Le déversoir personnel

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samedi 19 septembre 2009

Réouverture

Il y a un an environ que rien n'était venu troublé le calme de ces lieux. Un an que je conservais égoïstement en silence tout le bonheur qu'elle m'avait apporté. Par choix, parce qu'elle ne souhaitait pas le partager, parce que nous le voulions pour nous. Il m'a toujours semblé plus simple de partager mes peines que mes joies, cela me convenait donc plutôt bien. Il a fallu que je remette tout cela en cause pour revenir en parler.

Un an environ à oublier que l'amour pouvait être autre chose que source de plaisir et de joie, à oublier que l'on peut en souffrir. Un bonheur complet, total, de ceux que l'on n'ose évoquer sous peine de passer pour un affabulateur, de ceux que l'on accompagne généralement d'une pointe d'ironie quand on les évoque, juste pour conjurer le sort et ne pas passer pour un doux rêveur.

J'ai fini par faire ce qu'il fallait pour y mettre fin, sans réussir à comprendre pourquoi j'agissais ainsi. J'ai tenté en vain de recoller les morceaux, de sauver ce qui pouvait encore l'être. C'est malheureusement le genre d'entreprise que la volonté seule n'arrive pas à achever.

Le déversoir est rouvert, les insomnies sont revenues.

jeudi 31 janvier 2008

Point final

J’avais commencé à écrire ici en parlant de cette histoire. Ce week-end, elle viendra rechercher ses dernières affaires ici. Ce matin, j'ai réécouté « à prendre » de Christophe Miossec en me levant. Les paroles du déménagement m'ont rappeler un souvenir lointain :

On a réuni tant d'affaires pour se faire exister
Pour se donner l'air d'en prendre pour perpétuité
En encombrant l'atmosphère en vivant en apnée

[…]

On a accumulé un enfer dont il faut se séparer
C'est aujourd'hui que l'on se délaisse
C'est aujourd'hui que l'on se chasse
Pour une nouvelle adresse
Pour une nouvelle impasse
Pour ailleurs aller poser nos fesses
Pour ailleurs aller reprendre une place

Tout cela est tellement vrai. Ce week-end, elle sera chez moi, à déménager, seule. Je serai ailleurs.

lundi 21 janvier 2008

Intermède musical (14)

Avant de trouver le sommeil, je repense à sa tristesse. Il va lui falloir souffrir pour apprendre à oublier, attendre que le temps lisse la douleur. Je ne peux rien faire. Je repense à son désespoir, à sa tristesse. Les mots de The blower’s Daughter de Damien Rice me viennent à l'esprit. Si proche de notre conversation de ce soir, si proche et si loin de moi…

I can't take my eyes off of you
did i say that i loathe you?
did i say that i want to
leave it all behind?
I can't take my mind off of you
my mind
’til i find somebody new

Damien Rice – The Blower's Daugther

dimanche 20 janvier 2008

L’empathie

Il y a des conversations qui vous replongent dans votre passé. Le souvenir est encore proche. Quand on me parle de la douleur d'une séparation, les cicatrices de ce passé proche me démangent. Le plus terrible c’est de savoir à quel point ces moments sont difficiles et de ne pouvoir rien faire ; le seul remède valable est le temps qui passe. Spectateur impuissant, je partage une part de la douleur, sans pour autant soulager l’autre.

samedi 29 décembre 2007

Retour en provence

C’était il y a quatre mois, à quelques jour près. Me revoilà dans le sud. Le trajet a été chargé de souvenirs. Les panneaux indicateurs, la musique, les lieux, tout est là pour me rappeler les pires instants de ce qu’Isabelle m’a permis de m’offrir (j’ai failli écrire, qu'elle m'a offert mais j’ai été grandement responsable de ces moments de perdition.) Ces jours entiers où j’affrontais seul le déclin de notre relation, avec un mélange de peur et de rage au ventre, à m’en rendre malade, à m’enfermer pour attendre que les sanglots passent.

Malgré tout cela, je vais incroyablement bien. J’y pense encore, ces mots en sont d'ailleurs une preuve mais je ne souffre plus, je suis prêt pour autre chose. C'est assez agréable et étonnant d'ailleurs d'arriver à repenser à tout cela avec nostalgie, rien de plus, en enfermant ces évènements dans le passé. Je craignais un désagréable retour en arrière, c’est plutôt la confirmation d'un changement d’ère.

jeudi 20 décembre 2007

Intermède musical (12)

Tool est certainement le groupe de metal progressif que j'apprécie le plus. Des compositions soigné, une musique finalement assez accessible pour ce style de musique, et un talent hors-norme, autant pour la composition et l'interprétation que pour l'écriture. Des textes intelligents, touchants. En écho à un texte récent sur les erreurs de jugement qui a fait réagir Pascale, j'ai réécouté Schism avec un intérêt tout particulier. Rythmes changeants, ligne de voix saccadée mais globalement douce, très grande maitrise technique, ce morceau est très représentatif de l'œuvre de Tool.

I know the pieces fit cuz I watched them tumble down
no fault, none to blame it doesn't mean I don't desire to
point the finger, blame the other, watch the temple topple over.
To bring the pieces back together, rediscover communication.

ToolSchism

P.S. : Cadeau de Noël, voilà le morceau :

mercredi 12 décembre 2007

L’erreur

Il arrive souvent que l'on entende quelqu'un dire qu'il s'est trompé sur une autre personne. J'avoue moi même avoir cette tentation parfois. Et pourtant… Pourtant, je ne crois pas, sauf cas exceptionnel, en cette idée. Je ne crois pas que l'on puisse avoir un faux jugement sur une personne. Je pense au contraire qu'une personne peut avoir plusieurs facettes et que l'on peut être surpris de celles que l'on découvre avec le temps. On pourrait me rétorquer que je joue sur le mots, mais je pense que la différence est plus profonde. Avec ma vision des choses, la personne que l'on a connu, appréciée ou aimée est toujours présente, même si la réalité déçoit. On sait que ce qui a changé, ce sont les circonstances, pas la personne. Je trouve cette idée beaucoup moins traumatisante qu'une simple erreur de jugement. C'est peut-être également pour cela que je m'y rattache. Il est tellement plus simple de camoufler ses erreurs dans la philanthropie.

jeudi 8 novembre 2007

L'officialisation

J'avais décidé seul de mettre fin à mes espoirs. Notre histoire ne s'est jamais véritablement terminée, elle s’est étiolée. Elle a commencé il y a six mois ; hier, le cadavre est revenu à la vie. Un message, réponse à mes vaines tentatives de contact de ces dernières semaines. Une explication du silence : c’est plus simple ainsi.

C'était hier et j'en rage encore. Je pensais mérité un minimum de considération. Je nous en veux. Je lui en veux d’être lâche, je m’en veux d’avoir été si mal pour ça. Il ne reste de tout ça qu'une formidable période, avec des hauts et des bas parmi les plus intenses de ma vie sentimentale.

Le final n'est pas à la hauteur, je m’en doutais, mais je le surestimais encore.

lundi 22 octobre 2007

La distance

La distance a souvent joué le rôle du lampiste quand il a fallu expliquer les difficultés de ma relation avec Isabelle. Avec le recul, j'ai l'impression qu'elle n'a fait qu'exacerber ce qui était présent. Ses doutes, mon envie, mes sentiments. Passer du temps sans se voir, c'est avancer chacun dans sa direction, sans moyen de se synchroniser. Nous n'avons pas pris la même direction, nous nous somme éloignés. J'ai si longtemps cru que je prenais le bon chemin, si longtemps espérer qu'à un moment donné ma route recroise la sienne.

Bien sûr, plus près, nous aurions plus nous concerter plus facilement pour savoir où aller, mais plus que les kilomètres qui nous séparaient, c'est notre façon de les appréhender qui a conduit à cet échec.

Me revoilà à évoquer cette relation, incapable de tourner définitivement cette page tant que je n'aurai pas d'idée précise de ce que je pourrai écrire ensuite. Il y a une différence de taille, il n'y a plus de douleur dans mes mots. C'est mieux, même si je suis nostalgique de la passion qui m'habitait, aussi destructrice qu'elle ait été.

samedi 22 septembre 2007

Intermède littéraire (1)

[…] il aimait alors imaginer la femme qu’il avait laisser. C’était l’heure, en effet, où il pouvait se saisir d'elle. À quatre heures du matin, on ne fait rien en général et l’on dort, même si la nuit a été une nuit de trahison. Oui, on dort à cette heure là et cela est rassurant puisque le grand désir d’un cœur inquiet est de posséder interminablement l’être qu’il aime ou de pouvoir plonger cet être, quand le temps de l'’absence est venu, dans un sommeil sans rêves, qui ne puisse prendre fin qu’au jour de la réunion.

— Albert Camus, La peste

mercredi 12 septembre 2007

Delilah, encore

À croire que s'il fallait une bande son à ma vie, Delilah des Dresden Dolls pourrait sans problème être candidat pour cette année 2007. J'avais déjà expliqué qu'elle m'avait accompagné souvent lors de ma séparation, avec le crescendo dramatique de sa musique et son thème chargé d'émotion. Elle est ensuite revenue régulièrement à a surface, m'enveloppant de ses notes les soirs de déprime.

Ce qui suit m'oblige à décrire brièvement le contenu des paroles, sous peine de paraitre abscons (c'est bien la première fois ici que je me force à faire une digression pour mes lecteurs, j'avoue ne pas aimer cela, j'ai l'impression d'écrire pour vous plus que pour moi). Delilah vit une histoire difficile, avec un homme qui la néglige et qui la bat, mais qu'elle ne peut s'empêcher de rejoindre après chaque séparation. La chanson correspond aux conseils musclés et francs de l'amie de Delilah qui cherche à lui faire comprendre que cette relation la détruit.

Depuis quelques jours, j'ai le rôle du personnage principal de cette chanson. Ma Delilah n'est pas battue mais je connais les affres des déceptions amoureuses, je crains qu'elle ne leur fasse bientôt face. Je sais que les similitudes entre ce qu'elle vit et la chanson iront jusqu'au refus de mes conseils. Je sais qu'il lui arrive de passer par ici, si elle lit ses mots, je voudrais juste lui dire que le moment venu, je serai là pour les dernières paroles de la chanson.

dimanche 9 septembre 2007

La parenthèse

Il restera toujours quelque chose : des souvenirs inoubliables, des plaisirs intenses partagés, sa voix, tous les moments que j'ai pris le temps de décrire ici. Tout cela constitue la partie positive de toutes cette période. Il y a le pendant négatif, l'idée d'être passé à coté de quelque chose, de ne pas avoir réussi à trouver les mots, la façon de faire et bien sûr, la torture que je me suis infligé pendant ce temps. Je crois avoir fait mon possible, à défaut d'avoir fait de mon mieux. Enfin, il y a l'inconnu : essayer de conserver malgré tout une amitié rendue si fragile au milieu de tous ces heurs.

Est-ce arrivé trop tôt, trop vite ? Ai-je été trop insistant ? Après tout qu'importe. Il est tant de refermer cette parenthèse, tant de se remettre de toutes ces crises. Bizarrement cette histoire ne s'est pas véritablement terminée, elle reste en suspension, attachée maintenant à sa seule décision et à l'incertitude de nos avenirs.

En écrivant ces mots, je pleure une dernière fois en pensant à elle, avec beaucoup moins de tristesse et un peu de mélancolie. Les choses ont changé.

mardi 17 juillet 2007

Jouer à l'extérieur

En football, il y a des équipes dont la tactique change quand elles vont jouer chez leur adversaire. Elles étudient la tactique de leur adversaire et joue en conséquence. D'autres jouent sans aucun calcul, considérant que leur qualités propres sont suffisantes pour faire basculer la partie à leur avantage.

Longtemps, j'ai vécu mes relations amoureuses comme ces équipes qui adaptent leur jeu. J'ai surtout pensé au bonheur de l'autre, oubliant mes propres envies pour y arriver. À tel point que lorsque le moment était venu de partir, ma décision a surpris. Aujourd'hui, j'ai pris conscience que ce genre de comportement est inadapté si l'on souhaite prendre du plaisir. Cela se passe d'autant mieux avec quelqu'un qui me permet d'être moi même sans me sentir mal à l'aise, qui a un comportement qui me convient. C'est pour cela que je crois en nous, que je m'y attache.

samedi 14 juillet 2007

La fragilité de la convalescence

Je suis descendu bien bas quand je me suis séparé. Je crois l'avoir déjà expliqué mais à la tristesse du constat de la fin de l'amour, s'ajoutait le malaise d'être celui qui a mis fin à cette relation. Devoir supporter la rupture et la culpabilité, c'est certainement la double peine classique de celui qui part sans se moquer de ce que peut éprouver l'autre. Dans ce contexte, l'arrivée d'Isabelle a chamboulé une lente et douloureuse convalescence. Les espoirs que j'ai placé dans notre relation a accéléré mon rétablissement pendant un temps. Après, mon impatience a fait que j'ai replongé lentement dans une peur destructrice dont les écrits publiés ici sont la démonstration.

Aujourd'hui, ou hier puisque je suis toujours à cheval entre les deux horaires, elle m'a mis face à la réalité de ce que j'étais devenu ces derniers temps. Je crois qu'elle seule pouvait me faire réagir. Ne plus se nourrir des peurs mais des espoirs, revenir à ce que notre relation m'a apporté, revenir à l'essence du plaisir. Reprendre la convalescence, lentement, en regardant ce qui va mieux au lieu de regarder ce qui ne va toujours pas.

lundi 11 juin 2007

Reconstruire

Reconstruire soi même, ses plaisirs, sa vie. Sans ordre particulier, tout me semble plus ou moins lié, tout revient progressivement. Difficile, exaltant, vertigineux, plaisant, perturbant, décourageant, c'est tout cela à la fois, avec une rapidité pour passer d'un sentiment à l'autre qui est déconcertante.

Retrouver l'estime de soi est difficile. J'ai eu beau me dire que le temps, les circonstances étaient plus coupables que moi, il est difficile de s'en convaincre. Quand on s'octroie le rôle du Salaud, il colle à la peau. Comment faire autrement après tout, alors que je suis celui qui a entamé le processus, qui a embarqué l'autre dans le mouvement.

Refaire surface vient aussi lentement que naturellement, en prenant le temps. S'accrocher à quelques oreilles attentives pour partager le passé, trouver quelqu'un pour imaginer un après. Tomber sur elle par hasard. Espérer, enfin !

samedi 9 juin 2007

Intermède musical (1)

Je crois manquer totalement d'originalité en disant qu'il y a dans chaque crise que je traverse au moins une chanson qui la marque. Ces instants ont été marqués par Delilah des Dresden Dolls. Le crescendo de la chanson accompagnait mes trajets et mes pensées :

so don't cry delilah
you're still alive delilah
you need a ride delilah?
let's see how fast this thing can go...

La bascule

La bascule dont je parle dans le billet précédent est aussi longue à observer qu'elle est douloureuse. L'impression que la douleur augmente avec le mouvement. Savoir que si le mouvement est déjà lent, la douleur lui survivra encore longtemps. Passé le point d'équilibre, endosser le rôle du salaud qui gâche et détruit ce qui a été bâti. Rajouter à ma propre déception celle de l'autre. Passer des nuits à penser aux conséquences de mes actes, en regardant le point d'équilibre qui s'éloigne et en pleurant. S'en vouloir et le faire payer aux autres.

Changer, sans avoir l'impression de pouvoir le contrôler afin d'amortir la fin de la bascule. Devenir invivable, pas seulement parce que les autres agacent, mais surtout parce qu'on manque de considération pour soi et ce qu'on a démarré.

La route vers le dernier brin

Il y a tous ces petits signes qui font que je me sens mal à un moment où, au contraire, tous les signaux extérieurs semblent positifs. C'est ce décalage qui sert de révélateur. Déterminer ce qui ne va pas, trouver tout cela ridicule. Le diable est dans les détails, cela se vérifie une fois de plus. Ce sont ces petites choses du quotidien qui bloquent, peut être parce que les circonstances font qu'il n'y a pas d'autre soucis majeur.

Passer par le refus de toute remise en question, ne pas céder aux évidences. Puisque tout passe depuis si longtemps, pourquoi changer ? Pourquoi aurions-nous changé ? Souffrir d'en parler, par peur de précipiter les choses. Laisser le temps jouer son rôle de siphon, emportant avec lui les dernières résistances.

Sans l'envisager réellement, commencer à imaginer un après. Amputer une partie du passé, souffrir au présent, le vide du futur ; les mécanismes de protection se mettent en place. Rien de bien nouveau, ils reviennent avec les sirènes du confort à chaque doute. La différence est qu'ils sont aujourd'hui trop faibles, ils ont laissé la place au désarroi des derniers jours, aux doutes du présent, aux peurs du recommencement du futur. La balance est passée à l'équilibre. Il est temps de regarder la bascule, comme si je n'en avais pas le contrôle.

vendredi 8 juin 2007

Le déclencheur

Je n'ai pas encore expliqué pourquoi je voulais parler. Le dernier billet ne faisait qu'expliquer pourquoi je voulais le faire ici il ne donnait pas la raison de ce besoin d'écrire.

Une histoire sentimentale, des mots à mettre sur une séparation, sur l'après. J'ai failli parler de rupture avant de me reprendre. Il ne s'agit pas de rupture, ce n'est pas si brutale. Un peu comme l'image d'une corde qui cède brin par brin sous le coup d'une tension qui augmente. Les idées se bousculent dans ce genre de situation. À défaut d'y mettre de l'ordre, j'avais envie de les clarifier en y collant mes mots, d'en garder une trace et de tenter de les distinguer.