Tous les jours de semaine, ma grand-mère, après le journal de treize heures de TF1, s'installe dans son canapé usé pour regarder les feux de l'amour. Elle le faisait déjà quand, petit, je passais certaines journées de vacances chez elle. La seule chose qui a changé dans son rituel, c'est que mon grand-père n'est plus là pour siffloter dans son dos pour l'empêcher de suivre tranquillement le passionnant feuilleton.

Tous les soirs du week-end, après avoir fini une activité sociale quelconque, je me retrouve tranquillement dans mon lit, accompagné de mon spleen. Le temps passe, les raisons changent, l'horaire, l'évolution des choses restent les-mêmes. Je m'y habitue, je sais maintenant que tout prendra fin lentement avec ce sommeil si difficile à obtenir. Je sais que la musique qui me tire des souvenirs est un mal nécessaire. Je sais que ce cycle finira par prendre fin, un jour.