Le déversoir personnel

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samedi 24 octobre 2009

Vertige

Imaginez une conversation qui vous révèle une parfaite entente avec quelqu'un. Je ne parle pas de cette impression trop commune de connaître quelqu'un depuis longtemps au bout de quelques mots échangés, non. Il s'agit plutôt d'une progression constante et rapide, comme si vous profitiez malgré tout de toutes les étapes qui vous rapproche de quelqu'un. Comme si l'appréhension de l'autre se faisait aussi rapidement que naturellement. Le plaisir de découvrir au fil de la conversation ce que vous pouvez ou non vous permettre de dire, découvrir avec plaisir que cela correspond à vos propres limites. Sentir que ce que vous partagez est plus fort que tout ce que vous aviez pu rencontrer auparavant.

Ajoutez à cette complicité naturelle une beauté sans faille, de celles qui sont sublimées par l'innocence de leur propriétaire. Comment résister à tout cela si c'est accompagné de qualités humaines certaines, comme cette gentillesse qui pousse à faire plaisir gratuitement, à avoir peur de faire mal et de décevoir ou encore cette sincérité sans faille ?

J'ai connu tout cela et je devrais maintenant y renoncer ? Certes, on pourrait me dire que cela serait plus raisonnable. On pourrait oui, tenter d'opposer la raison aux sentiments. Je n'ai jamais été doué pour cela. Du bout des doigts, j'ai effleuré le bonheur. Juste assez pour y goûter et pour m'accoutumer à cette drogue dure.

Je suis monté si vite et si haut qu'il me sera dur de redescendre. Je suis sujet au vertige, il me faut du temps pour accepter de descendre et prendre le risque de tomber.

mardi 5 février 2008

Garder pour soi

Il m'est arrivé d’écrire pour essayer de faire le tri dans mes idées, pour y voir plus clair, pour mieux comprendre ce que je ressentais. Je l’ai parfois fait également pour essayer d'exorciser mes peines, mes doutes, ma douleur. Je l’ai enfin fait pour me convaincre de me raccrocher à certains moment, par peur de voir de bons souvenirs m’échapper.

Il y aurait tant à écrire sur ce début de février. Pourtant, je ne vais pas le faire. Il y a des choses si fragile qu’y poser des mots risque de les briser. Il y a des choses que je ne ressens pas le besoin d’écrire. Pas pour l'instant, peut-être jamais.

Je pensais mourir d’envie d’écrire tout cela. Non, je ne veux finalement que le garder pour moi, le garder pour nous.

jeudi 10 janvier 2008

L'inventaire du célibataire

Parler, douter, jouer, se prendre au jeu, être dépassé, se convaincre, croire, espérer, tenter, avoir peur, se perdre, attendre, rencontrer, se tromper, repartir. L'inventaire à la Prévert de ces derniers temps. Ne pas oublier qu'un jour la fin devrait changer. Il n'y a que ça pour ne pas sombrer.

mercredi 12 décembre 2007

Hommage à un membre de ma tribu

J’avais déjà parlé de l'ambiance que je crois avoir réussi à créer ici. Un cocon rassurant, où chaque lecteur régulier fait parti d'un cercle restreint de personne que j'apprécie, même si je n’ai jamais croisé certains d'entres eux. J'avais parlé de tribu numérique, reprenant maladroitement un terme galvaudé par son utilisation excessive quand on parle des sites « sociaux».

Si j’en reparle ce soir, c’est que demain, celle que je considère depuis longtemps comme ma blogueuse préférée fête ses cinq ans de blogging. Cela fait presque cinq ans que je la lis, cinq ans qu'elle laisse ceux qui veulent regarder par la serrure. C'est tout bête mais le texte de son anniversaire m’a touché, parce que je crois que tout ceux qui ont vécu le début des blogs peuvent s’y retrouver.

Alors voilà, ceci est ma façon de rendre hommage à ces cinq années. Merci pour tout mademoiselle Milky. Merci pour toutes les émotions que tu as partagées. Merci pour tous les sourires que tu as provoqués chez moi. Merci enfin d'avoir eu parfois, peut-être malgré toi, des mots réconfortants lors de nos trop rares échanges. Tu souhaites continuer au moins cinq ans, je ne peux que l’espérer aussi fort que toi, pour d’autres raisons, égoïstement.

mardi 11 décembre 2007

Réinventons moi une vie sociale

Passer une soirée avec un couple normal. Entendre des enfants se chamailler, geindre pour des conflits futiles. Se gausser de la prestation de l’olympique de Marseille en buvant une mirabelle de pays. Il y a des visites qui vous font penser que vous ne voyez pas certains amis assez souvent. Il y a des moments qui vous font oublier le reste. Loin de tout mes tracas quotidiens, de véritables vacances le temps d’une soirée.

mardi 9 octobre 2007

Ça tombe comme à Gravelotte

Lorsque je n'écris pas pendant plusieurs jours ici, plusieurs explications sont possibles. Je peux avoir trop de choses à dire et rien ne sort, ou alors je n'ai pas envie de parler, ou encore j'ai l'impression de me répéter ou enfin je pense à autre chose. C'est cette dernière explication qui est arrivé ces derniers temps. Du temps passé à s'occuper de moi, à panser mes blessures et à enfin me décider à repartir du bon pied.

J'ai fêté officieusement cela en recevant des amis dimanche, un bon repas et une dégustation de digestif très agréable. Whisky, armagnac, mirabelle et des amis avec qui partager tout cela... La vie est belle, c'est un évidence, il est temps d'oublier les tortures passées.

Ah oui, j'oubliais, le titre est un blague à caractère privé (oui, maintenant je traduis les anglicismes usuels).

mardi 7 août 2007

Le bonheur des autres

Une bonne soirée, avec des gens que je connais à peine, à parler de tout et de rien, sourire aux lèvres. Puis vient le départ. se retrouver seul, après avoir vu toutes ces personnes en couple, provoque une impression de vide immense. J'ai besoin de pouvoir retrouver quelqu'un régulièrement, ce manque me pèse ce soir. Le bonheur des autres, à froid, me fait un mal fou.

Ce n'est pas que je les envie, c'est que j'ai l'impression d'avoir cela à porter de main sans pouvoir le toucher. L'impression soudaine que je n'ai rien à me raccrocher. Je sais que ce n'est que passager, que c'est le contexte qui crée ce manque, mais cela ne rend pas l'instant plus facile à vivre.

Entretenir l'espoir

Nous sommes passé du stade du refus à celui de l'hésitation. Plus clairement, nos retrouvailles sont plus probables qu'avant. Je m'en réjoui, certainement plus que je ne le devrais, peut-être trop, tellement que je me mets à le craindre.

Depuis cette hésitation, je me suis mis en tête, sans pouvoir me raisonner, que je la verrai bientôt. J'ai peur d'un brutal à la réalité. Je sais bien qu'une hésitation n'est pas un accord mais rien n'y fait. Avec cet espoir irraisonné est remonté à la surface le besoin d'une présence, de pouvoir simplement être à son contact.

L'envie, l'espoir et les sentiments prennent le pas sur la raison, une fois de plus. Je suis toujours agréablement apeuré par le vertige qui s'empare de moi dans ces moments là. J'aime le sentiment actuel mais je ne peux m'empêcher de me demander comment cela va évoluer.

lundi 23 juillet 2007

La valise

Samedi matin, le téléphone me tire hors du sommeil. L'employé de chronopost ayant vu que je n'étais pas chez moi me demande s'il peut laisser ma valise chez ma voisine. Je le maudis et lui souhaite le bonjour de la part de mon mal de tête avant d'accepter sa proposition. Ma valise a déjà une semaine de retard, c'est bien suffisant. Dimanche soir, de retour chez moi, je me décide donc d'aller rechercher ma valise chez la voisine. Depuis que je suis arrivé, je n'ai pas le souvenir de l'avoir croisée.

La sonnette laisse échapper des sons calqués sur ceux du carillon de big ben. Le kitch de la mélodie m'amuse. La vieille femme m'ouvre avec un sourire. Elle me propose d'entrer quelques instants, la politesse m'oblige à accepter. Elle fait taire les chiens qui jappent au loin, m'invite à m'assoir sur une chaise de cuisine. C'est une vielle cuisine, les peintures sont jaunies et certainement gorgées de plombs, le carrelage est blanchâtre, les éléments dépareillés. Je distingue le tic-tac désynchronisés de plusieurs horloges. La scène, le décor, tout à ce moment là n'est que clichés. Elle me propose une bière que j'accepte, elle la pose avec un verre sur la nappe sale et s'assied à coté de moi avant d'engager une conversation faite de banalités. J'ai l'impression de vivre un mélange de strip-tease et de chacun cherche son chat. Le pittoresque de la situation suffit à la rendre agréable. Moi qui n'avais jusque là jamais compris que les réalisateurs puisse affirmer que leur reportage ne contenaient aucun sarcasme, je réalise alors. Alors que la situation pourrait virer au comique vu de l'extérieur, je la vis comme quelque chose de touchant.

Une heure après, alors que nous discutions de la magnifique année à fruits que l'on traverse, je décide qu'il est temps de partir. J'attends poliment le prochain silence pour prendre congé. Quand je me lève, elle me dit que, maintenant, je sais à qui m'adresser si j'ai besoin de quelque chose. La proposition sonne presque comme une supplique. Je la remercie et rentre enfin chez moi. J'ai vécu une heure à coté de mon monde, le dépaysement était plus grand en face de chez moi qu'il y a une dizaine de jours, de l'autre coté de l'océan.

mercredi 18 juillet 2007

Rencontre de voyage

Paris, dimanche dernier, 15h30 environ. Alors que je me traine littéralement de la gare du nord à la gare de l'est, las de ce voyage qui n'en fini pas, un homme m'aborde en me demandant si je parle anglais. Quand je réponds que oui, il enchaîne en me demandant s'il est bien en direction de la gare de l'Est. Je lui explique que je m'y rends, qu'il n'a qu'à me suivre. Nous en profitons pour discuter. Il est allemand, il est venu avec son fils pour le week-end et cherchait un billet retour pour retourner chez lui. Il est étonné par le faible nombre de personne parlant anglais ici. Il était étonné par le monde présent le 14 juillet. Je lui explique que c'est le jour de la fête nationale, lui parle de révolution française et de Bastille.

Tout cela est finalement anodin mais ces quelques instants m'ont sorti de ma torpeur. C'était quelques minutes d'humanité dans une journée interminable. Tellement interminable que je n'ai déjà plus le souvenir de la façon dont nous nous sommes séparés. J'aime ces rencontre insignifiantes, ces moments dont l'atout principal est d'être futile, de vous libérer quelques instants de ce que vous vivez.

mercredi 11 juillet 2007

Les aventures de Salt Lake City (2)

J'ai toujours du mal à changer de langue. Mon anglais n'est pas trop mauvais mais les premiers moments sont toujours difficiles, comme s'il me fallait du temps pour démarrer la partie de mon cerveau qui s'occupe de la traduction. Là, au milieu de l'aéroport, la situation et la fatigue ne m'aidait pas. Je commençais tant bien que mal à expliquer ma situation au personnel de l'aéroport qui me dit de voir cela avec la compagnie aérienne. La file d'attente pour accéder au comptoir Delta est longue, certainement à cause du retard de l'avion. J'arrive enfin face à une employée de la compagnie. Je lui explique en cherchant mes mots la situation et fini par me faire comprendre. Après plusieurs coups de fil et appel radio, elle trouve quelqu'un pour chercher mes billets et me crée déjà un coupon de vol pour le prochain départ pour Salt Lake City, dans une heure et demi.

Je la remercie et regarde le chaos devant moi : Le transit des bagages est effectué manuellement. Du fait du passage à la douane, la totalité des voyageurs en transit ont sorti leur bagage et les dépose dans la salle de transit, où les employés doivent finir par les renvoyer dans le circuit classique de tri. Le problème est que les voyageurs sont trop nombreux et les employés débordés. Il ne reste plus que de minces passages pour circuler dans le grand hall, le reste du sol est jonché de bagages.

Assis dans le hall, je fait la brève connaissance d'une mexicaine qui scrute les bagages qui sont déplacés vers les tapis pour retrouver le sien. Nous échangeons quelques banalités. Cela me fait du bien de parler anglais dans un contexte plus détendu. Elle finit par retrouver presque par miracle son bagage et me laisse en me saluant une dernière fois. Cela fait maintenant trois quart d'heure que j'attends, je repasse au comptoir delta où j'apprends que mes billets n'ont toujours pas été trouvé et que je vais devoir continuer sans mes tickets. Je vais donc rejoindre mon vol pour Salt Lake City. Il est 9 heures du soir quand l'avion décolle, plus de deux heures du matin en France. Je ressens la fatigue mais n'éprouve pas le besoin de dormir.

jeudi 5 juillet 2007

S'évader

Dimanche, je partirai pour une semaine aux États-Unis. Bien que le voyage ne me réjouisse guère, il se pourrait qu'il me fasse du bien. Découvrir de nouveaux lieux, faire des rencontres, tout cela va permettre d'oublier les réflexions incessantes et inutiles qui m'habitent.

Lors de mes précédents voyages, il m'est arrivé d'écrire. En Inde notamment, où j'avais eu envie de capturer quelques rencontres. Là aussi, j'ai fini par tout détruire. Ces écrits sont ceux que je regrette le plus, peut-être parce qu'ils sont ceux dont je me souviens le plus clairement. De ces rencontres, il me reste le souvenir mais comment m'assurer que celui ci n'a pas évolué avec le temps. L'écrit a cette force de capturer l'instant, de ne pas laisser un moment devenir un souvenir. C'est pour cela que je continue à écrire ici, même quand je me dis que je tourne en rond. La répétition des situations, de tous les sentiments qui m'assaillent, tout cela doit être là. C'est aussi pour cela que, cette fois, les mots qui seront dans mon carnet finiront certainement ici.

lundi 2 juillet 2007

La tête et le ventre

Je suis allongé sur le lit. Le jour transperce les lames du volet. La passion des premiers instants à laisser la place à un moment plus calme. Elle est là, contre moi. Sa tête repose sur mon ventre.

Je ne sais plus de quoi on parlait à ce moment là ; cela n'a guère d'importance. Par contre je me souviens de sa voix, que je n'avais alors pas fini d'adopter. Cette voix douce et espiègle, presque enfantine, si touchante. Le poids de sa tête sur mon ventre, ma main dans ses cheveux, le calme à peine troublé par notre conversation, nos corps nus. Si simple, si beau.

Souvent après cet instant, après être reparti, je lui ai dit que ce qui me manquait le plus, c'était de sentir sa tête sur mon ventre. À chaque fois, cette image me revenait. Cette image et les mots d'Abd Al Malik dans m'effacer :

Même si c'la m'essouffle, même si c'la ne dure qu'une seconde,
Ma vie j'la donnerais pour pouvoir vivre cette seconde,
Caresser au moins de l'œil cette seconde, entr'apercevoir les ailes de cette seconde.

samedi 30 juin 2007

L'appartement

Le trajet a duré un peu moins d'une heure. J'ai découvert les décors, j'ai traversé son monde. Nous avons discuté de tout et de rien, plaisantant et taquinant l'autre. J'ai perdu dix ans, j'ai retrouvé une insouciance que les derniers mois m'avaient enlevé. Enfin nous arrivons à son appartement. Nous sommes fatigués mais le plaisir d'être enfin ensemble l'emporte.

Là, seuls, à l'abri des regards, le monde peut s'arrêter. Nous avons enfin tout le temps de nous découvrir, d'explorer le corps de l'autre. Alors que jusque là nous nous comportions comme des amants qui se connaissaient si bien, la fébrilité de la découverte de l'autre reprend maintenant le dessus. Il s'agit bien d'une première fois, avec tout le plaisir, la symbolique et l'excitation qui y sont attachés. Il y a cette peau, si douce. Sa saveur, si particulière. La découverte de son corps, le plaisir des sens, tout ce qui me hante encore maintenant. Ce matin là, nous avons fait l'amour ensemble pour la première fois.

J'aurais aimé trouvé les mots pour exprimer le plaisir que cela m'a (nous a) procuré mais j'ai l'impression qu'il me faudrait pour cela tenter de dissocier le plaisir de l'acte, celui du plaisir de cette première fois et les sentiments qui étaient déjà là et qui se sont développés depuis. J'ai l'impression que je briserais l'alchimie fragile qui fait de ce moment un souvenir unique, magique. J'en resterai donc là. Le sourire aux lèvres à la relecture de mes mots.

jeudi 28 juin 2007

Le quai

Le train ralentit pour entrer en gare. Il est tôt, après avoir dormi pendant une grande partie du trajet, je me suis réveillé il y a un quart d'heure environ. Le temps de me rafraichir et de lire un peu. Le train est vraiment un emplacement pour lire, j'ai même fini par ne plus ressentir le mal des transports à force de pratiquer. L'annonce de la gare vient d'avoir lieu. Comme les quelques voyageurs qui descendent ici, je rejoins la porte et j'attends fébrilement. Le bruit si particulier signalant que le déverrouillage des portes se fait entendre. Une femme devant moi ouvre la porte.

Je sors enfin. Je regarde autour de moi et me rappelle que je ne lui ai pas donné le numéro de ma voiture. Je la cherche un instant au hasard dans la foule. Je croise au passage des couples qui s'enlacent ; j'aime l'ambiance des quais de gares. Je finis par l'appeler, elle est à l'autre bout du quai. Je presse le pas, comme si chaque minute comptait déjà. Enfin je la vois, si belle. Nous nous sourions, alors que je ne savais pas trop si j'allais oser, elle m'embrasse. Nous quittons le quai comme si nous avions toujours été ensemble, c'était notre première rencontre.

mardi 26 juin 2007

Images du retour

Hier, en revenant de ma journée de travail, deux petits évènements du quotidien m'ont donné le sourire.

Il y a d'abord eu ce couple, la soixantaine approchante. Elle marchant devant lui, ils semblaient converser lorsque je les ai vu au loin. En m'approchant, je vois la femme se retourner et enlacer l'homme, un échange d'une tendresse et d'une force émouvantes. Arrivé à leur hauteur, ils s'embrassent, toujours dans les bras l'un de l'autre. Il se dégage de leur passion quelque chose de plus fort que bien des démonstrations d'affection que j'ai pu voir ; leur âge, le décor triste du lieu, surtout en cette journée d'orage, tout cela rend leur union plus magnifique. Ils sont beaux, tout simplement. Je les dépasse. Dans le rétroviseur, je les vois qui ont repris leur marche, comme si je devais être témoin de la scène.

Il y a eu ensuite ces trois gamins. Jouant entre eux au loin avant de disparaitre à travers un trou soigneusement découpé dans le grillage pour se rendre dans un parc public. Un peu plus loin, je découvre la grille du parc, fermée, cadenassée, avec à ses cotés une plaque rouillée mentionnant les horaires d'ouverture. J'ai repensé politique un instant, ces mots me sont revenus à l'esprit : Je propose aux Français de rompre réellement avec l’esprit, avec les comportements, avec les idées de mai 68. […] Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l’autorité, avec le travail, avec la nation. Sans le savoir, ces enfants, à leur niveau, sont entrés en résistance. L'innocence est un excellent rempart contre l'autorité quand elle devient envahissante.

J'arrive enfin. C'est si beau le hasard des rencontres.

mercredi 13 juin 2007

Réapprendre à être seul

J'ai finalement passé très peu de temps seul auparavant, si peu que je me suis retrouvé à devoir apprendre à l'être. Le plus difficile est l'absence de chaleur, de présence. C'est ce qui explique également le retour de mes insomnies. La présence rassurante n'est plus et la nuit est toujours propice aux interrogations.

Il faut du temps pour meubler le vide. L'avantage est qu'on est libre pour le meubler, on retrouve une liberté nouvelle. Elle ne semble pas naturelle mais elle est là et elle constitue le seul élément positif du changement, la seule source d'espoir.

Au loin, comme en réponse à cette liberté, il y a elle. Difficile de savoir si elle pourra aménager le vide. Le voudra-t-elle, l'aménagement pourrait-il me plaire ? Au moins il y a la place. Reste à savoir s'il est déjà temps de la remplir.

lundi 11 juin 2007

Reconstruire

Reconstruire soi même, ses plaisirs, sa vie. Sans ordre particulier, tout me semble plus ou moins lié, tout revient progressivement. Difficile, exaltant, vertigineux, plaisant, perturbant, décourageant, c'est tout cela à la fois, avec une rapidité pour passer d'un sentiment à l'autre qui est déconcertante.

Retrouver l'estime de soi est difficile. J'ai eu beau me dire que le temps, les circonstances étaient plus coupables que moi, il est difficile de s'en convaincre. Quand on s'octroie le rôle du Salaud, il colle à la peau. Comment faire autrement après tout, alors que je suis celui qui a entamé le processus, qui a embarqué l'autre dans le mouvement.

Refaire surface vient aussi lentement que naturellement, en prenant le temps. S'accrocher à quelques oreilles attentives pour partager le passé, trouver quelqu'un pour imaginer un après. Tomber sur elle par hasard. Espérer, enfin !