Le déversoir personnel

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Tag - reconstruction

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mardi 9 octobre 2007

Ça tombe comme à Gravelotte

Lorsque je n'écris pas pendant plusieurs jours ici, plusieurs explications sont possibles. Je peux avoir trop de choses à dire et rien ne sort, ou alors je n'ai pas envie de parler, ou encore j'ai l'impression de me répéter ou enfin je pense à autre chose. C'est cette dernière explication qui est arrivé ces derniers temps. Du temps passé à s'occuper de moi, à panser mes blessures et à enfin me décider à repartir du bon pied.

J'ai fêté officieusement cela en recevant des amis dimanche, un bon repas et une dégustation de digestif très agréable. Whisky, armagnac, mirabelle et des amis avec qui partager tout cela... La vie est belle, c'est un évidence, il est temps d'oublier les tortures passées.

Ah oui, j'oubliais, le titre est un blague à caractère privé (oui, maintenant je traduis les anglicismes usuels).

mercredi 19 septembre 2007

Anniversaire

J’entre dans ma trentième année aujourd'hui. La vingt-neuvième a été pleine d’espoirs, pleine de déceptions. Elle a beau me laisser un goût amer, les évènements qui l’ont constitué l’ont rendu plus vivante que bien d’autres finalement.

Pour la première fois, j’ai un pincement au cœur en me disant que le temps passe et que j’ai désormais tout à construire. Que c’est vieux vingt-neuf ans quand on est seul !

lundi 3 septembre 2007

Se tenir aux résolutions

L'idée d'être moins attaché, de regarder ailleurs et d'oublier l'attente n'est pas nouvelle. Depuis que la situation actuelle est venue à moi, je sais très bien que le meilleur moyen de tenir est de ne pas penser à cet avenir de plus en plus improbable. Seulement, comme je l'ai assez souvent expliqué, mes pensées étaient depuis longtemps gouvernées par mon instinct plus que par la raison.

Aujourd'hui, cela s'équilibre un peu mieux mais comme le dit la chanson (dont il va falloir que je parle d'ailleurs) l'équilibre est fragile. J'arrive tout juste à mettre assez de volonté pour continuer sur ce chemin, pour ne pas retomber dans cet état d'attente passive et maladive.

dimanche 2 septembre 2007

Nouveau départ

Il est temps de déconstruire. Tant d'oublier les espoirs, d'oublier la volonté que j'avais de faire avancer les choses.

Depuis mes vacances, je savais que les choses avaient changé, je sais maintenant pourquoi : je n'espère plus. J'ai fini par me dire qu'il ne fallait plus rien attendre pour ne pas être régulièrement déçu. Les sentiments sont là mais j'ai décidé d'inverser les proportions : alors que j'avais mis de coté ma vie pour me concentrer sur eux, j'ai envie d'inverser cette tendance.

La mue a été douloureuse, on enfouit pas plus facilement un espoir qu'une déception, mais elle a fini par s'opérer. Il faut maintenant réapprendre à s'ouvrir au monde. Je ne me souviens plus bien mais ça doit être comme le vélo, on ne doit pas oublier.

jeudi 2 août 2007

Se satisfaire d'un avenir en pointillés

Sans paraitre réellement inconfortable, je ne pense pas que ma situation actuelle semble enviable. Une relation qui tarde à se concrétiser, ce qui lui donne certainement une apparence encore plus incertaine qu'une autre relation naissante, une reconstruction vacillante après une séparation. Même ma situation professionnelle, qui provoque l'envie surjouée et moqueuse de mes amis pourrait être amenée à changer en fonction de l'évolution de notre relation.

Même si j'ai encore du mal à m'y habituer, même si cette inadaptation a provoqué des baisses de moral importantes, je finis malgré tout par me satisfaire de ces incertitudes. Je crois que c'est justement les certitudes médiocres qui encerclaient mon existence qui m'ont poussé à changer. Après tout, vivre doit se faire intensément, et les hauts et les bas de ces derniers temps me rappellent à quel point je suis vivant. Je préfère douter de ce qui sera construit que de me satisfaire de quelque chose qui ne me convient pas.

dimanche 22 juillet 2007

Entre amis

Il devait être plus de trois heures quand j'ai repris ma voiture pour rentrer chez moi samedi matin. Ce fut une soirée entre amis comme je les aime, sans fil directeur, destructurée, avec des blancs assumés et suffisamment de folie pour rompre la monotonie.

En fin de soirée, la discussion s'est fait plus sérieuse. À l'écoute, silencieux, les sujets abordés me font penser à elle, au temps qui passe, à mon impression qu'il est possible de construire quelque chose, que cela tienne, qu'elle est la seule aujourd'hui qui me fasse mettre de coté le cynisme qui me protège habituellement.

C'est à la fin de cette discussion que je suis rentré, elle m'a accompagné pendant tout le trajet. J'étais simplement bien, tout me semblait de nouveau si évident.

mardi 17 juillet 2007

Jouer à l'extérieur

En football, il y a des équipes dont la tactique change quand elles vont jouer chez leur adversaire. Elles étudient la tactique de leur adversaire et joue en conséquence. D'autres jouent sans aucun calcul, considérant que leur qualités propres sont suffisantes pour faire basculer la partie à leur avantage.

Longtemps, j'ai vécu mes relations amoureuses comme ces équipes qui adaptent leur jeu. J'ai surtout pensé au bonheur de l'autre, oubliant mes propres envies pour y arriver. À tel point que lorsque le moment était venu de partir, ma décision a surpris. Aujourd'hui, j'ai pris conscience que ce genre de comportement est inadapté si l'on souhaite prendre du plaisir. Cela se passe d'autant mieux avec quelqu'un qui me permet d'être moi même sans me sentir mal à l'aise, qui a un comportement qui me convient. C'est pour cela que je crois en nous, que je m'y attache.

samedi 14 juillet 2007

La fragilité de la convalescence

Je suis descendu bien bas quand je me suis séparé. Je crois l'avoir déjà expliqué mais à la tristesse du constat de la fin de l'amour, s'ajoutait le malaise d'être celui qui a mis fin à cette relation. Devoir supporter la rupture et la culpabilité, c'est certainement la double peine classique de celui qui part sans se moquer de ce que peut éprouver l'autre. Dans ce contexte, l'arrivée d'Isabelle a chamboulé une lente et douloureuse convalescence. Les espoirs que j'ai placé dans notre relation a accéléré mon rétablissement pendant un temps. Après, mon impatience a fait que j'ai replongé lentement dans une peur destructrice dont les écrits publiés ici sont la démonstration.

Aujourd'hui, ou hier puisque je suis toujours à cheval entre les deux horaires, elle m'a mis face à la réalité de ce que j'étais devenu ces derniers temps. Je crois qu'elle seule pouvait me faire réagir. Ne plus se nourrir des peurs mais des espoirs, revenir à ce que notre relation m'a apporté, revenir à l'essence du plaisir. Reprendre la convalescence, lentement, en regardant ce qui va mieux au lieu de regarder ce qui ne va toujours pas.

dimanche 24 juin 2007

Les craquements

Imaginez grimper le long d'une échelle dont chaque barreau donne l'impression de vouloir rompre. La peur au ventre à chaque craquement. À chaque étape, le but est plus proche et vous vous sentez plus vulnérable. Les tensions, inévitables, provoquent des peurs irraisonnées.

J'avais écrit cela au début de notre relation, avec en tête une altercation anodine qui m'avait mis mal à l'aise. Cela n'était rien par rapport à ce que nous avons vécu tout à l'heure. Il s'agissait aujourd'hui de bien plus d'une simple anicroche. Moi qui prends tant de soin à choisir mes mots ici, je me suis révélé incapable d'éviter d'être blessant avec elle. Je sais qu'en tant normal j'aurais déjà été terriblement peiné et honteux de mon comportement. À cela se rajoute ici la peur d'avoir détruit un édifice fragile.

Entre tous les moments agréables, nous continuons de construire notre relation sur la peur. La nuit va être longue.

Quiétude dominicale

Oubliant la tension que je m'inflige ces derniers jours, J'arrive à nouveau à profiter de ma solitude. Avachi sur mon canapé, l'air chaud de l'extérieur entrant par la porte fenêtre ouverte, l'ordinateur portable me berce de la voix grave et rassurante de Louis Armstrong et celle enchanteresse de Nina Simone, je viens de mettre fin à la lecture de quelques pages de la peste d'Albert Camus. Comme souvent, la lecture m'a donné envie d'écrire. Tout dans ce qui m'environne est rassurant. Après l'agitation qui m'a envahi ces derniers jours, j'ai l'impression que ce moment a été rattaché par erreur au cours normal de ma vie. Une parenthèse que je ne souhaite pas refermer tout de suite. Je crois même que je vais me servir un whisky pour parfaire le moment.

Qu'il est bon de s'échapper quelques instants !

mardi 19 juin 2007

Les reconstructions liées

La séparation ouvre des plaies nombreuses et douloureuses. Jusqu'à récemment, les miennes étaient les seules à bénéficier de mon attention. Depuis peu, je me préoccupe également des siennes, persuadé que nos rétablissements sont liés. Si la cause du mal est la même, nos plaies sont différentes, notre thérapie également. Alors que j'ai besoin de sa présence pour m'en occuper, elle a besoin de solitude pour panser les siennes.

Trouver un point d'entente pour concilier les deux soins a été douloureux. J'ai souffert de ne pas pouvoir la retrouver, elle a souffert de ne pas pouvoir m'offrir plus. Nous avons convenu de garder notre complicité, notre partage à distance, sans aller plus loin le temps que ses blessures soient moins douloureuses. Je sais que ma guérison s'en trouvera ralentie, je sais également que sans l'espoir de l'avoir près de moi pour finir de me soigner, je risque une infection bien plus grande. Mes sentiments se révèlent dans la peur et la douleur, mais l'espoir qui subsiste rend l'ensemble plus supportable.

lundi 18 juin 2007

Le poids de l'incertitude

Sortir d'une relation qui a échoué provoque nécessairement des doutes. Des doutes sur l'image que vous renvoyez de vous, des doutes sur votre capacité à entretenir une relation stable. À ces doutes se rajoutent la peur de se tromper dans ces choix. Tout cela pèse énormément, encore plus quand vous essayez de construire une relation sans pouvoir se retrouver facilement.

Face à ces doutes, il y a deux attitudes. On peut se dire que malgré tout, ce qui nous rapproche vaut la peine de continuer, peu importe les circonstances ou se dire que ces circonstances sont justement trop complexes pour aller de l'avant. Mon choix va clairement pour la première solution, elle doute encore. Je la comprends, je ne peux pas lui en vouloir, moi aussi je trouve cela complexe. Le plus difficile est de savoir que quoi que je dise, quoi que je fasse, je n'aurai qu'une influence minime sur son choix, car ce n'est pas moi qui suis en cause.

Peur et sentiments

J'avais commencé une réflexion sur les raisons de ma peur sans réellement trouver les mots, faute d'avoir un minimum clarifier mon esprit à ce sujet. Il a fallu que j'aborde le sujet avec elle pour choisir d'aborder le sujet ici sur les bases des idées nées de cette discussion.

La séparation se nourrit de critiques de l'autre, de sentiments de gêne, plus ou moins clairement exprimées. Ces points négatifs sont dès lors autant d'éléments que je souhaitais éviter de retrouver. Aussi, trouver quelqu'un qui, parmi ses qualités, compte celle de ne pas reproduire ces comportements me déstabilisaient. Cette rencontre, en plus de tout le plaisir qu'elle me donne est également la possibilité de me prouver que mon choix avait un sens, qu'il n'était pas le simple gâchis d'une relation dans une quête irréaliste. Tout cela exacerbe mes sentiments, fait que chaque petit pas en avant est un pas de géant et chaque doute provoque des angoisses incontrôlables.

vendredi 15 juin 2007

La découverte

Elle, donc. Arrivée sans que je ne me pense près pour cela. Ce n'est pas que je ne la cherchais pas, c'est juste que je ne pensais pas la trouver, un peu comme ces chercheurs de trésors qui tirent leur satisfaction dans leur recherche, sans réellement espérer une éventuelle trouvaille.

Le plaisir de parler de tout et de rien, de se trouver des points communs, d'apprécier le ton de l'autre. Jouer malgré soi le jeu de la séduction. Tomber sous le charme, sentir que je ne laisse pas indifférent. À ces moments enivrants se mêle une peur perfide, la peur de décevoir l'autre. Sans ces blessures récentes, cette peur est juste déplaisante, surtout au début d'une relation, quand l'engagement est faible. Par contre, quand les sentiments que vous développez vous aide à vous reconstruire, c'est différent. Imaginez grimper le long d'une échelle dont chaque barreau donne l'impression de vouloir rompre. La peur au ventre à chaque craquement. À chaque étape, le but est plus proche et vous vous sentez plus vulnérable. Les tensions, inévitables, provoquent des peurs irraisonnées.

La peur de la perdre laisse penser que tout ce que j'ai vécu jusqu'ici était justifié, que toutes mes décisions s'imposaient. Ressentir de nouveau des sentiments qui m'avaient fait défaut. Les certitudes renaissent dans la peur. Je ne me souvenais pas que la peur pouvait être accompagnée de sentiments aussi agréables.

mercredi 13 juin 2007

Réapprendre à être seul

J'ai finalement passé très peu de temps seul auparavant, si peu que je me suis retrouvé à devoir apprendre à l'être. Le plus difficile est l'absence de chaleur, de présence. C'est ce qui explique également le retour de mes insomnies. La présence rassurante n'est plus et la nuit est toujours propice aux interrogations.

Il faut du temps pour meubler le vide. L'avantage est qu'on est libre pour le meubler, on retrouve une liberté nouvelle. Elle ne semble pas naturelle mais elle est là et elle constitue le seul élément positif du changement, la seule source d'espoir.

Au loin, comme en réponse à cette liberté, il y a elle. Difficile de savoir si elle pourra aménager le vide. Le voudra-t-elle, l'aménagement pourrait-il me plaire ? Au moins il y a la place. Reste à savoir s'il est déjà temps de la remplir.

lundi 11 juin 2007

Reconstruire

Reconstruire soi même, ses plaisirs, sa vie. Sans ordre particulier, tout me semble plus ou moins lié, tout revient progressivement. Difficile, exaltant, vertigineux, plaisant, perturbant, décourageant, c'est tout cela à la fois, avec une rapidité pour passer d'un sentiment à l'autre qui est déconcertante.

Retrouver l'estime de soi est difficile. J'ai eu beau me dire que le temps, les circonstances étaient plus coupables que moi, il est difficile de s'en convaincre. Quand on s'octroie le rôle du Salaud, il colle à la peau. Comment faire autrement après tout, alors que je suis celui qui a entamé le processus, qui a embarqué l'autre dans le mouvement.

Refaire surface vient aussi lentement que naturellement, en prenant le temps. S'accrocher à quelques oreilles attentives pour partager le passé, trouver quelqu'un pour imaginer un après. Tomber sur elle par hasard. Espérer, enfin !