Hier, en revenant de ma journée de travail, deux petits évènements du quotidien m'ont donné le sourire.

Il y a d'abord eu ce couple, la soixantaine approchante. Elle marchant devant lui, ils semblaient converser lorsque je les ai vu au loin. En m'approchant, je vois la femme se retourner et enlacer l'homme, un échange d'une tendresse et d'une force émouvantes. Arrivé à leur hauteur, ils s'embrassent, toujours dans les bras l'un de l'autre. Il se dégage de leur passion quelque chose de plus fort que bien des démonstrations d'affection que j'ai pu voir ; leur âge, le décor triste du lieu, surtout en cette journée d'orage, tout cela rend leur union plus magnifique. Ils sont beaux, tout simplement. Je les dépasse. Dans le rétroviseur, je les vois qui ont repris leur marche, comme si je devais être témoin de la scène.

Il y a eu ensuite ces trois gamins. Jouant entre eux au loin avant de disparaitre à travers un trou soigneusement découpé dans le grillage pour se rendre dans un parc public. Un peu plus loin, je découvre la grille du parc, fermée, cadenassée, avec à ses cotés une plaque rouillée mentionnant les horaires d'ouverture. J'ai repensé politique un instant, ces mots me sont revenus à l'esprit : Je propose aux Français de rompre réellement avec l’esprit, avec les comportements, avec les idées de mai 68. […] Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l’autorité, avec le travail, avec la nation. Sans le savoir, ces enfants, à leur niveau, sont entrés en résistance. L'innocence est un excellent rempart contre l'autorité quand elle devient envahissante.

J'arrive enfin. C'est si beau le hasard des rencontres.