Je me suis retrouvé improvisé confident. À tenter de trouver les mots qui
réconfortent, me replongeant dans les leçons des évènements passés. Bien sûr,
son histoire est différente, elles le sont toutes. Bien sûr il y a des points
communs, il y en a toujours. Nous parlons, j'essaie de rassurer. Je ne saurais
dire si j'ai laissé ou non mon objectivité de coté, je n'ai pensé qu'à réduire
le mal. Je le connais, je me souviens encore qu'il faut tout faire pour ne pas
trop le ressentir, pour trouver les aspects positifs, même si l'on n'arrive pas
à s'y accrocher. J'ai eu la vague impression d'être bénéfique à quelqu'un,
c'est agréable.
Elle m'a remercié. Je crois deviner que c'est l'usage, de remercier celui
qui vous soutient. Je ne crois pourtant pas que je méritais ces remerciements
ou alors elle en méritait autant. Aider, c'est prendre le beau rôle, c'est se
sentir responsable des améliorations sans avoir à subir le poids du mal qui
reste, c'est avoir l'impression qu'on fait quelque chose de bien.
En pensant à tout cela ça, je me suis rappelé mes connaissance bigotes. Les
grenouilles de bénitiers que je côtoyais malgré moi. J'ai repensé au don de
soi, version catholique, celui qui, pour se rapprocher du souhait divin, doit
s'accompagner du renoncement à soi-même. Je me suis demandé si ceux qui
essayaient de s'y plier se rendaient compte que les raisons même de ce don
rendent le renoncement impossible. Si le don de soi est effectué pour répondre
à une idéologie, à une religion, il n'est pas plus pur que si on le fait pour
son estime personnel, égoïstement.