Le déversoir personnel

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samedi 26 janvier 2008

Les petits rien

On ne peut pas dire que ça va bien mais après tout, ça ne va pas vraiment mal non plus. Un moment en équilibre, instable, où l'on se demande de quel coté on va pouvoir tomber. J'ai relu Parapluie de Johann Sfar et c'est toujours bien. Massive Attack et Portishead en duo en musique de fond, c'est vraiment pas mal. Je me suis servi un verre de Fleurie 2004 et c'est pas mal non plus.

Quand on a du mal à décrocher de grands bonheurs, on peut toujours se raccrocher aux petits, ceux là ne sont jamais déçus.

dimanche 13 janvier 2008

Intermède littéraire (2)

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,
Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,
A la très belle, à la très bonne, à la très chère,
Dont le regard divin t’a soudain refleuri ?

– Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :
Rien ne vaut la douceur de son autorité
Sa chair spirituelle a le parfum des Anges
Et son oeil nous revêt d’un habit de clarté.

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude
Que ce soit dans la rue et dans la multitude
Son fantôme dans l’air danse comme un flambeau.

Parfois il parle et dit : « Je suis belle, et j’ordonne
Que pour l’amour de moi vous n’aimiez que le Beau ;
Je suis l’Ange gardien, la Muse et la Madone. »

Charles Baudelaire

Silence, on espère.

mercredi 12 décembre 2007

Hommage à un membre de ma tribu

J’avais déjà parlé de l'ambiance que je crois avoir réussi à créer ici. Un cocon rassurant, où chaque lecteur régulier fait parti d'un cercle restreint de personne que j'apprécie, même si je n’ai jamais croisé certains d'entres eux. J'avais parlé de tribu numérique, reprenant maladroitement un terme galvaudé par son utilisation excessive quand on parle des sites « sociaux».

Si j’en reparle ce soir, c’est que demain, celle que je considère depuis longtemps comme ma blogueuse préférée fête ses cinq ans de blogging. Cela fait presque cinq ans que je la lis, cinq ans qu'elle laisse ceux qui veulent regarder par la serrure. C'est tout bête mais le texte de son anniversaire m’a touché, parce que je crois que tout ceux qui ont vécu le début des blogs peuvent s’y retrouver.

Alors voilà, ceci est ma façon de rendre hommage à ces cinq années. Merci pour tout mademoiselle Milky. Merci pour toutes les émotions que tu as partagées. Merci pour tous les sourires que tu as provoqués chez moi. Merci enfin d'avoir eu parfois, peut-être malgré toi, des mots réconfortants lors de nos trop rares échanges. Tu souhaites continuer au moins cinq ans, je ne peux que l’espérer aussi fort que toi, pour d’autres raisons, égoïstement.

samedi 22 septembre 2007

Intermède littéraire (1)

[…] il aimait alors imaginer la femme qu’il avait laisser. C’était l’heure, en effet, où il pouvait se saisir d'elle. À quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l’on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure là et cela est rassurant puisque le grand désir d’un cœur inquiet est de posséder interminablement l’être qu’il aime ou de pouvoir plonger cet être, quand le temps de l'’absence est venu, dans un sommeil sans rêves, qui ne puisse prendre fin qu’au jour de la réunion.

— Albert Camus, La peste

dimanche 5 août 2007

L'été, la balançoire et Rosie Thomas

Depuis que j'ai déménagé, c'est le premier week-end qui ressemble à l'été. Ciel bleu, chaleur, léger vent qui fait bruisser les feuilles du noyer voisin. J'ai des fruits à cueillir mais ils attendront. J'ai préféré m'installer sur la balançoire pour lire un peu. A l'intérieur, Rosie Thomas chante ses mélodies douces, matinées de folk et de country. Le son me parvient, lointain, et berce mes oreilles, offrant un contraste saisissant avec l'horreur simple des Bienveillantes.

Tout ceci est insignifiant, mais cela faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de vivre. Un avant goût de vacances. C'est ces moments là que je n'avais pas réussi à préserver en étant en couple. C'est ce qu'il nous faudra garder : pouvoir profiter du temps, seul, parfois.

vendredi 15 juin 2007

L'empoi du temps

Parler d'évènements avec un certain recul modifie la perception des choses. Quand je parle de mes moments de doute lors de la séparation, je le fais en sachant qu'elle finit par arriver. Si j'avais écrit mes impressions à chaud, aurais-je parler de ce sentiment de bascule ? Certainement, car il me semble que même à l'époque, je l'avais ressenti ainsi mais était-ce vraiment le cas ? Il n'y a rien de plus traitre que les souvenirs.

Cet écrit à distance me rappelle deux choses. La première est le carnet de Karl, la course qu'il menait pour tenir ses écrits quotidiens publiés quelques jours ou semaines après la date qu'il leur attribuait. J'admire toujours autant la régularité avec laquelle il publiait (et la qualité de ses publications mais ce n'est pas le sujet). Je me suis toujours demandé si ses écrits étaient issus de notes prises le jour même et, si c'est le cas, s'il récrivait ou non ces notes. La seconde est un livre, l'emploi du temps de Michel Butor, où le personnage principal tente de tenir un journal quotidien, sans jamais réussir à rattraper son retard initial, et où la vision des évènements passés se heurte au présent.