Le déversoir personnel

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jeudi 22 octobre 2009

Animal social

Hier, très bonne soirée concert, dans ce petit bar de Metz. L’ambiance est bonne, la musique également. Tous les éléments sont là pour que je passe une soirée réussie.

Pourtant, mon cerveau ne cesse de me rappeler que ces moments là, je veux les partager. Égoïstement, j’ai besoin d'une autre. Il m’est impossible de profiter pleinement de ces moments seul. Pris dans mes contradictions, je sortais peu en étant en couple, je dévore la vie seul. Cela rend le plaisir encore un peu plus amer. J’ai envie de laisser tout cela de coté, de me laisser porter par la musique. Impossible, son absence me revient en flash. J’aimerais tant, exactement là, pouvoir échanger avec elle, même d'un simple regard complice.

La solitude me pèse jusque dans les moments de plaisir.

dimanche 18 octobre 2009

Sans surprise

Tous les jours de semaine, ma grand-mère, après le journal de treize heures de TF1, s'installe dans son canapé usé pour regarder les feux de l'amour. Elle le faisait déjà quand, petit, je passais certaines journées de vacances chez elle. La seule chose qui a changé dans son rituel, c'est que mon grand-père n'est plus là pour siffloter dans son dos pour l'empêcher de suivre tranquillement le passionnant feuilleton.

Tous les soirs du week-end, après avoir fini une activité sociale quelconque, je me retrouve tranquillement dans mon lit, accompagné de mon spleen. Le temps passe, les raisons changent, l'horaire, l'évolution des choses restent les-mêmes. Je m'y habitue, je sais maintenant que tout prendra fin lentement avec ce sommeil si difficile à obtenir. Je sais que la musique qui me tire des souvenirs est un mal nécessaire. Je sais que ce cycle finira par prendre fin, un jour.

jeudi 8 octobre 2009

Détourner la douleur

Voilà une semaine que je suis en congés, une semaine que je m'active comme je l'avais rarement fait par le passé pendant mes périodes de repos. Tout plutôt que de rester immobile. Peu importe si je dois tourner en rond, peu importe si j'erre sans but, tant que je bouge j'évite de couler.

Les congés ont pris fin, le tumulte de ces derniers jours a laissé place au calme de ce qui devrait être un repos réparateur. Le résultat est catastrophique, une sensation de vide et un désert affectif gigantesques. La sensation physique d'avoir réussi la greffe d'un trou noir en lieu et place de mon estomac.

La solitude n'est jamais plus pesante que quand les enchantements qui la rendait supportable prennent fin. La morphine ne fait plus effet, il est tant de céder sous la douleur.

dimanche 14 décembre 2008

Solitude éphémère

Elle est partie pour les fêtes. Le temps de retrouver mes insomnies, de me rappeler que je ne suis définitivement pas fait pour la solitude, même passagère.

jeudi 10 janvier 2008

L'inventaire du célibataire

Parler, douter, jouer, se prendre au jeu, être dépassé, se convaincre, croire, espérer, tenter, avoir peur, se perdre, attendre, rencontrer, se tromper, repartir. L'inventaire à la Prévert de ces derniers temps. Ne pas oublier qu'un jour la fin devrait changer. Il n'y a que ça pour ne pas sombrer.

jeudi 3 janvier 2008

Après les fêtes

L'agitation s'est tue, les agapes ont pris fin. Retour au calme, à la solitude, l’atterrissage est brutal. Un moteur a du lâché quand on a inversé la poussée, on a fini hors de la piste. Sortez les toboggans, il est temps d’évacuer.

Personne ne sort. Pourtant, je sens que l'on se presse contre les sorties de secours. Reste à savoir ce qui lâchera en premier, l'avion ou la porte. En attendant, je remercie les secours, grâce à eux, des passagers ne sont pas encore touchés par la panique. Merci Coco.

lundi 29 octobre 2007

Le mal de vivre

Cela aurait pu être un intermède musical. Alors que je cherchais les mots pour parler de mon état d'esprit, c'est ceux de Barbara qui me sont venus en tête.

Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
[…]
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre

Il y avait avant une raison précise, un contexte qui justifiait les douleurs. Aujourd'hui il n'y a rien, juste l'impression vague de ne pas être à ma place, sans savoir où elle se trouve véritablement. Je suis malade, j'ai à peine vu le jour aujourd'hui, cela doit certainement jouer sur mon moral. Oh il ne s'agit de rien de bien grave, juste un mal être passager, un mal être que la solitude accentue.

C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient

Et alors que mes yeux me brulent, alors que la fatigue et la fièvre se mêlent pour me pousser à dormir, je ne peux m'y résoudre, tourmenter par je ne sais qu'elle malaise incompréhensible. J'aurais besoin de quelqu'un dans ces moments là, et c'est son image qui me vient.

Et tous seuls dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus

— Barbara, Le mal de vivre

Il est temps d'éteindre les lumières et de sangloter dans le noir, la nuit va passer, tout cela sera peut-être oublié demain.

dimanche 28 octobre 2007

La médiocrité du quotidien

Le calme est revenu, la passion est retombée. S’il est vrai que la vie sans espérer ce qui ne venait pas est moins douloureuse, c’est également plus fade. Les joies, les peines, tout ce qui me retournait l'estomac ou me transportait de bonheur, tout cela est parti avec mes espoirs. Oh ! Bien sûr, je vais mieux. Je vais mieux mais je peine à me sentir vivant. J’avais un but, nous me l'avons ôté. J’ai l'impression depuis que tout ce qui fait ma vie n’est qu'un divertissement me servant à oublier ce que j'ai raté. Je crois que je continuerai à le ressentir comme cela jusqu'à ce que le vide soit de nouveau rempli par un nouvel espoir. En attendant, j’erre.

jeudi 18 octobre 2007

Le vide

Trouver l’envie, le temps d’écrire ici, malgré qu'il me semble que rien ne mérite de l’être. Peut être faut-il juste garder ces petites choses. Dans le combat ordinaire de Manu Larcenet (qui est magnifique d'ailleurs), le père du personnage principal tenait un carnet rempli de choses anodines. Peut-être que dans ces moments de creux je devrais en faire autant. Parler du plaisir du premier feu de cheminée d'octobre, des flammes qui viennent lécher les vitres, de la douce chaleur qui se propage.

Le mélange d’insouciance joyeuse, de moment neutre et de solitude pesante est toujours là, les vieux démons reviennent me hanter parfois. Rien de neuf vraiment, si ce n'est ce feu de bois.

lundi 15 octobre 2007

Laché

Il y a ces voix que j'aimerais entendre, ces conversations que j'aimerais avoir et qui ne viennent pas. L'absence qui dure et qui est difficile à vivre. Ce n'est pas qu'il y a encore un espoir, non. C'est simplement que l'on aurait envie de garder quelque chose, que tout ce temps n'a pas été passé pour nourrir du vide.

Le monde change autour de moi, plus vite que je ne pouvais le penser et je perds pieds. J'ai eu pendant longtemps comme unique question : « où en est-elle ? » Aujourd'hui je me demande simplement « où en suis-je ? » Étrangement c'est moins pesant, mais cela continue de me rattraper quelque fois.

lundi 1 octobre 2007

La prévention des risques

J’ai parfois l’impression que ma vie est une réplique médiocre de l'actualité. Je nage en plein principe de précaution. Pour éviter que l'on se fasse du mal, il vaut mieux ne rien essayer. Oui, évitons la douleur, évitons les crises, évitons tout cela. Évidemment on évite aussi la joie, le bonheur et quelques plaisirs, mais il est tellement bon de ne pas prendre de risques.

Je suis devenu l'organisme génétiquement modifié de José Bové, le rottweiller à Michèle Alliot Marie. Celui dont on ne saura jamais s’il avait pu bien se comporter faute de lui laisser sa chance. Il y a des soirs comme celui ci où je vomis mes espoirs passés.

vendredi 7 septembre 2007

Régression

En commençant à écrire ici, j'écrivais Je crains de faire une crise d'adolescence après l'âge. La nuit d'hier en est la preuve : isolement, the Cure et pleurs, le triptyque classique de l'adolescent des années 90. Si j'arrivais à avoir encore suffisamment de recul, j'aurais honte de moi.

vendredi 31 août 2007

L'appel du vide

Je suis sujet au vertige. Lorsque je suis en hauteur face au vide, regarder le sol provoque une sorte de tourbillon qui semble m'aspirer, provoquant un malaise et une gêne difficilement contrôlable, même à faible hauteur.

Oui, de premier abord, cette déclaration ne semble avoir que peu de lien avec mes préoccupations habituelles en ce lieu. Pourtant, il est des moments où certaines chansons provoque chez moi le même tourbillon, cherchant à m'attirer vers le vide des mauvais jours.

Aujourd'hui, moment de doute et de solitude. La liste de lecture de mon ordinateur trouve le moment opportun pour lâcher dans l'arène de mes pensées Delilah et ses amers souvenirs. À la fin de l'écoute, l'envie est grande de repasser la chanson en boucle. Cette fois je ne cède pas, le vague à l'âme va passer, la tempête a juste été un peu plus forte que d'habitude.

dimanche 8 juillet 2007

Nuit d'hôtel

Ce voyage arrive finalement au mauvais moment. Déraciné, sans repère connu, la solitude qui me pesait ces derniers jours s'est faite plus présente encore. Le fait de me retrouver seul ce soir, sans personne à qui parler, m'a achevé. Je n'arrive pas à penser à quoi que ce soit d'autre que mon malaise actuel. Ce n'est que la première soirée et normalement, sans décalage horaire, elle me plonge moins dans l'isolement que les suivantes. Je sens que les nuits vont être longues.

Faux départ

Une survente, un employé qui fait mal son boulot, et me voilà à passer la soirée aux frais d'air France dans un hôtel près de Charles de Gaulle. Pour couronner le tout, elle n'est pas là. C'est une soirée de merde, le style s'en ressent.

mardi 3 juillet 2007

Ravaler sa douleur

Se taire. Taire mes peines pour ne pas la brusquer. Voilà quelques temps que je fais cela. Quelques temps que je me tiens à cette promesse d'attendre pour ne pas tenter plus expressément de la revoir. Je m'y tiens pour elle, pour ne pas qu'elle ait à se décider hâtivement, pour qu'elle prenne le temps de savoir ce qu'elle veut. Je le fais pour moi, pour ne pas la perdre, pour garder le contact avec la plus belle rencontre qui me soit arriver depuis longtemps.

Lorsque nous parlons ensemble de ces retrouvailles, j'évoque mes peurs, mes espoirs mais rarement mes peines. Elle n'a pas à y être mêler car elle n'en est pas responsable. C'est l'effet de bord de nos peurs, de la recherche d'un accord entre nos envies. Hier après notre discussion, quand je me suis retrouvé seul, toutes ces peines sont remontés à la surface. J'ai pleuré, longtemps. Cette douleur n'est que passagère, je sais que nous nous retrouverons et pourtant elle est déjà si forte que j'ai eu à la fin de mes sanglots une pensée pour cet ami qui lui est définitivement éloigné de son amour, comme ma douleur est bien faible comparée à la sienne.

Je sais qu'elle apprendra cela ici. Je souhaite que tu ne m'en veuilles pas et que tu n'en m'en tiennes pas rigueur. Cela finit toujours par passer. L'espoir est un moteur suffisant pour me remonter à la surface.

dimanche 24 juin 2007

Quiétude dominicale

Oubliant la tension que je m'inflige ces derniers jours, J'arrive à nouveau à profiter de ma solitude. Avachi sur mon canapé, l'air chaud de l'extérieur entrant par la porte fenêtre ouverte, l'ordinateur portable me berce de la voix grave et rassurante de Louis Armstrong et celle enchanteresse de Nina Simone, je viens de mettre fin à la lecture de quelques pages de la peste d'Albert Camus. Comme souvent, la lecture m'a donné envie d'écrire. Tout dans ce qui m'environne est rassurant. Après l'agitation qui m'a envahi ces derniers jours, j'ai l'impression que ce moment a été rattaché par erreur au cours normal de ma vie. Une parenthèse que je ne souhaite pas refermer tout de suite. Je crois même que je vais me servir un whisky pour parfaire le moment.

Qu'il est bon de s'échapper quelques instants !

jeudi 21 juin 2007

Intermède musical (3)

Parmi les artistes contemporains, ma relation à l'oeuvre de Christophe Miossec est particulière. Ses premiers albums, très centrés sur les relations sentimentales, réussissent à recouvrir de manière quasiment parfaite les sentiments qui me traversent lors d'une crise amoureuse, quelque soit sa nature. Cela rejoint d'ailleurs ce que je disais à propos du lien entre l'intime et les sentiments : les problèmes personnels sont finalement plus universels que les idées.

Retombant hier sur ces chansons, je n'ai pas pu me retenir et partager avec elle le texte de La fidélité. Cru et sentimental à la fois, comme mon manque de ces derniers jours :

Mais si ma bite et mon coeur font grève
Je peux très bien me toucher
Et si ma langue traîne par terre
Je peux très bien l'avaler
Car tu es loin et moi je crève
De ne pouvoir te baiser

mardi 19 juin 2007

Les reconstructions liées

La séparation ouvre des plaies nombreuses et douloureuses. Jusqu'à récemment, les miennes étaient les seules à bénéficier de mon attention. Depuis peu, je me préoccupe également des siennes, persuadé que nos rétablissements sont liés. Si la cause du mal est la même, nos plaies sont différentes, notre thérapie également. Alors que j'ai besoin de sa présence pour m'en occuper, elle a besoin de solitude pour panser les siennes.

Trouver un point d'entente pour concilier les deux soins a été douloureux. J'ai souffert de ne pas pouvoir la retrouver, elle a souffert de ne pas pouvoir m'offrir plus. Nous avons convenu de garder notre complicité, notre partage à distance, sans aller plus loin le temps que ses blessures soient moins douloureuses. Je sais que ma guérison s'en trouvera ralentie, je sais également que sans l'espoir de l'avoir près de moi pour finir de me soigner, je risque une infection bien plus grande. Mes sentiments se révèlent dans la peur et la douleur, mais l'espoir qui subsiste rend l'ensemble plus supportable.

mercredi 13 juin 2007

Réapprendre à être seul

J'ai finalement passé très peu de temps seul auparavant, si peu que je me suis retrouvé à devoir apprendre à l'être. Le plus difficile est l'absence de chaleur, de présence. C'est ce qui explique également le retour de mes insomnies. La présence rassurante n'est plus et la nuit est toujours propice aux interrogations.

Il faut du temps pour meubler le vide. L'avantage est qu'on est libre pour le meubler, on retrouve une liberté nouvelle. Elle ne semble pas naturelle mais elle est là et elle constitue le seul élément positif du changement, la seule source d'espoir.

Au loin, comme en réponse à cette liberté, il y a elle. Difficile de savoir si elle pourra aménager le vide. Le voudra-t-elle, l'aménagement pourrait-il me plaire ? Au moins il y a la place. Reste à savoir s'il est déjà temps de la remplir.

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