Le déversoir personnel

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jeudi 19 juillet 2007

Histoire de trains

Je vais mieux, je vais même bien. Ce n'est pas toujours évident à remarquer, notamment quand sur le chemin du retour, en tombant par hasard sur les voyages en train de grand corps malade, ma gorge se noue ; peu importe mon état, les émotions sont toujours à fleur de peau.

La chanson finie, je pense à mon train, arrêté en pleine campagne, ne demandant qu'à repartir. Je sais que je serai bien où il me mène, je sais qu'il ne peut s'arrêter là, qu'il doit redémarrer, qu'il finira par le faire. J'ai décidé de faire un somme en attendant qu'il redémarre. Ce n'est pas l'endroit le plus confortable pour se reposer, mais mon expérience récente m'a appris que le principal dans les voyages est d'arriver entier à destination, peu importe les aléas du voyage.

Et puis de toute façon, on est tellement bien à quai.

jeudi 12 juillet 2007

La schizophrénie des émotions

Je voulais plus tôt dans la journée faire le point sur mes sentiments du moments. J'ai du reprendre plusieurs fois mon texte, corriger des passages entiers, finir par tout supprimer et tout recommencer, le tout plusieurs fois, avant de me résoudre à ne pas pouvoir exprimer clairement les choses. Je n'arrive pas à mettre en accord mes pensées et mes émotions. Je crois que ces deux partie ont cessés de communiquer depuis quelques temps. Si bien que lorsque je tente de décrire ce qui me préoccupe, les mots ne correspondent pas selon les cas à ce que je ressens ou à ce que je pense, comme si deux versions contradictoires vivaient en moi.

Au milieu de cette lutte au sein de mon esprit, une seule certitude émerge, l'isolement du à ce décalage horaire me pèse. Je pense d'ailleurs que cet isolement, qui laisse une trop grande place à l'introspection, est la cause principale du tumulte qui m'habite. Il faut que je me décide à accepter de laisser passer le temps et à oublier quelques instants les doutes qui m'assaillent.

J'allais publié ce texte quand les paroles de l'imprudence d'Alain Bashung sont venues à mes oreilles, comme l'écho du conseil que je me prodiguais :

Tu perds ton temps
À te percer à jour
Devant l'obstacle
Tu verras
On se révèle

[…]

À l'avenir
Laisse venir
Laisse le vent du soir décider

lundi 2 juillet 2007

La tête et le ventre

Je suis allongé sur le lit. Le jour transperce les lames du volet. La passion des premiers instants à laisser la place à un moment plus calme. Elle est là, contre moi. Sa tête repose sur mon ventre.

Je ne sais plus de quoi on parlait à ce moment là ; cela n'a guère d'importance. Par contre je me souviens de sa voix, que je n'avais alors pas fini d'adopter. Cette voix douce et espiègle, presque enfantine, si touchante. Le poids de sa tête sur mon ventre, ma main dans ses cheveux, le calme à peine troublé par notre conversation, nos corps nus. Si simple, si beau.

Souvent après cet instant, après être reparti, je lui ai dit que ce qui me manquait le plus, c'était de sentir sa tête sur mon ventre. À chaque fois, cette image me revenait. Cette image et les mots d'Abd Al Malik dans m'effacer :

Même si c'la m'essouffle, même si c'la ne dure qu'une seconde,
Ma vie j'la donnerais pour pouvoir vivre cette seconde,
Caresser au moins de l'œil cette seconde, entr'apercevoir les ailes de cette seconde.

dimanche 1 juillet 2007

Intermède musical (4)

Dans le calme de l'après-midi, j'ai mis le dvd de la tournée des grands espaces de Bashung. Toujours hanté par ce que j'ai écrit ces derniers jours, les paroles d'aucun express ont alors une résonance particulière. Sur cette mélodie mélancolique, la poésie de Bashung, simple et efficace, fait mouche. Mon express prend son temps mais il est unique.

Aucun express ne m'emmènera
Vers la félicité
Aucun tacot n'y accostera
Aucun Concorde n'aura ton envergure
Aucun navire n'y va
Sinon toi

jeudi 21 juin 2007

Intermède musical (3)

Parmi les artistes contemporains, ma relation à l'oeuvre de Christophe Miossec est particulière. Ses premiers albums, très centrés sur les relations sentimentales, réussissent à recouvrir de manière quasiment parfaite les sentiments qui me traversent lors d'une crise amoureuse, quelque soit sa nature. Cela rejoint d'ailleurs ce que je disais à propos du lien entre l'intime et les sentiments : les problèmes personnels sont finalement plus universels que les idées.

Retombant hier sur ces chansons, je n'ai pas pu me retenir et partager avec elle le texte de La fidélité. Cru et sentimental à la fois, comme mon manque de ces derniers jours :

Mais si ma bite et mon coeur font grève
Je peux très bien me toucher
Et si ma langue traîne par terre
Je peux très bien l'avaler
Car tu es loin et moi je crève
De ne pouvoir te baiser

Insomnie musicale

Faute de dormir, la nuit me replonge dans mes démons musicaux. Résultat, je remarque que "It's a motherfucker", dont je parlais lors d'un précédent intermède musical, à cette particularité qui consiste à coller à deux situations personnelles bien distinctes, une séparation et une rencontre qui attend pour évoluer.

mardi 12 juin 2007

Intermède musical (2)

Alors que le meilleur choix musical pour éviter de se morfondre pourrait être un album de la compagnie créole ou de Gilbert Montagné (il y a beaucoup d'exagération là dedans, même en temps normal, je ne supporte ni l'un, ni l'autre), les choix en périodes creuses sont moins festifs.

Parmi les morceaux qui effectuent en boucle leur travail de sape pendant les premiers jours de solitude, il y a le magnifique "it's a motherfucker" de Eels. De quoi vous retourner les tripes en renversant au passage la modeste pile de certitudes que vous aviez cru réunir. Reculer et malgré tout en redemander, ce morceau est la drogue de mes jours de solitude. Revenir à la normale quelques heures plus tard, le tant de reconstruire la pile.

it's a motherfucker
how much i understand
the feeling that you need someone
to take you by the hand
and you won't ever be the same
you won't ever be the same

samedi 9 juin 2007

Intermède musical (1)

Je crois manquer totalement d'originalité en disant qu'il y a dans chaque crise que je traverse au moins une chanson qui la marque. Ces instants ont été marqués par Delilah des Dresden Dolls. Le crescendo de la chanson accompagnait mes trajets et mes pensées :

so don't cry delilah
you're still alive delilah
you need a ride delilah?
let's see how fast this thing can go...

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