire en cherchant les mots juste ce que je pensais. J'avais l'impression que ce que je faisais s'apparentait à l'ambition ridicule d'être un écrivain. À forcer une comparaison impossible à assumer, je n'arrivais pas à me faire à l'idée de conserver ce que je devinais médiocre.

Avec le temps, j'ai appris que le principal à mes yeux était les idées et les sentiments que je transcrivais, que l'essentiel était de faire de mon mieux pour y coller les mots qui convenaient. Si les mots finissent par ne plus me plaire avec le temps, ce n'est pas grave, ils étaient à leur place au moment où je les ai écrits, ils ont leur raison d'être. Libérer de cette contrainte, je finis même par apprécier non seulement l'écriture mais également la relecture de mes textes.

J'ai fini par me convaincre que je n'ai la prétention de rien, si ce n'est celle, déjà énorme, de faire de mon mieux.

lundi 25 juin 2007

Le temps des paraboles

Je me suis rendu compte que j'utilisais énormément de paraboles dans les textes précédents. En y réfléchissant, j'ai l'impression d'avoir cédé à la facilité. Il est plus simple de remplacer l'expression de ses sentiments par des images maladroites. Tout cela cache des mots plus difficiles à trouver, des sentiments qui auraient mérité de prendre toute leur ampleur en ne se cachant pas derrière des façades confortables. Oser briser cet écriture polissée et fade qui cache l'intensité de ce que j'essaie de décrire.

dimanche 24 juin 2007

Quiétude dominicale

Oubliant la tension que je m'inflige ces derniers jours, J'arrive à nouveau à profiter de ma solitude. Avachi sur mon canapé, l'air chaud de l'extérieur entrant par la porte fenêtre ouverte, l'ordinateur portable me berce de la voix grave et rassurante de Louis Armstrong et celle enchanteresse de Nina Simone, je viens de mettre fin à la lecture de quelques pages de la peste d'Albert Camus. Comme souvent, la lecture m'a donné envie d'écrire. Tout dans ce qui m'environne est rassurant. Après l'agitation qui m'a envahi ces derniers jours, j'ai l'impression que ce moment a été rattaché par erreur au cours normal de ma vie. Une parenthèse que je ne souhaite pas refermer tout de suite. Je crois même que je vais me servir un whisky pour parfaire le moment.

Qu'il est bon de s'échapper quelques instants !

lundi 18 juin 2007

Écrire au présent

J'ai fini par rattraper mon retard. Le billet précédent est publié au présent, pour la première fois. Vu ses conséquences sur moi, je ne sais pas comment je ne sais pas si je dois continuer à relater les évènements avec aussi peu de recul. Mettre des mots sur des sentiments si frais est très fortement déstabilisant, surtout quand ces mots vous font mal.Je suis partagé en le soulagement que me procure l'extériorisation tout cela et la douleur de ce que j'ai besoin de raconter. Peut-être qu'il faut quelques temps entre les évènements et leur récits pour ne pas écrire à vif.

vendredi 15 juin 2007

L'empoi du temps

Parler d'évènements avec un certain recul modifie la perception des choses. Quand je parle de mes moments de doute lors de la séparation, je le fais en sachant qu'elle finit par arriver. Si j'avais écrit mes impressions à chaud, aurais-je parler de ce sentiment de bascule ? Certainement, car il me semble que même à l'époque, je l'avais ressenti ainsi mais était-ce vraiment le cas ? Il n'y a rien de plus traitre que les souvenirs.

Cet écrit à distance me rappelle deux choses. La première est le carnet de Karl, la course qu'il menait pour tenir ses écrits quotidiens publiés quelques jours ou semaines après la date qu'il leur attribuait. J'admire toujours autant la régularité avec laquelle il publiait (et la qualité de ses publications mais ce n'est pas le sujet). Je me suis toujours demandé si ses écrits étaient issus de notes prises le jour même et, si c'est le cas, s'il récrivait ou non ces notes. La seconde est un livre, l'emploi du temps de Michel Butor, où le personnage principal tente de tenir un journal quotidien, sans jamais réussir à rattraper son retard initial, et où la vision des évènements passés se heurte au présent.

samedi 9 juin 2007

Perdre du temps

Le trouble des pensées dans cette crise va de paire avec l'insomnie. Le simple fait de me replonger dans tout ce qui s'est passé a d'ailleurs suffit à les faire revenir. Les heures nocturnes sont faussement bénéfiques, cela a déjà été dit dans d'autres occasions mais les faits le confirment. Ces heures de tergiversation ne mènent à rien, surtout quand j'écris.

Depuis peu, cela change lentement, je mets ce changement au crédit du médium et de la raison de ces écrits. Si leur destruction est aussi simple ici que pour des écrits papiers, je m'y résous moins facilement, peut être parce que pour la première fois je ne souhaite pas le garder exclusivement pour moi et parce que la forme me préoccupe moins que le fond.

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