Le déversoir personnel

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mardi 4 mai 2010

Entier

Je n'ai jamais su faire les choses à moitié avec mes sentiments. Je ne me livre pas ou je me donne entièrement, exagérément, au delà des limites de l'acceptable. Je me suis brulé les ailes quelques fois, j'en souffre régulièrement, parfois le temps d'une passade, parfois de long mois.

Je ne veux pas le changer malgré tout le mal qui en résulte, c'est une part de moi. Celle qui fait que les sentiments emportent tout le reste., que dans ces moments là, seul leur évolution rythment ma vie. Je tente tout au plus de la maitriser, de réduire son emprise. C'est ce qui me permet de stopper les larmes quand je doute, de reprendre mon souffle quand j'angoisse. Il ne faut pas m'en vouloir, j'ai découvert l'amour à 29 ans, je n'avais plus assez d'innocence pour faire face à un sentiment si intense. Depuis, même ce qui m'y fait penser me fait chavirer.

samedi 24 octobre 2009

Vertige

Imaginez une conversation qui vous révèle une parfaite entente avec quelqu'un. Je ne parle pas de cette impression trop commune de connaître quelqu'un depuis longtemps au bout de quelques mots échangés, non. Il s'agit plutôt d'une progression constante et rapide, comme si vous profitiez malgré tout de toutes les étapes qui vous rapproche de quelqu'un. Comme si l'appréhension de l'autre se faisait aussi rapidement que naturellement. Le plaisir de découvrir au fil de la conversation ce que vous pouvez ou non vous permettre de dire, découvrir avec plaisir que cela correspond à vos propres limites. Sentir que ce que vous partagez est plus fort que tout ce que vous aviez pu rencontrer auparavant.

Ajoutez à cette complicité naturelle une beauté sans faille, de celles qui sont sublimées par l'innocence de leur propriétaire. Comment résister à tout cela si c'est accompagné de qualités humaines certaines, comme cette gentillesse qui pousse à faire plaisir gratuitement, à avoir peur de faire mal et de décevoir ou encore cette sincérité sans faille ?

J'ai connu tout cela et je devrais maintenant y renoncer ? Certes, on pourrait me dire que cela serait plus raisonnable. On pourrait oui, tenter d'opposer la raison aux sentiments. Je n'ai jamais été doué pour cela. Du bout des doigts, j'ai effleuré le bonheur. Juste assez pour y goûter et pour m'accoutumer à cette drogue dure.

Je suis monté si vite et si haut qu'il me sera dur de redescendre. Je suis sujet au vertige, il me faut du temps pour accepter de descendre et prendre le risque de tomber.

dimanche 14 décembre 2008

Solitude éphémère

Elle est partie pour les fêtes. Le temps de retrouver mes insomnies, de me rappeler que je ne suis définitivement pas fait pour la solitude, même passagère.

samedi 12 juillet 2008

Intermède musical (15)

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici. Tout va donc bien et pour la peine, je vous mets quelques paroles de circonstances, qui se devaient d'être ici quand je les ai entendu ce soir :

Mama told me when I was young
Come sit beside me, my only son
And listen closely to what I say.
And if you do this
It will help you some sunny day.
Take your time... dont live too fast,
Troubles will come and they will pass.
Go find a woman and youll find love,
And dont forget son,
There is someone up above.

[...]

Boy, dont you worry... youll find yourself.
Follow you heart and nothing else.
And you can do this if you try.
All I want for you my son,
Is to be satisfied.

Lynyrd Skynyrd, Simple man —

Et en cadeau, la reprise par deftones, qui tourne en boucle au moment où j'écris tout cela.

dimanche 20 janvier 2008

L’empathie

Il y a des conversations qui vous replongent dans votre passé. Le souvenir est encore proche. Quand on me parle de la douleur d'une séparation, les cicatrices de ce passé proche me démangent. Le plus terrible c’est de savoir à quel point ces moments sont difficiles et de ne pouvoir rien faire ; le seul remède valable est le temps qui passe. Spectateur impuissant, je partage une part de la douleur, sans pour autant soulager l’autre.

jeudi 17 janvier 2008

Ceux qui me tirent

Selon les jours, je me sens plus ou moins à l’abandon. Les moments très noirs de la séparation sont passés, il s'agit plus de jours où j'accuse le coup d'une mauvaise journée. Aujourd'hui, j'ai la vague impression que l’on s’est échiné à me tirer vers le haut. Dans de circonstances multiples, de façons diverses, il y a eu quelqu’un pour repêcher ce qui aurait pu être un jour médiocre. Avec de tels personnes, il est impossible d'avoir la tête sous l’eau pour des raisons si peu importantes.

samedi 29 décembre 2007

Retour en provence

C’était il y a quatre mois, à quelques jour près. Me revoilà dans le sud. Le trajet a été chargé de souvenirs. Les panneaux indicateurs, la musique, les lieux, tout est là pour me rappeler les pires instants de ce qu’Isabelle m’a permis de m’offrir (j’ai failli écrire, qu'elle m'a offert mais j’ai été grandement responsable de ces moments de perdition.) Ces jours entiers où j’affrontais seul le déclin de notre relation, avec un mélange de peur et de rage au ventre, à m’en rendre malade, à m’enfermer pour attendre que les sanglots passent.

Malgré tout cela, je vais incroyablement bien. J’y pense encore, ces mots en sont d'ailleurs une preuve mais je ne souffre plus, je suis prêt pour autre chose. C'est assez agréable et étonnant d'ailleurs d'arriver à repenser à tout cela avec nostalgie, rien de plus, en enfermant ces évènements dans le passé. Je craignais un désagréable retour en arrière, c’est plutôt la confirmation d'un changement d’ère.

jeudi 20 décembre 2007

Intermède musical (12)

Tool est certainement le groupe de metal progressif que j'apprécie le plus. Des compositions soigné, une musique finalement assez accessible pour ce style de musique, et un talent hors-norme, autant pour la composition et l'interprétation que pour l'écriture. Des textes intelligents, touchants. En écho à un texte récent sur les erreurs de jugement qui a fait réagir Pascale, j'ai réécouté Schism avec un intérêt tout particulier. Rythmes changeants, ligne de voix saccadée mais globalement douce, très grande maitrise technique, ce morceau est très représentatif de l'œuvre de Tool.

I know the pieces fit cuz I watched them tumble down
no fault, none to blame it doesn't mean I don't desire to
point the finger, blame the other, watch the temple topple over.
To bring the pieces back together, rediscover communication.

ToolSchism

P.S. : Cadeau de Noël, voilà le morceau :

La gratuité du don

Je me suis retrouvé improvisé confident. À tenter de trouver les mots qui réconfortent, me replongeant dans les leçons des évènements passés. Bien sûr, son histoire est différente, elles le sont toutes. Bien sûr il y a des points communs, il y en a toujours. Nous parlons, j'essaie de rassurer. Je ne saurais dire si j'ai laissé ou non mon objectivité de coté, je n'ai pensé qu'à réduire le mal. Je le connais, je me souviens encore qu'il faut tout faire pour ne pas trop le ressentir, pour trouver les aspects positifs, même si l'on n'arrive pas à s'y accrocher. J'ai eu la vague impression d'être bénéfique à quelqu'un, c'est agréable.

Elle m'a remercié. Je crois deviner que c'est l'usage, de remercier celui qui vous soutient. Je ne crois pourtant pas que je méritais ces remerciements ou alors elle en méritait autant. Aider, c'est prendre le beau rôle, c'est se sentir responsable des améliorations sans avoir à subir le poids du mal qui reste, c'est avoir l'impression qu'on fait quelque chose de bien.

En pensant à tout cela ça, je me suis rappelé mes connaissance bigotes. Les grenouilles de bénitiers que je côtoyais malgré moi. J'ai repensé au don de soi, version catholique, celui qui, pour se rapprocher du souhait divin, doit s'accompagner du renoncement à soi-même. Je me suis demandé si ceux qui essayaient de s'y plier se rendaient compte que les raisons même de ce don rendent le renoncement impossible. Si le don de soi est effectué pour répondre à une idéologie, à une religion, il n'est pas plus pur que si on le fait pour son estime personnel, égoïstement.

mercredi 12 décembre 2007

L’erreur

Il arrive souvent que l'on entende quelqu'un dire qu'il s'est trompé sur une autre personne. J'avoue moi même avoir cette tentation parfois. Et pourtant… Pourtant, je ne crois pas, sauf cas exceptionnel, en cette idée. Je ne crois pas que l'on puisse avoir un faux jugement sur une personne. Je pense au contraire qu'une personne peut avoir plusieurs facettes et que l'on peut être surpris de celles que l'on découvre avec le temps. On pourrait me rétorquer que je joue sur le mots, mais je pense que la différence est plus profonde. Avec ma vision des choses, la personne que l'on a connu, appréciée ou aimée est toujours présente, même si la réalité déçoit. On sait que ce qui a changé, ce sont les circonstances, pas la personne. Je trouve cette idée beaucoup moins traumatisante qu'une simple erreur de jugement. C'est peut-être également pour cela que je m'y rattache. Il est tellement plus simple de camoufler ses erreurs dans la philanthropie.

samedi 22 septembre 2007

Intermède littéraire (1)

[…] il aimait alors imaginer la femme qu’il avait laisser. C’était l’heure, en effet, où il pouvait se saisir d'elle. À quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l’on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure là et cela est rassurant puisque le grand désir d’un cœur inquiet est de posséder interminablement l’être qu’il aime ou de pouvoir plonger cet être, quand le temps de l'’absence est venu, dans un sommeil sans rêves, qui ne puisse prendre fin qu’au jour de la réunion.

— Albert Camus, La peste

dimanche 9 septembre 2007

La parenthèse

Il restera toujours quelque chose : des souvenirs inoubliables, des plaisirs intenses partagés, sa voix, tous les moments que j'ai pris le temps de décrire ici. Tout cela constitue la partie positive de toutes cette période. Il y a le pendant négatif, l'idée d'être passé à coté de quelque chose, de ne pas avoir réussi à trouver les mots, la façon de faire et bien sûr, la torture que je me suis infligé pendant ce temps. Je crois avoir fait mon possible, à défaut d'avoir fait de mon mieux. Enfin, il y a l'inconnu : essayer de conserver malgré tout une amitié rendue si fragile au milieu de tous ces heurs.

Est-ce arrivé trop tôt, trop vite ? Ai-je été trop insistant ? Après tout qu'importe. Il est tant de refermer cette parenthèse, tant de se remettre de toutes ces crises. Bizarrement cette histoire ne s'est pas véritablement terminée, elle reste en suspension, attachée maintenant à sa seule décision et à l'incertitude de nos avenirs.

En écrivant ces mots, je pleure une dernière fois en pensant à elle, avec beaucoup moins de tristesse et un peu de mélancolie. Les choses ont changé.

mardi 31 juillet 2007

Déclarer ses sentiments

S'il est des mots difficiles à trouver, c'est bien ceux qui me permettrait de te dire ce que je ressens pour toi. Te complimenter sans en faire trop, être malgré tout à la hauteur de ce que je pense, il faudrait écrire tel un funambule pour trouver l'équilibre entre les deux.

Prenons l'exemple de ta beauté. Dire que tu es jolie est bien court. Pourtant cela a souvent suffit à ce que tu repousses le compliment alors que j'ai l'impression d'être si loin de la vérité en l'écrivant. Ce regard à la fois doux et pétillant, ce sourire craquant, un seul mot simple pour les décrire est bien insuffisant. Et je ne parle pas de ce corps dont le souvenir me provoque encore des frissons, celui-ci m'a tellement plu que tout mon être en garde souvenir.

Parlons de ta façon d'être aussi, de ton tempérament, de ta franchise ou de ta simplicité. Là, le dire est plus simple, car ils ne s'agit pas directement de compliment, c'est à mes yeux qu'ils le deviennent. Le problème est que je devrais alors dire que tout cela me rend fou de toi et cela, je ne sais pas si je le dois.

Alors dans le doute je me retiens, me contente par moment de dire brièvement que je t'adore. Derrière cette simple phrase, il y a tout cela, tous ces mots qui se bousculent tellement qu'ils ne sortent pas.

mercredi 25 juillet 2007

Lueur

Depuis le début, je lui dit ouvertement ce que je ressens. C'était pour moi une nécessité, pour ne pas recommencer les erreurs passées, ne pas m'enfermer dans mes réflexions et rendre mes actes incompréhensibles. C'est ainsi qu'elle a fini par avoir le rôle de confidente, comme si j'expliquais ma relation à une tierce personne lorsque je lui parle, c'est aussi pour cela qu'il m'a paru normal qu'elle puisse lire ce qui est écrit ici. Évidemment, dans les périodes où je souffre de la complexité de notre relation, une telle transparence n'est pas vraiment facile à vivre mais ce n'est pas ce dont je voulais parler ici.

Hier, je lui expliquais comment certaines remarques d'amis concernant ma vie sentimentale pouvaient m'ébranler et me laisser l'espace d'un instant une vision plus noire de mes choix. Comme à chaque fois que je m'expose à elle, lui faire part de tout cela me laissai une sensation étrange, entre le soulagement de partager un poids et le malaise de se mettre à nu. Dans ces moments, j'ai la sensibilité à fleur de peau. Hier donc, alors que je me livrais sans retenue, elle a eu une parole qui m'a ampli d'espoir, une parole que j'espérais sans l'attendre. Cela a suffit à faire monter en moi une vague de bien-être, une nouvelle preuve de mon attachement.

jeudi 19 juillet 2007

Histoire de trains

Je vais mieux, je vais même bien. Ce n'est pas toujours évident à remarquer, notamment quand sur le chemin du retour, en tombant par hasard sur les voyages en train de grand corps malade, ma gorge se noue ; peu importe mon état, les émotions sont toujours à fleur de peau.

La chanson finie, je pense à mon train, arrêté en pleine campagne, ne demandant qu'à repartir. Je sais que je serai bien où il me mène, je sais qu'il ne peut s'arrêter là, qu'il doit redémarrer, qu'il finira par le faire. J'ai décidé de faire un somme en attendant qu'il redémarre. Ce n'est pas l'endroit le plus confortable pour se reposer, mais mon expérience récente m'a appris que le principal dans les voyages est d'arriver entier à destination, peu importe les aléas du voyage.

Et puis de toute façon, on est tellement bien à quai.

mardi 17 juillet 2007

Jouer à l'extérieur

En football, il y a des équipes dont la tactique change quand elles vont jouer chez leur adversaire. Elles étudient la tactique de leur adversaire et joue en conséquence. D'autres jouent sans aucun calcul, considérant que leur qualités propres sont suffisantes pour faire basculer la partie à leur avantage.

Longtemps, j'ai vécu mes relations amoureuses comme ces équipes qui adaptent leur jeu. J'ai surtout pensé au bonheur de l'autre, oubliant mes propres envies pour y arriver. À tel point que lorsque le moment était venu de partir, ma décision a surpris. Aujourd'hui, j'ai pris conscience que ce genre de comportement est inadapté si l'on souhaite prendre du plaisir. Cela se passe d'autant mieux avec quelqu'un qui me permet d'être moi même sans me sentir mal à l'aise, qui a un comportement qui me convient. C'est pour cela que je crois en nous, que je m'y attache.

vendredi 6 juillet 2007

Les presques rien

Ses mots cachent ses sentiments. Les démonstrations d'affections sont rarement directes, elles se laissent juste deviner dans sa façon d'être. Depuis que j'ai compris cela, je suis à l'affut du moindre signe, du moindre évènement qui trahit son attachement.

Il y a ses messages laissés en mon absence, son inquiétude quand je ne réponds pas, ses réactions quand je suis mal, cette petite pointe d'agacement quand je caricature notre relation. Ces petits rien, à peine perceptibles, qui me touchent sans qu'elle se rende compte de leur portée.

J'ai appris à me contenter de peu de choses, à trouver les sources d'affection au milieu de l'aridité des apparences. C'est finalement très agréable, même si parfois, je rêve de démonstrations plus franches, de celles qui repousseraient au loin les doutes.

dimanche 1 juillet 2007

Intermède musical (4)

Dans le calme de l'après-midi, j'ai mis le dvd de la tournée des grands espaces de Bashung. Toujours hanté par ce que j'ai écrit ces derniers jours, les paroles d'aucun express ont alors une résonance particulière. Sur cette mélodie mélancolique, la poésie de Bashung, simple et efficace, fait mouche. Mon express prend son temps mais il est unique.

Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Sinon toi

samedi 30 juin 2007

L'appartement

Le trajet a duré un peu moins d'une heure. J'ai découvert les décors, j'ai traversé son monde. Nous avons discuté de tout et de rien, plaisantant et taquinant l'autre. J'ai perdu dix ans, j'ai retrouvé une insouciance que les derniers mois m'avaient enlevé. Enfin nous arrivons à son appartement. Nous sommes fatigués mais le plaisir d'être enfin ensemble l'emporte.

Là, seuls, à l'abri des regards, le monde peut s'arrêter. Nous avons enfin tout le temps de nous découvrir, d'explorer le corps de l'autre. Alors que jusque là nous nous comportions comme des amants qui se connaissaient si bien, la fébrilité de la découverte de l'autre reprend maintenant le dessus. Il s'agit bien d'une première fois, avec tout le plaisir, la symbolique et l'excitation qui y sont attachés. Il y a cette peau, si douce. Sa saveur, si particulière. La découverte de son corps, le plaisir des sens, tout ce qui me hante encore maintenant. Ce matin là, nous avons fait l'amour ensemble pour la première fois.

J'aurais aimé trouvé les mots pour exprimer le plaisir que cela m'a (nous a) procuré mais j'ai l'impression qu'il me faudrait pour cela tenter de dissocier le plaisir de l'acte, celui du plaisir de cette première fois et les sentiments qui étaient déjà là et qui se sont développés depuis. J'ai l'impression que je briserais l'alchimie fragile qui fait de ce moment un souvenir unique, magique. J'en resterai donc là. Le sourire aux lèvres à la relecture de mes mots.

mardi 26 juin 2007

Images du retour

Hier, en revenant de ma journée de travail, deux petits évènements du quotidien m'ont donné le sourire.

Il y a d'abord eu ce couple, la soixantaine approchante. Elle marchant devant lui, ils semblaient converser lorsque je les ai vu au loin. En m'approchant, je vois la femme se retourner et enlacer l'homme, un échange d'une tendresse et d'une force émouvantes. Arrivé à leur hauteur, ils s'embrassent, toujours dans les bras l'un de l'autre. Il se dégage de leur passion quelque chose de plus fort que bien des démonstrations d'affection que j'ai pu voir ; leur âge, le décor triste du lieu, surtout en cette journée d'orage, tout cela rend leur union plus magnifique. Ils sont beaux, tout simplement. Je les dépasse. Dans le rétroviseur, je les vois qui ont repris leur marche, comme si je devais être témoin de la scène.

Il y a eu ensuite ces trois gamins. Jouant entre eux au loin avant de disparaitre à travers un trou soigneusement découpé dans le grillage pour se rendre dans un parc public. Un peu plus loin, je découvre la grille du parc, fermée, cadenassée, avec à ses cotés une plaque rouillée mentionnant les horaires d'ouverture. J'ai repensé politique un instant, ces mots me sont revenus à l'esprit : Je propose aux Français de rompre réellement avec l’esprit, avec les comportements, avec les idées de mai 68. […] Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l’autorité, avec le travail, avec la nation. Sans le savoir, ces enfants, à leur niveau, sont entrés en résistance. L'innocence est un excellent rempart contre l'autorité quand elle devient envahissante.

J'arrive enfin. C'est si beau le hasard des rencontres.