Le déversoir personnel

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dimanche 18 octobre 2009

Sans surprise

Tous les jours de semaine, ma grand-mère, après le journal de treize heures de TF1, s'installe dans son canapé usé pour regarder les feux de l'amour. Elle le faisait déjà quand, petit, je passais certaines journées de vacances chez elle. La seule chose qui a changé dans son rituel, c'est que mon grand-père n'est plus là pour siffloter dans son dos pour l'empêcher de suivre tranquillement le passionnant feuilleton.

Tous les soirs du week-end, après avoir fini une activité sociale quelconque, je me retrouve tranquillement dans mon lit, accompagné de mon spleen. Le temps passe, les raisons changent, l'horaire, l'évolution des choses restent les-mêmes. Je m'y habitue, je sais maintenant que tout prendra fin lentement avec ce sommeil si difficile à obtenir. Je sais que la musique qui me tire des souvenirs est un mal nécessaire. Je sais que ce cycle finira par prendre fin, un jour.

samedi 19 septembre 2009

Réouverture

Il y a un an environ que rien n'était venu troublé le calme de ces lieux. Un an que je conservais égoïstement en silence tout le bonheur qu'elle m'avait apporté. Par choix, parce qu'elle ne souhaitait pas le partager, parce que nous le voulions pour nous. Il m'a toujours semblé plus simple de partager mes peines que mes joies, cela me convenait donc plutôt bien. Il a fallu que je remette tout cela en cause pour revenir en parler.

Un an environ à oublier que l'amour pouvait être autre chose que source de plaisir et de joie, à oublier que l'on peut en souffrir. Un bonheur complet, total, de ceux que l'on n'ose évoquer sous peine de passer pour un affabulateur, de ceux que l'on accompagne généralement d'une pointe d'ironie quand on les évoque, juste pour conjurer le sort et ne pas passer pour un doux rêveur.

J'ai fini par faire ce qu'il fallait pour y mettre fin, sans réussir à comprendre pourquoi j'agissais ainsi. J'ai tenté en vain de recoller les morceaux, de sauver ce qui pouvait encore l'être. C'est malheureusement le genre d'entreprise que la volonté seule n'arrive pas à achever.

Le déversoir est rouvert, les insomnies sont revenues.

dimanche 14 décembre 2008

Solitude éphémère

Elle est partie pour les fêtes. Le temps de retrouver mes insomnies, de me rappeler que je ne suis définitivement pas fait pour la solitude, même passagère.

samedi 12 juillet 2008

Intermède musical (15)

Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici. Tout va donc bien et pour la peine, je vous mets quelques paroles de circonstances, qui se devaient d'être ici quand je les ai entendu ce soir :

Mama told me when I was young
Come sit beside me, my only son
And listen closely to what I say.
And if you do this
It will help you some sunny day.
Take your time... dont live too fast,
Troubles will come and they will pass.
Go find a woman and youll find love,
And dont forget son,
There is someone up above.

[...]

Boy, dont you worry... youll find yourself.
Follow you heart and nothing else.
And you can do this if you try.
All I want for you my son,
Is to be satisfied.

Lynyrd Skynyrd, Simple man —

Et en cadeau, la reprise par deftones, qui tourne en boucle au moment où j'écris tout cela.

lundi 17 décembre 2007

Pourquoi dormir ?

Il faudra se coucher après avoir fini d’écrire. Ce n'est pas que j’en ai envie, non, c'est surtout parce que je tombe de fatigue. Pourtant, il est des journées qu'on aimerait prolonger. Il y a des choses simples, des discussions agréables, dont on a peur que la nuit viennent troubler le souvenir.

L’impression étrange que les choses évoluent de façon positives, que je prends plaisir là où je n’en prenais pas autant avant ou pas du tout avant, que les choses se passent un peu mieux que d'autres jours. Je crois tout simplement que je suis arrivé à être heureux. Je vais prolonger cela de quelques minutes, le temps qu'il me faudra pour dormir.

lundi 29 octobre 2007

Le mal de vivre

Cela aurait pu être un intermède musical. Alors que je cherchais les mots pour parler de mon état d'esprit, c'est ceux de Barbara qui me sont venus en tête.

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
[…]
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre

Il y avait avant une raison précise, un contexte qui justifiait les douleurs. Aujourd'hui il n'y a rien, juste l'impression vague de ne pas être à ma place, sans savoir où elle se trouve véritablement. Je suis malade, j'ai à peine vu le jour aujourd'hui, cela doit certainement jouer sur mon moral. Oh il ne s'agit de rien de bien grave, juste un mal être passager, un mal être que la solitude accentue.

C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient

Et alors que mes yeux me brulent, alors que la fatigue et la fièvre se mêlent pour me pousser à dormir, je ne peux m'y résoudre, tourmenter par je ne sais qu'elle malaise incompréhensible. J'aurais besoin de quelqu'un dans ces moments là, et c'est son image qui me vient.

Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus

— Barbara, Le mal de vivre

Il est temps d'éteindre les lumières et de sangloter dans le noir, la nuit va passer, tout cela sera peut-être oublié demain.

lundi 17 septembre 2007

L'activité cérébrale

Penser, ruminer, réfléchir, imaginer, rêver, construire, échafauder, se remémorer, anticiper… Je crois que j’ai besoin d'une lobotomie. Durant mes insomnies, il m’arrive de repenser au duo de Jeanne Cherhal et Jacques Higelin :

Je suis debout dans la cuisine
Et je ne pense à rien.
Enfin à rien, c’est difficile,
Même impossible.
Y a toujours un p’tit quelque chose
Qui vient on ne sait d’où,
Un détail sur le mur, le papier peint
Une parole pas digérée.
Quand on voudrait avoir la tête vide,
Ça nous vient comme ça.
Je voudrais dormir.

dimanche 8 juillet 2007

Nuit d'hôtel

Ce voyage arrive finalement au mauvais moment. Déraciné, sans repère connu, la solitude qui me pesait ces derniers jours s'est faite plus présente encore. Le fait de me retrouver seul ce soir, sans personne à qui parler, m'a achevé. Je n'arrive pas à penser à quoi que ce soit d'autre que mon malaise actuel. Ce n'est que la première soirée et normalement, sans décalage horaire, elle me plonge moins dans l'isolement que les suivantes. Je sens que les nuits vont être longues.

dimanche 24 juin 2007

La pièce manquante

Comprendre l'autre. Une obsession qui me poursuit depuis des jours, une obsession que ses silences rendent difficiles à satisfaire. Je veux aller si vite, trop vite, elle veut prendre son temps, trop de temps. J'ai accepté d'attendre mais le souvenir de notre première rencontre est toujours présent. Les moments de plaisir, la proximité, la complicité naissante, la peau, toujours elle, tout cela a une consistance. Qu'il est dur de faire comme si nous n'avions pas gouté le fruit défendu ! Tellement dur que cette question me revient en boucle : Pourquoi ne ressent-elle pas ce besoin ? Ou, si elle le ressent, pourquoi le refrène-t-elle ?

En écrivant ce billet, les mots moments de plaisir ont réveillé un souvenir dans mon esprit. Miossec toujours mais un autre contexte... Mais il est tard monsieur. J'en parlerai une autre fois.

jeudi 21 juin 2007

Insomnie musicale

Faute de dormir, la nuit me replonge dans mes démons musicaux. Résultat, je remarque que "It's a motherfucker", dont je parlais lors d'un précédent intermède musical, à cette particularité qui consiste à coller à deux situations personnelles bien distinctes, une séparation et une rencontre qui attend pour évoluer.

mercredi 20 juin 2007

La peau

De tous les sacrifices dus à la distance physique qui existe entre nous et qu'elle souhaite entretenir pour l'instant, l'absence du contact de sa peau est certainement le plus difficile à accepter.

J'ai toujours trouver réconfortant le contact de l'autre. C'est d'ailleurs pour moi le renoncement le plus difficile lors de la séparation. J'en ai régulièrement besoin. Sentir sa peau, la toucher, la caresser. La douceur, le goût de sa peau, l'éveil de mes sens à son contact, tout cela n'est pour l'instant qu'un souvenir aussi agréable que vague, le temps qu'il lui faudra pour accepter une suite. Seul en pensant à elle, le sommeil est long à venir.

mercredi 13 juin 2007

Réapprendre à être seul

J'ai finalement passé très peu de temps seul auparavant, si peu que je me suis retrouvé à devoir apprendre à l'être. Le plus difficile est l'absence de chaleur, de présence. C'est ce qui explique également le retour de mes insomnies. La présence rassurante n'est plus et la nuit est toujours propice aux interrogations.

Il faut du temps pour meubler le vide. L'avantage est qu'on est libre pour le meubler, on retrouve une liberté nouvelle. Elle ne semble pas naturelle mais elle est là et elle constitue le seul élément positif du changement, la seule source d'espoir.

Au loin, comme en réponse à cette liberté, il y a elle. Difficile de savoir si elle pourra aménager le vide. Le voudra-t-elle, l'aménagement pourrait-il me plaire ? Au moins il y a la place. Reste à savoir s'il est déjà temps de la remplir.

samedi 9 juin 2007

Perdre du temps

Le trouble des pensées dans cette crise va de paire avec l'insomnie. Le simple fait de me replonger dans tout ce qui s'est passé a d'ailleurs suffit à les faire revenir. Les heures nocturnes sont faussement bénéfiques, cela a déjà été dit dans d'autres occasions mais les faits le confirment. Ces heures de tergiversation ne mènent à rien, surtout quand j'écris.

Depuis peu, cela change lentement, je mets ce changement au crédit du médium et de la raison de ces écrits. Si leur destruction est aussi simple ici que pour des écrits papiers, je m'y résous moins facilement, peut être parce que pour la première fois je ne souhaite pas le garder exclusivement pour moi et parce que la forme me préoccupe moins que le fond.