Le déversoir personnel

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jeudi 22 octobre 2009

Animal social

Hier, très bonne soirée concert, dans ce petit bar de Metz. L’ambiance est bonne, la musique également. Tous les éléments sont là pour que je passe une soirée réussie.

Pourtant, mon cerveau ne cesse de me rappeler que ces moments là, je veux les partager. Égoïstement, j’ai besoin d'une autre. Il m’est impossible de profiter pleinement de ces moments seul. Pris dans mes contradictions, je sortais peu en étant en couple, je dévore la vie seul. Cela rend le plaisir encore un peu plus amer. J’ai envie de laisser tout cela de coté, de me laisser porter par la musique. Impossible, son absence me revient en flash. J’aimerais tant, exactement là, pouvoir échanger avec elle, même d'un simple regard complice.

La solitude me pèse jusque dans les moments de plaisir.

jeudi 20 décembre 2007

La gratuité du don

Je me suis retrouvé improvisé confident. À tenter de trouver les mots qui réconfortent, me replongeant dans les leçons des évènements passés. Bien sûr, son histoire est différente, elles le sont toutes. Bien sûr il y a des points communs, il y en a toujours. Nous parlons, j'essaie de rassurer. Je ne saurais dire si j'ai laissé ou non mon objectivité de coté, je n'ai pensé qu'à réduire le mal. Je le connais, je me souviens encore qu'il faut tout faire pour ne pas trop le ressentir, pour trouver les aspects positifs, même si l'on n'arrive pas à s'y accrocher. J'ai eu la vague impression d'être bénéfique à quelqu'un, c'est agréable.

Elle m'a remercié. Je crois deviner que c'est l'usage, de remercier celui qui vous soutient. Je ne crois pourtant pas que je méritais ces remerciements ou alors elle en méritait autant. Aider, c'est prendre le beau rôle, c'est se sentir responsable des améliorations sans avoir à subir le poids du mal qui reste, c'est avoir l'impression qu'on fait quelque chose de bien.

En pensant à tout cela ça, je me suis rappelé mes connaissance bigotes. Les grenouilles de bénitiers que je côtoyais malgré moi. J'ai repensé au don de soi, version catholique, celui qui, pour se rapprocher du souhait divin, doit s'accompagner du renoncement à soi-même. Je me suis demandé si ceux qui essayaient de s'y plier se rendaient compte que les raisons même de ce don rendent le renoncement impossible. Si le don de soi est effectué pour répondre à une idéologie, à une religion, il n'est pas plus pur que si on le fait pour son estime personnel, égoïstement.

mercredi 25 juillet 2007

Lueur

Depuis le début, je lui dit ouvertement ce que je ressens. C'était pour moi une nécessité, pour ne pas recommencer les erreurs passées, ne pas m'enfermer dans mes réflexions et rendre mes actes incompréhensibles. C'est ainsi qu'elle a fini par avoir le rôle de confidente, comme si j'expliquais ma relation à une tierce personne lorsque je lui parle, c'est aussi pour cela qu'il m'a paru normal qu'elle puisse lire ce qui est écrit ici. Évidemment, dans les périodes où je souffre de la complexité de notre relation, une telle transparence n'est pas vraiment facile à vivre mais ce n'est pas ce dont je voulais parler ici.

Hier, je lui expliquais comment certaines remarques d'amis concernant ma vie sentimentale pouvaient m'ébranler et me laisser l'espace d'un instant une vision plus noire de mes choix. Comme à chaque fois que je m'expose à elle, lui faire part de tout cela me laissai une sensation étrange, entre le soulagement de partager un poids et le malaise de se mettre à nu. Dans ces moments, j'ai la sensibilité à fleur de peau. Hier donc, alors que je me livrais sans retenue, elle a eu une parole qui m'a ampli d'espoir, une parole que j'espérais sans l'attendre. Cela a suffit à faire monter en moi une vague de bien-être, une nouvelle preuve de mon attachement.

dimanche 22 juillet 2007

Entre amis

Il devait être plus de trois heures quand j'ai repris ma voiture pour rentrer chez moi samedi matin. Ce fut une soirée entre amis comme je les aime, sans fil directeur, destructurée, avec des blancs assumés et suffisamment de folie pour rompre la monotonie.

En fin de soirée, la discussion s'est fait plus sérieuse. À l'écoute, silencieux, les sujets abordés me font penser à elle, au temps qui passe, à mon impression qu'il est possible de construire quelque chose, que cela tienne, qu'elle est la seule aujourd'hui qui me fasse mettre de coté le cynisme qui me protège habituellement.

C'est à la fin de cette discussion que je suis rentré, elle m'a accompagné pendant tout le trajet. J'étais simplement bien, tout me semblait de nouveau si évident.

jeudi 28 juin 2007

Tribu numérique

Rapidement après l'ouverture de cet espace, l'idée d'inviter certaines personnes à le lire est devenue une évidence. Il ne s'agissait pas pour moi d'un besoin, d'une motivation pour écrire, je n'ai jamais considéré mon lectorat comme un moteur et le caractère personnel de ce qui est dit ici, le besoin que j'éprouve actuellement à garder une trace de ce que je vis, fait qu'ici, plus encore qu'ailleurs, je n'ai pas besoin d'être lu pour écrire.

Non, ma principale motivation en invitant quelques personnes à venir me lire est de partager avec eux plus que ce que j'ai pu leur offrir durant les dernières années. Alors que j'ai finalement peu échangé directement avec eux, que je n'ai même jamais rencontré quelques uns, j'ai avec eux une relation privilégiée. La plupart sont mes contemporains numériques, ils forment une petite tribu de gens dont je me sens proche et dont il me semble partager la vision des choses.

Leur présence, même silencieuse, m'est précieuse. Le partage n'a pas toujours besoin de mots.