Le déversoir personnel

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mercredi 16 janvier 2008

Intermède musical (13)

Je me souviens quand j'ai repris goût à la musique des Pixies. C’était pendant ma thèse. Je ne me souviens plus pourquoi je me suis mis à ressortir ces disques, juste que je n'arrivais plus à m'en décrocher. Au milieu de tous les titres, Hey! Revenait en boucle. J'étais capable de l'écouter des dizaines de fois sans m'en lasser. La ballade de la basse de Kim Deal, la voix au bord de la rupture de Frank Black. La guitare donnant l'impression de souffrir à la suite des paroles. Les paroles… Je la réécoute régulièrement depuis, une sorte de retour aux sources. Quelques mots, en début de chanson retiennent mon attention, un peu plus que d'habitude :

Hey
Been trying to meet you
Hey
Must be a devil between us

lundi 24 septembre 2007

Silence

Il y a des silences qui font mal. Vous avez beau en connaitre les raisons, ils n’en restent pas moins incompréhensibles. J'ai perdu la mauvaise habitude que j'avais de donner un sens à ces absences. Je me contente simplement d'être déçu. C’est peut être pire qu'avant finalement. Pire car cela montre que le renoncement a fini par gagner. J’ai beau le savoir, j'ai beau le sentir depuis longtemps, cela fait encore mal. L’avantage est que ce n'est plus la douleur aigüe des jours de doute, c'est la douleur sourde de ce qui ressemble à une fin…

mardi 4 septembre 2007

Intermède musical (7)

Je parlais juste avant d'une chanson. Il s'agit d'un titre de noir désir assez court, intitulé ''Septembre, en attendant''. Guitare minimaliste, chant à la limite de la parole, avec un phrasé et un ton qui donne le frisson, un des plus beaux textes du groupe. Choisir un extrait est difficile, je m'y risque tout de même :

En septembre, en attendant la suite
Des carnages il se peut, qu'arrive la limite

J'y pense encore
J'y pense
Ensemble, maintenant
On peut prendre la fuite
Disparus, pfffuit
Avant qu'ils aient fait ouf

lundi 3 septembre 2007

Se tenir aux résolutions

L'idée d'être moins attaché, de regarder ailleurs et d'oublier l'attente n'est pas nouvelle. Depuis que la situation actuelle est venue à moi, je sais très bien que le meilleur moyen de tenir est de ne pas penser à cet avenir de plus en plus improbable. Seulement, comme je l'ai assez souvent expliqué, mes pensées étaient depuis longtemps gouvernées par mon instinct plus que par la raison.

Aujourd'hui, cela s'équilibre un peu mieux mais comme le dit la chanson (dont il va falloir que je parle d'ailleurs) l'équilibre est fragile. J'arrive tout juste à mettre assez de volonté pour continuer sur ce chemin, pour ne pas retomber dans cet état d'attente passive et maladive.

dimanche 2 septembre 2007

Nouveau départ

Il est temps de déconstruire. Tant d'oublier les espoirs, d'oublier la volonté que j'avais de faire avancer les choses.

Depuis mes vacances, je savais que les choses avaient changé, je sais maintenant pourquoi : je n'espère plus. J'ai fini par me dire qu'il ne fallait plus rien attendre pour ne pas être régulièrement déçu. Les sentiments sont là mais j'ai décidé d'inverser les proportions : alors que j'avais mis de coté ma vie pour me concentrer sur eux, j'ai envie d'inverser cette tendance.

La mue a été douloureuse, on enfouit pas plus facilement un espoir qu'une déception, mais elle a fini par s'opérer. Il faut maintenant réapprendre à s'ouvrir au monde. Je ne me souviens plus bien mais ça doit être comme le vélo, on ne doit pas oublier.

mardi 28 août 2007

Perdu

Il a toujours été difficile pour moi de recommencer à écrire après une interruption. C'est encore une fois le cas mais les raisons sont différentes. En général, il s'agit d'un manque de motivation, d'une habitude qui s'est perdue. Aujourd'hui, c'est plus simplement la perte de repères qui explique mes difficultés. Ces deux semaines de vacances m'ont laissé tellement perdu que je ne peux exprimer autre chose que mes doutes.

La moindre réflexion personnelle s'enlise. Je n'ai même pas le courage de faire le point sur ce que je ressens. Se laisser aller permet de se protéger. Mettre en hibernation tout ces sentiments, le temps d'attendre qu'elle vienne me réveiller… reste à savoir si le sommeil ne sera pas trop long, si les sentiments pourront se réveiller.

lundi 27 août 2007

L'étiolement

Voilà plus de deux semaines que je n'ai pas parlé de notre relation (si l'on excepte la notule d'hier). Deux semaines que j'ai passé doublement éloigné d'elle. À la distance physique s'est rajouté la difficulté de communiquer, d'avoir de ses nouvelles. Je me suis rendu compte à quel point j'étais dépendant de nos conversations, c'était ma principale source d'espoir.

Me passer de contacts réguliers avec elle m'a plongé dans des doutes énormes. Contrairement à ceux que j'avais eu jusque là, il ne concernaient pas seulement ce qu'elle pensait mais également ma capacité à attendre. Ils ne m'ont pas quitté depuis, même si la douleur qui est apparu avec eux s'est finalement rapidement estompé.

J'éprouve de plus en plus le besoin d'être fixé. J'ai ouvert une parenthèse dans ma vie depuis trois mois maintenant, j'ai besoin de la refermer. Je sais maintenant que je ne peux pas attendre indéfiniment.

mercredi 1 août 2007

La fuite du temps

J'évite de penser au temps qui passe, avalant chaque jour un peu de nos souvenirs. En relisant les textes de notre rencontre, je m'en veux de ne pas les avoir écrit plus vite, de ne pas avoir livré plus de détails, tant j'ai l'impression de laisser échapper chaque jour des détails qui avaient une saveur si agréable.

Je m'en veux et en même temps, cette distance qui s'installe avec mes souvenirs contribue à nourrir mon envie de la revoir. Ils s'éloignent mais j'aimerais tellement qu'ils laissent place au présent. En attendant, faute d'avancer, je tente de m'acclimater au sur place. Dire que je m'y sens bien serais mentir. Dire que j'arrive à oublier assez souvent que nous n'avançons pas est plus juste. Dans ces moments là, assez nombreux il faut l'avouer, j'arrive maintenant à prendre du plaisir.

L'attente jalonne mes jours mais comme sa durée est indéfini, je n'arrive pas à me dire qu'un jour passé est un jour de moins à attendre.

jeudi 26 juillet 2007

Intermède musical (5)

Redécouverte au hasard de mes promenades numériques, la voix douce et posée de Françoise Hardy sur Message personnel me poursuit depuis quelques jours. Je n'arrive pas à m'accaparer le texte car il est trop précis pour correspondre à une autre situation que celle décrite dans la chanson mais je m'y retrouve par fragment.

[…]
Je suis seule à crever, et je sais où vous êtes
J'arrive, attendez-moi, nous allons nous connaître
Préparez votre temps, pour vous j'ai tout le mien
Je voudrais arriver, je reste, je me déteste
Je n'arriverai pas,
Je veux, je ne peux pas
Je devrais vous parler,
Je devrais arriver
Ou je devrais dormir
[…]

jeudi 19 juillet 2007

Histoire de trains

Je vais mieux, je vais même bien. Ce n'est pas toujours évident à remarquer, notamment quand sur le chemin du retour, en tombant par hasard sur les voyages en train de grand corps malade, ma gorge se noue ; peu importe mon état, les émotions sont toujours à fleur de peau.

La chanson finie, je pense à mon train, arrêté en pleine campagne, ne demandant qu'à repartir. Je sais que je serai bien où il me mène, je sais qu'il ne peut s'arrêter là, qu'il doit redémarrer, qu'il finira par le faire. J'ai décidé de faire un somme en attendant qu'il redémarre. Ce n'est pas l'endroit le plus confortable pour se reposer, mais mon expérience récente m'a appris que le principal dans les voyages est d'arriver entier à destination, peu importe les aléas du voyage.

Et puis de toute façon, on est tellement bien à quai.

vendredi 29 juin 2007

Report

Nous nous ne retrouverons pas ce week-end. Les deux suivants, je serai en voyage d'affaire. Je sais maintenant que je devrai attendre trois semaines avant d'avoir une chance de la revoir, si elle finit par le décider. Je crois que je m'habitue à la situation. Je ne dis pas que je ne ressens plus le manque, non. Je m'habitue simplement à vivre avec.

Vivre en tentant tant bien que mal de s'accrocher à ces souvenirs qui deviennent plus flous à mesure que le temps passe, uniquement pour tenter de retrouver un instant les sensations qui me manquent. Je ne souffre plus, du moins pas d'autre chose que de cette mélancolie que je m'habitue à croiser régulièrement. L'absence de date pour la retrouver me pesais. J'ai maintenant un minimum de jours à attendre suffisamment grand pour que ce poids se ressente moins. J'espère juste que ce minimum est assez grand pour elle.